Sommaire
- 1. Le coach est son propre instrument
- 2. La présence : la compétence que l'on ne peut pas simuler
- 3. La régulation du système nerveux : rester stable quand l'autre ne l'est pas
- 4. La connaissance de soi : reconnaître ses angles morts
- 5. Le corps comme source d'information
- 6. Ce que les postures enseignent : quelques exemples concrets
- Les torsions : le libre arbitre et la capacité de regarder derrière soi
- Les inversions : voir la vie autrement
- Les extensions : respirer pleinement et ouvrir le cœur
- Les flexions avant : la souplesse de se pencher
- Les flexions de genou : l'humilité, genou en terre
- Les postures d'enracinement et d'équilibre : tenir en vacillant
- La relaxation finale : l'art de ne rien faire
- La respiration équilibrée et rythmée
- Comment utiliser ces correspondances
- 7. L'équanimité : accompagner sans s'attacher aux résultats
- 8. Une éthique vécue, pas seulement déclarée
- 9. Comment s'y prendre : intégrer la pratique du yoga à une vie de coach
- Privilégier la régularité sur l'intensité
- Pratiquer avant les séances : un rituel de seuil
- Utiliser la respiration comme outil en séance
- Créer des sas de récupération
- Compléter par la méditation et le journal de pratique
- Rester élève
- Rester vigilant sur ses propres écueils
- Étude de cas : six pratiques, six qualités de coach
- Le contexte
- 1. La respiration alternée (Nadi Shodhana) : la vision non-duelle
- 2. Le Kapalabhati : la parité avec le client
- 3. L'Ujjayi : la qualité de présence
- 4. Taraka : la profondeur de l'écoute
- 5. Trataka : le silence pour rester calme
- 6. La respiration spinale : le témoin pour ne pas juger
- Les passerelles entre le tapis et la séance de coaching
- Le programme sur douze semaines
- Ce que Claire observe
- Points de vigilance
- 11. Ce que vos clients percevront
- Conclusion : s'accorder pour mieux accompagner
Il y a une phrase que l’on entend souvent dans les formations de coaching : « Le coach est son propre outil. » On la prononce volontiers, on la note sur un paper-board, puis on passe à la boîte à outils : les modèles, les questions puissantes, les grilles d’analyse.
Pourtant, cette phrase mérite qu’on s’y arrête longuement. Si l’instrument, c’est vous, alors la qualité de votre accompagnement dépend moins de ce que vous savez et savez faire, que de ce que vous êtes, au moment précis où vous êtes assis face à un dirigeant ou une équipe qui doute, qui s’épuise ou qui hésite à franchir un cap.
C’est ici que le yoga (et plus largement les disciplines énergétiques comme le Qi-Gong) devient autre chose qu’un loisir de bien-être. Pratiqué régulièrement, il est un travail d’accordage de l’instrument. Il agit sur ce que les meilleurs coachs ont en commun : une présence stable, une écoute fine, une capacité à rester calmes quand l’autre ne l’est pas, une clarté sur leurs propres mécanismes, une éthique incarnée.
Cet article explore pourquoi cette pratique transforme la qualité d’un coach, puis comment l’intégrer concrètement à une vie professionnelle déjà chargée.
1. Le coach est son propre instrument
Un violoniste n’attend pas le concert pour accorder son violon. Il le fait chaque jour, parce qu’un instrument qui se désaccorde ne s’en rend pas compte lui-même. Beaucoup de coachs ont rarement ce réflexe. Ils accumulent les séances, les déplacements, les situations émotionnellement denses, et ils continuent de travailler avec un instrument dont la tension, la fatigue et les biais ont dérivé petit à petit.
Or, un client dirigeant est extraordinairement sensible à la qualité de présence de celui qui l’accompagne. Il vit dans un univers où chacun lui parle avec un agenda, et souvent un agenda caché en prime : le collaborateur veut une solution, l’actionnaire un résultat, le prestataire un budget. Le coach est souvent le seul interlocuteur sans agenda apparent. Si le client perçoit chez lui de la précipitation, de la complaisance ou de l’anxiété, la confiance se fissure, même si rien n’est dit.
Le yoga propose une réponse très simple à cette réalité : entraîner l’instrument à rester disponible. Pas par la théorie, mais par la répétition. Tapis après tapis, souffle après souffle, on développe une qualité d’attention que l’on peut ensuite convoquer au cœur de la séance de coaching. Cela prend du temps, cela demande de l’expérience. Celle qu’on rôde « au pied du mur », posture après posture, séance de yoga après séance de yoga…
2. La présence : la compétence que l’on ne peut pas simuler
Toutes les bonnes écoles de coaching parlent probablement de « qualité de présence » et d’authenticité (en tous cas, NRGy est une école qui en a fait l’un des piliers de son enseignement). Peu savent l’enseigner, car elle ne s’acquiert pas par la compréhension mais par l’entraînement. Être présent, c’est remarquer que son esprit s’est envolé vers la réponse que l’on va formuler, vers le prochain rendez-vous ou vers un jugement sur le client, et revenir, tranquillement et sans effort, à ce qui se passe ici.
C’est très exactement ce que l’on fait dans une posture de yoga. Tenir une posture pendant une vingtaine de respirations profondes, calmes et lumineuses, demande de revenir, des dizaines de fois, à la sensation, au souffle, à l’appui du pied dans le sol. Le mental part avec des pensées de passage, on le ramène. Chaque retour est une répétition, comme une flexion pour un muscle. Au bout de quelques mois, cette capacité de retour devient plus rapide et plus naturelle. Et elle se transfère même dans la conversation : le coach s’aperçoit plus tôt qu’il décroche, et il revient plus vite.
Le bénéfice concret est considérable. Un coach présent entend ce qui est dit, mais aussi ce qui ne l’est pas : l’hésitation avant un mot, la phrase qui se termine en suspens, le sujet que le client contourne trois fois de suite. Il peut tenir un silence sans se précipiter pour le combler. Or, c’est souvent dans le silence que le dirigeant, habitué à produire des réponses, rencontre enfin sa propre question.
Le Qi-Gong prolonge ce travail par une approche plus fluide. Les mouvements lents, coordonnés au souffle, enseignent une présence qui n’est pas figée mais mobile, capable de s’ajuster à ce qui change. C’est une qualité précieuse pour un coach : rester ancré tout en restant souple, ne pas s’accrocher à son plan de séance quand le client arrive avec une tout autre réalité.
3. La régulation du système nerveux : rester stable quand l’autre ne l’est pas
Les dirigeants que nous accompagnons vivent souvent sous une activité chronique. Ils arrivent avec un système nerveux en mode alerte, des pensées qui s’accélèrent, un souffle court, des épaules remontées. Cet état est contagieux. Notre système nerveux est social : nous nous régulons, ou nous nous dérégulons, les uns avec les autres. Face à un client agité, un coach peu conscient de son corps sera inconsciemment entraîné dans la même fréquence. Il parlera plus vite, proposera des solutions trop tôt, cherchera à apaiser plutôt qu’à explorer.
À l’inverse, un coach dont le système nerveux est stable offre une forme de co-régulation silencieuse. Sa respiration lente, sa posture ouverte, son rythme de parole posé invitent le client à ralentir à son tour. Ce n’est pas une technique que l’on applique, c’est un état que l’on incarne.
La pratique régulière du yoga agit précisément sur ce terrain. Les exercices respiratoires (pranayama), les postures tenues, les phases de relaxation profonde entraînent l’équilibre entre l’activation et la récupération. Avec le temps, la plage dans laquelle on reste fonctionnel face à la pression s’élargit. Ce que les spécialistes appellent la fenêtre de tolérance devient plus vaste. Un client en colère, un silence lourd, une confidence bouleversante : autant de situations qui, au lieu de nous déborder, deviennent des occasions de rester présents.
Il y a aussi un bénéfice moins visible mais essentiel : la capacité de récupération entre les séances. Un coach qui enchaîne quatre accompagnements dans la journée porte en lui les résidus émotionnels de chacun.
Quelques minutes de respiration consciente ou de mouvements de Qi-Gong entre deux rendez-vous permettent de déposer ce qui n’est pas à soi et d’accueillir le suivant avec une attention neuve. Cela évite l’épuisement, et cela évite surtout que les préoccupations d’un client colorent la séance du suivant.
4. La connaissance de soi : reconnaître ses angles morts
Tout coach a ses zones sensibles. Tel client qui évoque un conflit avec son père réveille une histoire personnelle. Tel autre, brillant et sûr de lui, déclenche une envie de le convaincre ou de lui plaire. Telle situation d’échec touche à une peur que l’on n’a pas encore regardée. Ces réactions ne sont pas des fautes, elles sont humaines. Le danger est de ne pas les remarquer, car alors elles guident l’accompagnement à notre insu.
Le yoga est, au fond, une école d’observation de soi. Sur le tapis, on découvre rapidement ses schémas : celui qui force dans les postures et dépasse sa limite, celle qui fuit l’inconfort en s’agitant, celui qui se compare à son voisin, celui qui abandonne dès que l’exercice devient difficile, ou l’inverse qui tiendra coûte que coûte en serrant les dents. Ces comportements sont les mêmes que ceux que nous déployons dans la vie et dans le métier. La différence, c’est que sur le tapis, ils sont visibles, concrets, et l’on peut les observer avec une curiosité bienveillante.
Cette lucidité se transfère naturellement dans la relation d’accompagnement. Le coach qui connaît son schéma de perfectionnisme reconnaîtra l’instant où il pousse un client à performer pour rassurer son propre besoin de résultat. Celui qui sait qu’il redoute le conflit remarquera qu’il vient d’adoucir une confrontation qui aurait été utile. Se connaître n’empêche pas de réagir, cela permet de choisir ce que l’on fait de la réaction.
Les traditions du yoga offrent d’ailleurs un vocabulaire précieux pour cela, notamment la notion de svadhyaya, l’étude de soi. Elle ne consiste pas à s’analyser sans fin, mais à développer un témoin intérieur, cette part de nous qui observe sans juger. Ce témoin est exactement la posture que l’on cherche à transmettre aux dirigeants que l’on accompagne. Difficile de la transmettre si on ne l’a jamais cultivée soi-même.
5. Le corps comme source d’information
Un coach formé à l’écoute des mots peut passer à côté de la moitié du message. Le corps du client parle plus forts que les mots qu’il emploie : mâchoire serrée, respiration retenue, jambes qui s’agitent, épaules qui s’affaissent au moment où il évoque un sujet précis. Quand ces signaux sont perçus, ils ouvrent des pistes qu’aucune question verbale n’aurait trouvées : « Je remarque que votre souffle s’est arrêté quand vous avez parlé de cette décision. Que se passe-t-il à cet endroit ? »
Mais pour lire le corps de l’autre, il faut d’abord savoir lire le sien. D’autant plus que parfois le symptôme du client se transfère au coach, mais reste très discret sur le corps du client… On ne le sent qu’à travers le transfert énergétique. Le yoga développe cette sensibilité intéroceptive, la capacité à percevoir ses propres sensations internes. Le coach qui a appris à sentir une tension dans son ventre, une contraction dans sa gorge ou une chaleur dans sa poitrine dispose d’un radar supplémentaire. Ces sensations sont souvent le reflet de ce qui se joue dans la relation : l’émotion que le client n’exprime pas, l’inconfort d’un sujet tabou, la tension d’un conflit sous-jacent.
Bien sûr, cette information doit être maniée avec prudence et humilité. Une sensation n’est pas une vérité, c’est une hypothèse que l’on peut proposer au client, jamais lui imposer. Mais un coach qui ignore totalement son ressenti se prive d’une source de données précieuse.
Le Qi-Gong ajoute ici une dimension subtile. En travaillant la perception de l’énergie, de l’espace autour du corps, des échanges entre intérieur et extérieur, il affine ce que l’on pourrait appeler le sens de l’atmosphère. Beaucoup de coachs expérimentés parlent de « sentir la pièce », ou « capter l’énergie de la relation ». Cette faculté, que l’on attribue souvent à l’intuition, se cultive en réalité par une pratique corporelle attentive.
6. Ce que les postures enseignent : quelques exemples concrets
Chaque famille de postures place le corps dans une situation qui a son équivalent dans la vie professionnelle. Ce ne sont pas des recettes, mais des laboratoires d’expérience : la tradition du yoga et l’expérience de nombreux pratiquants (les coachs notamment, qui sont nombreux à pratiquer le yoga) y associent des qualités intérieures que l’on éprouve plus qu’on ne les démontre. Le coach qui les a ressenties dans son propre corps les reconnaît plus facilement chez ses clients, et dispose d’images justes pour les accompagner.
Les torsions : le libre arbitre et la capacité de regarder derrière soi
Dans une torsion assise (Ardha Matsyendrasana, Marichyasana) ou allongée, le bassin reste stable pendant que la colonne s’allonge et que le regard se tourne par-dessus l’épaule, vers ce qui se trouve derrière. On découvre alors que l’on peut regarder en arrière sans perdre son assise. C’est une expérience puissante du libre arbitre : je choisis de tourner la tête vers mon passé, mes angles morts, ce que j’évite de voir, et je choisis aussi d’en revenir. Pour un dirigeant qui a tendance à foncer droit devant, relire un parcours ou une décision passée sans s’y enfermer est un exercice précieux. Pour le coach, la torsion entraîne exactement la même souplesse : vérifier ses propres angles morts sans se juger. La tradition ajoute une image parlante : la torsion « essore » la colonne, comme on lâche ce qui est déjà digéré.
Les inversions : voir la vie autrement
Dans le chien tête en bas (Adho Mukha Svanasana), la posture de la chandelle (Sarvangasana), ou même, plus doucement, les jambes contre le mur (Viparita Karani), la tête passe sous le cœur et le monde se retourne. Le sang, le souffle, le regard : tout change de direction. Beaucoup de pratiquants décrivent un déplacement de point de vue, parfois une petite peur, puis une confiance nouvelle. C’est l’expérience concrète du recadrage : une situation perçue comme menaçante devient supportable, voire intéressante, quand on la regarde depuis un autre angle. Un coach qui l’a vécue sur le tapis propose plus naturellement à son client de « renverser la perspective ».
Précaution importante : les inversions complètes appellent des contre-indications connues (hypertension, glaucome, fragilité cervicale, grossesse, notamment), et la version douce à plat dos, jambes à la verticale contre le mur convient à presque tous.
Les extensions : respirer pleinement et ouvrir le cœur
Le chameau (Ustrasana), le cobra (Bhujangasana), le pont (Setu Bandhasana) ouvrent la cage thoracique et libèrent le souffle, souvent comprimé par des heures devant l’écran. Les dirigeants arrivent fréquemment les épaules en avant, la poitrine fermée, la respiration haute. Ouvrir le devant du corps donne l’espace de respirer pleinement et, avec lui, une sensation d’accueil et de courage : montrer sa poitrine, c’est accepter d’être vulnérable. Pour le coach, c’est la posture de l’accueil, celle qui permet d’entendre une confidence difficile sans se replier. Elle demande toutefois de la mesure : une ouverture forcée produit de la fragilité, pas de la générosité.
Les flexions avant : la souplesse de se pencher
Dans la pince (Paschimottanasana) ou la flexion debout (Uttanasana), on se penche vers le sol, la tête qui s’abaisse, le regard qui se tourne vers l’intérieur. Cette posture demande d’accepter de ne pas tout contrôler et de céder un peu. Elle apprend à plier sans rompre, ce dont manquent souvent les profils très volontaires, dont la rigidité du corps rejoint celle de l’attitude. En coaching, elle entraîne l’écoute inclinée : savoir se pencher vers l’autre, se laisser enseigner par son client, lâcher la posture de celui qui sait. Un coach souple dans la colonne l’est souvent plus facilement dans sa pensée.
Les flexions de genou : l’humilité, genou en terre
Dans la fente basse (Anjaneyasana), un genou touche le sol pendant que l’autre reste plié, le torse dressé. Dans la posture du guerrier (Virabhadrasana), le genou avant se plie sous la hanche : on fléchit pour mieux s’ancrer. Poser le genou en terre est un geste ancien, celui du chevalier qui s’engage, du serviteur qui offre, de celui qui se met au niveau de l’autre. La posture associe la force et l’humilité, et elle rappelle qu’un dirigeant n’a pas besoin de dominer pour être solide. Pour le coach, c’est une image fertile : se mettre à hauteur de son client, ne jamais surplomber, accepter de s’abaisser pour mieux soutenir.
Les postures d’enracinement et d’équilibre : tenir en vacillant
Dans la montagne (Tadasana) ou l’arbre (Vrksasana), on apprend à se tenir debout, appuyé sur la terre. Sur une jambe, le corps oscille en permanence, et l’on comprend vite que l’équilibre n’est pas l’immobilité mais un ajustement continu. C’est exactement la compétence d’un dirigeant en période d’incertitude, et celle du coach qui doit rester stable sans se figer. Le Qi-Gong prolonge ce travail avec la posture de l’arbre (Zhan Zhuang), où l’on reste immobile, genoux souples, bras arrondis, comme si l’on embrassait un tronc : un exercice simple et exigeant qui développe l’ancrage, la patience et la présence.
La relaxation finale : l’art de ne rien faire
La posture de relaxation (Savasana), allongé, immobile, est souvent la plus difficile pour des profils actifs. Rester sans rien produire, sans objectif ni résultat, enseigne le lâcher-prise et la confiance. Le coach qui a appris à s’y abandonner devient capable de tenir, en séance, des moments où « il ne se passe rien », qui sont souvent ceux où quelque chose mûrit.
La respiration équilibrée et rythmée
Les différentes sortes de respiration du pranayama, invitent à équilibrer le souffle entre l’inspire et l’expire, et entre la narine droite et la gauche, à distinguer les 3 étages de la respiration :
- l’abaissement du diaphragme, correspond à la sphère instinctive
- l’écartement des côtes, évoque l’ouverture de la sensibilité des sentiments
- l’élévation de la cage thoracique, stimule les aspects les plus subtils de la conscience
Comment utiliser ces correspondances
Ces associations sont des invitations, pas des vérités universelles. Chaque corps vit les postures à sa manière, et la même posture peut évoquer des choses très différentes d’une personne à l’autre. Le coach les utilise d’abord pour lui-même, comme un langage pour nommer ce qu’il ressent. Avec ses clients, il peut les proposer comme des métaphores, voire, lorsque le cadre s’y prête, comme de brèves expériences assises ou debout : quelques minutes de torsion douce avant d’aborder un sujet qu’on évite, ou un temps de respiration poitrine ouverte avant une décision importante. Dans tous les cas, on reste dans l’hypothèse (« qu’est-ce que cela vous évoque ? »), jamais dans l’interprétation imposée.
7. L’équanimité : accompagner sans s’attacher aux résultats
Un des pièges les plus fréquents du coach, surtout lorsqu’il est impliqué et talentueux, est le désir de résultat. On souhaite que le client progresse, que la séance débouche sur une prise de conscience, que la décision soit la bonne. Ce désir, apparemment louable, introduit une pression subtile. Le client la perçoit et peut se mettre à jouer le rôle du bon élève, ou au contraire se braquer.
Le yoga (dans le sillage d’un texte fondateur comme la Bhagavad Gita) enseigne le vairagya, souvent traduit par détachement, et que l’on comprendrait mieux comme une forme d’équanimité : s’engager pleinement dans l’action tout en lâchant la crispation sur son fruit. Sur le tapis, cela donne une expérience très concrète. On s’applique dans la posture, avec précision et intention, mais on accepte que le corps ne soit pas aligné comme on le voudrait aujourd’hui. L’effort sans la rigidité.
Cette posture intérieure change profondément la qualité d’un accompagnement. Le coach qui n’a pas besoin que le client avance peut se permettre de lui laisser exactement l’espace dont il a besoin. Il peut tolérer qu’une séance paraisse « improductive », sachant que le travail se fait parfois en profondeur. Il peut aussi accueillir un échec, un abandon, un revirement, sans le vivre comme un échec personnel. Cette sérénité est contagieuse : elle autorise le dirigeant, habitué à ne tolérer aucune erreur, à explorer sans crainte.
Il y a aussi là une protection pour le coach lui-même. Celui qui lie sa valeur à la réussite de ses clients s’expose à l’épuisement et à la dépendance relationnelle. L’équanimité préserve l’engagement tout en évitant la fusion.
8. Une éthique vécue, pas seulement déclarée
Les codes de déontologie du coaching évoquent la confidentialité, l’honnêteté, le respect de l’autonomie du client. Le yoga propose, depuis des siècles, un cadre éthique remarquablement proche, que l’on retrouve dans les yamas et les niyamas, ces principes qui guident le rapport aux autres et à soi.
Ahimsa, la non-violence, invite à une bienveillance qui n’exclut pas la fermeté : on peut confronter un client sans l’écraser. Satya, la vérité, rappelle qu’un coach complaisant trahit son client autant qu’un coach brutal. Aparigraha, le non-accaparement, nous met en garde contre l’envie de retenir le client, de nous rendre indispensables, de faire de l’accompagnement une relation de dépendance. Santosha, le contentement, et tapas, la discipline, rappellent l’équilibre entre l’acceptation de ce qui est et l’exigence de progresser.
Ces principes n’ont rien de dogmatique. Ils sont des lignes de conduite que l’on éprouve dans le quotidien de la pratique, puis dans celui du métier. Quand l’éthique devient une manière d’être plutôt qu’une liste de règles, elle guide spontanément dans les situations ambiguës où aucun règlement ne donne la réponse : un client qui confie un secret délicat, une demande qui dépasse le mandat, un conflit d’intérêts discret.
9. Comment s’y prendre : intégrer la pratique du yoga à une vie de coach
Tout ce qui précède reste théorique sans une pratique réellement installée. Voici comment la rendre durable, y compris avec un agenda chargé.
Privilégier la régularité sur l’intensité
Dix à vingt minutes quotidiennes valent mieux qu’une séance de deux heures par mois. Le système nerveux apprend par la répétition. Une courte séquence matinale, associant quelques salutations au soleil, des postures d’ouverture et trois minutes de respiration, crée un socle que l’on retrouve ensuite toute la journée. Beaucoup de coachs expérimentés choisissent un horaire fixe, comme on prend un rendez-vous avec soi-même, pour que la pratique cesse de dépendre de la motivation.
Pratiquer avant les séances : un rituel de seuil
Avant un accompagnement important, prenez trois à cinq minutes pour vous poser. Les pieds au sol, le dos droit, laissez le souffle ralentir. Faites ensuite une brève scan corporel, du front aux pieds, en relâchant les zones de tension. Enfin, formulez une intention simple : « Je suis disponible à ce qui se présente. » Ce rituel, minuscule en apparence, transforme la qualité d’entrée dans la séance.
Utiliser la respiration comme outil en séance
Pendant l’accompagnement, la respiration est une ancre discrète. Lorsque vous sentez monter l’impatience, le doute ou l’envie de rassurer, allongez doucement votre expiration. Cela abaisse l’activation sans que personne ne le remarque. Un coach qui respire profondément dans un moment tendu envoie un message de sécurité à tout le système relationnel.
Créer des sas de récupération
Entre deux séances, ménagez cinq minutes de transition : quelques mouvements de Qi-Gong debout (balancement des bras, ouverture et fermeture de la poitrine, secouage des mains), une marche lente, ou simplement quelques respirations les yeux fermés. L’objectif est de libérer ce qui reste du rendez-vous précédent. Vous protégez ainsi la qualité de présence, et vous évitez l’accumulation de fatigue qui conduit à l’épuisement professionnel.
Compléter par la méditation et le journal de pratique
Le yoga prend toute sa force lorsqu’il s’associe à un moment d’assise silencieuse, même brève. Dix minutes de méditation suffisent pour observer le flux des pensées et des émotions. Un carnet dans lequel on note, après chaque séance, ce que l’on a ressenti dans son corps et ce que l’on a remarqué de ses propres réactions, prolonge le travail et alimente la supervision.
Rester élève
Enfin, gardez un enseignant, un groupe ou une pratique encadrée. Il est tentant, quand on enseigne soi-même, de pratiquer en autonomie complète. Mais être guidé reste précieux : cela entretient l’humilité, expose à des regards extérieurs et rappelle ce que ressent un client qui s’en remet à nous. Un coach qui a gardé la posture de l’élève comprend mieux la vulnérabilité de ceux qu’il accompagne.
Rester vigilant sur ses propres écueils
La pratique du yoga n’est pas une garantie de sagesse. Elle peut devenir un nouveau terrain de performance, de comparaison, ou un refuge pour éviter certaines émotions. Le coach qui s’en sert pour paraître serein plutôt que pour devenir lucide s’éloigne de l’essentiel. La supervision et le travail personnel restent indispensables. Le yoga ne remplace pas le reste, il le soutient et le rend plus accessible.
Étude de cas : six pratiques, six qualités de coach
Claire est un cas composite, construit pour illustrer la démarche : ce n’est pas une personne réelle.
Le contexte
Claire a 45 ans et accompagne des dirigeants depuis dix ans. Certains jours, elle enchaîne cinq séances. En supervision, elle observe trois choses :
- une fatigue lourde en fin de journée,
- une tendance à proposer des solutions trop vite aux clients brillants,
- et un jugement silencieux (« il ne s’écoute pas ») face aux profils autoritaires.
Elle pratique un peu de yoga le week-end, sans régularité. Elle décide de se construire un programme autonome de douze semaines, au réveil, à jeun, avec un carnet de trois lignes par jour : ce que j’ai pratiqué, ce que j’ai senti, ce que j’ai remarqué en séance.
Son programme associe six pratiques. Chacune entraîne une qualité précise, et toutes ramènent à la même vision : celle de la non-dualité, qui voit dans le coach et le client deux pôles d’un seul champ de présence plutôt que deux entités séparées.
1. La respiration alternée (Nadi Shodhana) : la vision non-duelle
La pratique. Assise, colonne droite. La main droite ferme la narine droite avec le pouce : inspiration par la gauche. L’annulaire ferme la gauche : expiration par la droite, inspiration par la droite, et l’on alterne. Claire commence par un rythme 4-4, puis allonge l’expiration (4-6), sans rétention, pendant cinq minutes.
Le lien. Deux narines, deux canaux, l’un lunaire, l’autre solaire selon la tradition, mais un seul souffle. La vision non-duelle enseigne que ce qui paraît opposé (moi et l’autre, celui qui accompagne et celui qui est accompagné, l’observateur et l’observé) forme un tout. En séance, Claire cesse de se vivre comme « la coach qui agit sur le client ». Elle se sent être elle-même partie d’une même conversation. La pression de « faire quelque chose » à l’autre s’allège.
2. Le Kapalabhati : la parité avec le client
La pratique. Assise, colonne droite. Expirations courtes et vives par le ventre, inspiration passive qui vient seule. Trois rondes de vingt expirations (Claire monte à trente au bout de quelques semaines), avec trente secondes de souffle naturel entre chaque ronde. Jamais jusqu’au vertige. Contre-indications : grossesse, hypertension sévère, maladie cardiaque, hernie, épilepsie, ulcère, menstruations abondantes.
Le lien. Dans cette pratique, on ne fabrique pas l’inspiration, on la reçoit. Le souffle qui anime le PDG impressionnant est le même que celui de Claire : personne n’est au-dessus, personne en dessous. C’est le fondement de la parité, cette posture où le coach n’est ni le sachant, ni le sauveur, ni l’élève. Le nom de la pratique, « éclat du crâne », rappelle aussi qu’elle chasse ce qui encombre : les stratégies pour impressionner, les certitudes, les réponses préparées. Face à un client intimidant, Claire se rappelle simplement : « l’inspiration vient seule, et elle vient aussi pour lui. »
3. L’Ujjayi : la qualité de présence
La pratique. Gorge légèrement resserrée, bouche fermée, comme pour embuer un miroir : un souffle long, régulier, au son d’océan. L’expiration est un peu plus longue que l’inspiration. Dix minutes, assise ou en posture tenue.
Le lien. Le son est une ancre : il donne au souffle une continuité qu’on peut suivre sans effort. La présence est cette continuité, celle qui ne se perd pas quand l’échange devient intense, ennuyeux ou difficile. En séance, Claire retrouve un Ujjayi si discret que personne ne l’entend : un fil intérieur qui la garde avec son client. Vue de la non-dualité, le souffle qu’on entend est le même que celui qui écoute : on ne se sépare plus de ce que l’on vit.
4. Taraka : la profondeur de l’écoute
Phase 1 : l’immersion dans l’obscurité. Assise, face au soleil (de préférence doux, au lever ou en fin de journée) ou à défaut face à une source lumineuse vive, les yeux fermés. Les paumes couvrent complètement les paupières, sans appuyer sur les globes oculaires, pour créer une obscurité totale (une variante de Shanmukhi mudra). Dans cette obscurité protégée, on reste quelques minutes à observer l’espace frontal intérieur, avec une présence douce, sans forcer, sans scruter. On laisse les impressions visuelles résiduelles (phosphènes, couleurs, formes mouvantes) venir jusqu’au bindu, le point source situé au centre de la tête. On apprécie l’homogénéité du champ visuel : est-il uni ou présente-t-il des variations ? Est-il fixe ou mouvant ? Sans commenter, sans juger, juste observer.
Phase 2 : la transition. Les paupières restent absolument closes : ouvrir les yeux annulerait l’effet et obligerait à recommencer. On retire doucement les mains. La lumière traverse alors les paupières fermées, en un contraste saisissant avec l’obscurité précédente. On accueille cette clarté sans réaction, dans une pure réceptivité. Puis on lève légèrement les sourcils et on observe, ou plutôt on écoute, ce qui se révèle dans le champ de la conscience. C’est là que peuvent apparaître les tarakas, ces perceptions lumineuses intérieures, ces « étoiles » qui donnent son nom à la pratique. La patience, la douceur et le non-forçage en sont les qualités essentielles.
Le lien. Le contraste délibéré entre obscurité totale et clarté filtrée affine la sensibilité du regard intérieur. C’est exactement ce que demande l’écoute profonde : percevoir ce qui est ordinairement voilé par l’activité mentale. La première phase ressemble à l’état d’un client dans la confusion : rien n’est clair, et le réflexe du coach est d’allumer la lumière trop vite, avec une solution ou une reformulation. La pratique enseigne l’inverse : rester dans l’obscurité sans la commenter, observer son champ comme il est, uni ou agité, sans le juger. Quand le coach retire ses mains, c’est-à-dire ses interventions, la clarté arrive d’elle-même, à travers les propres paupières du client. Les yeux restent fermés : intervenir trop tôt annule l’effet, comme ouvrir les yeux. Quant aux « étoiles », ce sont les perceptions fines d’une séance : un mot qui revient, une hésitation, une image qui surgit. On ne les cherche pas, on les écoute apparaître. Après quelques semaines, Claire constate qu’elle n’écoute plus seulement ce que son client dit, mais d’où il le dit.
5. Trataka : le silence pour rester calme
La pratique. Dans une pièce sombre, une bougie à hauteur des yeux, à un mètre. Regard fixe sur la flamme, sans cligner, pendant une à deux minutes, puis yeux fermés pour suivre l’image qui reste. Trois minutes au total, trois fois par semaine. À éviter en cas d’épilepsie, de glaucome ou de problème oculaire grave.
Le lien. Un regard qui ne bouge plus apaise le mental, et un mental apaisé s’installe dans le silence. C’est le silence qui permet à Claire de rester calme quand un client se tait, s’emporte ou pleure. Elle ne comble plus le vide : elle le tient, comme on tient une flamme, sans l’attiser ni l’éteindre. Le silence n’est plus une absence de paroles, c’est l’espace commun où le client peut se rencontrer.
6. La respiration spinale : le témoin pour ne pas juger
La pratique. Assise, colonne droite. À l’inspiration, sentir le souffle monter lentement le long de la colonne, du coccyx jusqu’au sommet de la tête. À l’expiration, le sentir redescendre. Dix cycles lents, puis cinq minutes de respiration libre en gardant la sensation de la colonne.
Le lien. On suit un mouvement sans en être prisonnier : c’est la définition du témoin. Le souffle monte et descend, les pensées aussi, et Claire apprend à les regarder passer sans les classer en bonnes ou mauvaises. En séance, les paroles du client suivent le même chemin : elles montent, elles redescendent, elles n’ont pas besoin d’être jugées pour être entendues. Et si un jugement surgit (« il ne s’écoute pas »), le témoin le remarque, sans en faire une vérité. La non-dualité y ajoute une nuance : on juge moins ce dont on ne se sent plus séparé.
Les passerelles entre le tapis et la séance de coaching
Ces six pratiques portent leur fruit lorsque l’enseignant relie explicitement ce que l’on vit sur le tapis à une situation que le coach rencontrera en séance. Le tableau suivant résume ces passerelles : ce que l’on éprouve, la situation de coaching correspondante, et le geste intérieur qui s’en déduit.
| Pratique | Ce que l’on vit sur le tapis | Situation de coaching | Geste intérieur du coach |
|---|---|---|---|
| Respiration alternée | Un seul souffle passe par deux canaux, les deux côtés s’équilibrent | Un client pris entre deux camps : associés, équipes, deux décisions possibles | Tenir les deux pôles sans choisir, se savoir dans le même champ que le client |
| Kapalabhati | L’expiration est active, l’inspiration vient seule | Un client impressionnant par son statut, ou au contraire fragilisé | Se rappeler « le même souffle nous anime » et lâcher le besoin d’impressionner ou de rassurer |
| Ujjayi | Le son du souffle ancre l’attention sans interruption | Une séance qui se disperse, ou un moment très intense | Revenir au fil du souffle, rester avec l’autre sans se perdre |
| Taraka | L’obscurité totale, puis la lumière à travers les paupières, observées sans commentaire | Un client dans la confusion, avant une décision, quand rien n’est clair | Ne pas allumer trop vite, laisser la clarté venir, écouter ce qui apparaît |
| Trataka | Le regard immobile sur la flamme apaise le mental | Un silence, des larmes, une colère | Tenir le silence comme la flamme, sans l’attiser ni l’éteindre |
| Respiration spinale | Le souffle monte et descend, on le regarde sans le suivre | Des propos qui heurtent les valeurs du coach, un jugement qui surgit | Nommer intérieurement « jugement », le laisser passer, revenir à l’écoute |
La démarche se fait en trois temps. D’abord, vivre : la pratique est faite pour elle-même, sans commentaire. Ensuite, nommer : à la fin, l’enseignant pose une question simple, comme « où avez-vous déjà rencontré cette sensation dans une séance ? ». Enfin, transposer : chacun choisit un geste très concret à essayer lors de son prochain accompagnement. La passerelle fonctionne parce qu’elle part du corps, jamais d’un concept : le coach ne se dit pas « je dois rester neutre », il retrouve la sensation de la flamme qu’on regarde sans l’attiser.
Le programme sur douze semaines
| Semaines | Pratiques ajoutées | Durée quotidienne | Qualité principale travaillée |
|---|---|---|---|
| 1 à 4 | Respiration alternée, Ujjayi, cinq minutes d’assise silencieuse | 15 minutes | Vision non-duelle, présence |
| 5 à 8 | Kapalabhati, respiration spinale | 25 minutes | Parité, témoin |
| 9 à 12 | Trataka (trois fois par semaine), Taraka | 30 minutes | Silence, écoute |
À partir de la neuvième semaine, la séquence complète suit cet ordre : deux minutes d’assise, Kapalabhati, respiration alternée, Ujjayi, respiration spinale, Trataka (les jours prévus), Taraka pranayama Elle se termine volontairement par le silence.
À cela s’ajoutent trois micro-rituels autour des séances : cinq respirations Ujjayi et l’appui des pieds au sol avant l’arrivée du client, un retour à la flamme intérieure quand un silence s’installe, cinq cycles de respiration spinale entre deux rendez-vous pour déposer ce qui n’est pas à elle.
Ce que Claire observe
Au bout de douze semaines, elle rapporte quatre changements. Sa fatigue de fin de journée a diminué. Elle propose moins vite des solutions et supporte beaucoup mieux les silences. Elle repère plus tôt ses jugements : « Je m’entends penser qu’il ne s’écoute pas, et je le regarde passer. » Et un client lui a dit un jour : « Avec vous, j’ai l’impression d’avoir du temps. » Aucun de ces effets n’est spectaculaire. Ils sont discrets, cumulatifs, et c’est ce qui les rend durables.
Points de vigilance
- Avancer progressivement : le Kapalabhati et le Trataka ne s’ajoutent qu’après plusieurs semaines de pratiques douces, avec l’avis d’un enseignant ou d’un médecin en cas de doute.
- Ne pas transformer le programme en performance : il s’agit de s’accorder, pas de réussir ses respirations.
- Garder la supervision et le travail personnel : la pratique soutient le coaching, elle ne remplace ni l’un ni l’autre.
- Ne pas imposer ses pratiques aux clients : Claire les vit, elle les propose rarement, et toujours comme une invitation.
11. Ce que vos clients percevront
On ne dira jamais à un client : « Mon accompagnement est meilleur parce que je pratique le yoga. » Et pourtant, il le ressentira. Il remarquera que les séances sont plus calmes, que l’on ne le presse pas, que ses silences sont accueillis, que ses émotions ne provoquent aucune crispation chez son coach. Il se sentira vu plutôt que géré. Il se permettra des paroles qu’il n’aurait pas osées ailleurs.
Peu à peu, il adoptera lui-même, sans qu’on le lui demande, certaines des qualités qu’il perçoit : une manière plus fiable de décider, une écoute plus attentive de ses équipes, une relation plus apaisée à la pression. Le coaching est une transmission silencieuse autant qu’un échange de paroles. Ce que nous incarnons enseigne souvent davantage que ce que nous disons.
Conclusion : s’accorder pour mieux accompagner
Devenir un meilleur coach ne passe pas uniquement par de nouveaux modèles, de nouvelles certifications ou de nouvelles techniques de questionnement. Cela passe aussi, et peut-être surtout, par le soin apporté à l’instrument que nous sommes. Le yoga, avec le Qi-Gong, offre un chemin concret pour cela : cultiver la présence, réguler son système nerveux, affiner la connaissance de soi, écouter son corps, pratiquer l’équanimité et incarner une éthique.
Le point de départ est modeste. Un tapis, quelques minutes, un souffle que l’on suit. Mais pratiquée avec constance, cette discipline modifie progressivement la manière d’entrer dans une pièce, d’écouter, de se taire, de questionner. Elle transforme ce que le client reçoit de nous, bien au-delà des mots.
À vous de choisir, dès demain matin, le premier rendez-vous avec votre instrument. Votre prochain client vous en remerciera, sans toujours savoir pourquoi.
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