Coaching spirituel 9 février 2025

L’importance du corps : entretenir une relation affectueuse avec son corps

L’importance du corps est capitale dans la recherche du bienêtre et du bonheur. Comment se rapprocher du corps, d’une manière affectueuse ? Comment quitter un instant la tête et ses innombrables « problèmes » pour être présent à l’instant présent, et vivre tranquille et heureux ? Réponse :

  • Oser la relation vraie aux autres, ce qui oblige à quitter l’abstraction pour entrer concrètement en contact avec l’autre, dans le vivant de l’interaction.
  • Pour cela, il est nécessaire de s’enraciner dans le corps et ses sensations, pour stopper le mental et arrêter de penser de manière compulsive

Valoriser l’importance du corps par le sentir des perceptions corporelles est une approche qui donne des clés pratiques pour lâcher prise tout en gardant bien les pieds sur terre !

A Retenir

  • Le corps joue un rôle crucial dans le bien-être et le bonheur en ancrant dans le présent.
  • Quitter l’abstraction pour interagir authentiquement nécessite de s’enraciner dans son corps.
  • Les pratiques corporelles comme le yoga aident à réapprendre à habiter ses sensations.
  • Le « coaching par le corps » aide le client à s’ancrer dans ses sensations pour résoudre ses difficultés.
  • Utiliser la respiration pour descendre dans son intériorité facilite un coaching efficace et centré.

L’importance du corps ?

D’où viennent nos problèmes ? Si l’on y réfléchit bien, ils viennent presque toujours de la pensée, laquelle n’est pas pour autant une mauvaise chose, à condition de savoir la canaliser quand c’est nécessaire. La pensée automatique, qui se distingue de la réflexion profonde (beaucoup plus rare), est un processus compulsif et tyrannique, qui nous maintient dans un état d’agitation intérieure permanente.

Etonnamment, on trouve « normal » cet état pathologique, parce qu’on n’en connaît plus d’autre et qu’on s’est habitué à cette « folie douce »… (Quand on voit quelqu’un parler tout seul dans la rue, on se demande s’il n’est pas un peu « dérangé »… eh bien, il y a une voix dans notre tête, celle de la pensée, qui ne cesse de tout commenter et de parler tout bas sans arrêt. N’est-ce pas une autre forme de démence ordinaire, finalement, au même titre que celle qui fait parler tout seul sans s’en rendre compte ?).

Nous parlons du corps, comme moyen de s’incarner dans la vie, de s’enraciner dans le présent, et pas comme d’un instrument au service de l’ego, ou comme image de soi à laquelle s’identifier.

A ce propos, il n’y a pas à entretenir de fantasme à propos de ce que le corps devrait être ou devenir (plus beau, plus fort, plus jeune, en meilleure santé, plus performant, etc…Voir à ce sujet : « Retrouver sa jeunesse ?« ) : Vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie jusqu’ici, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer.

On peut sans doute modifier la forme du corps à partir de régimes alimentaires et d’exercices appropriés, et on est bien sûr libre de le faire (pourquoi pas) mais là n’est pas ici notre propos. Le corps est plutôt respecté et considéré avec affection comme notre point d’expression dans le monde et de contact avec le réel.

Cependant, nos société modernes nous ont largement coupé du corps, qu’elles ont relégué au rang d’instrument de beauté ou de plaisir (ou de honte et de culpabilité). Le corps est instrumentalisé, poussé à l’extreme de ses performances lors des compétitions sportives, ou lors des maladies que l’on soigne avec de la chimie pour le doper, au lieu de le laisser se repose et reprendre ses forces par lui-même.

On a perdu l’habitude de ressentir le corps de l’intérieur au quotidien. Il faut donc maintenant lire des livres et participer à des stages pour en prendre conscience et ré-apprendre à habiter ses sensations corporelles. Certaines pratiques simples sont connues de tous temps et enseignées dans les cours de yoga par exemple.

Plusieurs bon exemples de ces pratiques sont mises à votre disposition par Luis Ansa dans l’excellent livre de Robert Eymeri « La voie du sentir ». Il y est exposé les grands principes de son expérience du chamanisme, complétée par les apports de sa trajectoire personnelle à travers le soufisme, l’Inde, et la tradition de l’alchimie occidentale, sans oublier les contributions de Gûrdjeff.

Loin de tout esprit de secte, Luis ne fait aucune promesse fallacieuse, mais il dispose devant vous les moyens de vous éveiller à l’instant présent, par vous-même et pour vous-même, à travers l’écoute de votre corps, tel qu’il est.

Comme il le dit lui-même : en se mettant à l’écoute du corps, on se met en état féminin de réceptivité, on se met en état d’amour, dans l’état d’aimer l’amour. Le corps devient une sorte de lieu sacré à notre disposition, un Temple personnel, qui nous relie au mystère et à la merveille. On peut ainsi ré-envisager la vie tout autrement, avec les yeux d’un enfant qui s’étonne de chaque nouveauté.

Le corps est un instrument de musique, l’esprit est la page sur laquelle s’écrit le poème de nos vies et nous en sommes le pur Spectateur. Comment nous y prenons-nous pour ne pas voir cela et continuer de vivre dans le calcul et l’inquiétude ? Voilà la merveille à explorer ensemble avec un esprit silencieux et joyeux. » Jean Bouchart d’Orval)

Cesser de souffrir pour rien

La douleur fait partie de la vie, au même titre que la naissance, la croissance, la réussite, mais aussi la vieillesse, la maladie, la perte  et la mort.

En revanche la souffrance psychologique liée au refus de cette réalité (la diversité et le changement) et la tentative inconsciente de s’y soustraire, en voulant vainement fixer les expériences de plaisir pour ne vivre qu’elles, sont des options dont on pourrait faire l’économie. Tant qu’il y a un ego qui a peur de disparaître, il y a forcément souffrance, car la souffrance est précisément la réaction émotionnelle de l’ego face à sa remise en question (voir notre article : « Au coeur de l’émotion« ).

Mais comprendre les mécanismes de la souffrance ou même l’importance du corps, est insuffisant pour se dégager de l’illusion et de la souffrance. Le seul fait de comprendre est insuffisant : découvrir que je ne suis pas ce « moi », mais que je suis la conscience vaste, qui connaît ce qui est expérimenté, est cependant « nécessaire mais pas suffisant » (comme on dit en mathématiques)… On a besoin de l’expérience corporelle, pour le meilleur et pour le pire (le plaisir et la douleur).

Les deux sont nécessaires pour expérimenter la joie de vivre : Le corps est un tremplin pour expérimenter la joie de travailler, la joie de vivre, la joie d’être !

Dans la voie du Sentir, il y a tout un travail pour cultiver le positif et alchimiser le négatif. Lorsque vous êtes présent à vous-même, vous vous mettez à habiter ce que l’on pourrait appeler « votre espace intérieur ». Si vous n’êtes pas là, la maison est vide. Il n’y a ni espace intérieur ni espace extérieur.

Mais quand vous êtes là, le premier constat que l’on peut faire, c’est que l’on est heureux d’être là. On va donc commencer par aimer cet espace, par le protéger. On va faire attention au climat dans lequel on vit.

On ne se nourrit pas de négatif, on commence à avoir une nouvelle forme d’hygiène. Et cela se traduit dans nos actes. On ne cherche plus le conflit. On devient attentif à tout ce qui nous rend égoïste, à tout ce qui empêche l’amour de circuler. Lorsque l’on goûte cette saveur du divin en toute chose, on est devenu « un porteur d’amour », comme disait Luis Ansa. L’invitation est là. À nous de la suivre.

Cette voie n’a pas de propriétaire, pas de représentant. Luis Ansa l’a offerte à l’humanité. À chacun de l’explorer et de la faire vivre… Extrait de l’interview de Robert Eymeri, par Claire Eggermont

 

 

Quand on pense à la spiritualité, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent éthérées : méditation silencieuse, prière, élévation de l’âme, détachement du monde matériel. Le corps, quant à lui, est souvent perçu comme une contrainte, une enveloppe à dépasser, voire un obstacle sur le chemin de la transcendance. Pourtant, cette vision dualiste – héritée en grande partie du platonisme et renforcée par certaines interprétations religieuses – passe à côté d’un fait fondamental : le corps n’est pas le contraire de l’esprit, il en est le véhicule.

Une sagesse incarnée

Dans de nombreuses traditions anciennes, le corps n’a jamais été séparé du chemin spirituel. Les yogis indiens, les taoïstes chinois, les danseurs sacrés d’Afrique ou les chamans amazoniens ont tous compris que la transformation intérieure passe par une écoute profonde du corps. Le souffle, la posture, le mouvement, les sensations sont autant de portes d’entrée vers l’expérience spirituelle. Ce n’est pas un hasard si le mot spiritus, en latin, signifie à la fois « souffle » et « esprit ».

Dans le Yoga, par exemple, les asanas (postures) ne sont pas de simples exercices de souplesse : ils visent à aligner l’énergie vitale (prana) pour préparer le mental à la méditation. Le Qi Gong chinois suit une logique semblable : chaque mouvement vise à faire circuler le qi dans le corps, pour harmoniser le physique, l’émotionnel et le spirituel.

Le corps, mémoire vivante

Les neurosciences et la psychologie somatique confirment ce que les traditions disaient depuis des siècles : le corps n’oublie rien. Antonio Damasio, neurologue, parle de « marqueurs somatiques » pour désigner l’impact des expériences émotionnelles sur le corps. Le traumatisme, le stress, mais aussi la joie ou la paix s’impriment dans notre système nerveux. En d’autres termes : le corps est un livre sacré, écrit en sensations, en tensions, en élans.

C’est aussi ce que rappelle le psychiatre Bessel van der Kolk dans Le Corps n’oublie rien (2014) : guérir les blessures de l’âme passe par le corps. La méditation, le mouvement conscient, la respiration profonde, sont autant de pratiques qui permettent de libérer des mémoires enfouies sans forcément passer par les mots.

Une spiritualité désincarnée est une illusion

Nous vivons aujourd’hui dans une culture de la tête, de l’intellect, de la virtualité. Nos journées sont rythmées par des écrans, des flux d’informations, des pensées compulsives. Dans ce contexte, la tentation est grande de faire de la spiritualité un échappatoire mental, une fuite vers le « haut » qui oublie le « bas » : le ventre, les tripes, les pieds sur terre.

Or, une telle approche crée une forme de dissociation. On cherche à s’élever sans s’ancrer, à comprendre sans ressentir, à méditer sans habiter son corps. C’est comme vouloir grimper un arbre sans racines. Comme le dit la philosophe Claire Marin : « Il ne s’agit pas de s’échapper du corps, mais d’habiter ce monde par lui. »

Les chiffres parlent : méditer, bouger, guérir

Plusieurs études montrent aujourd’hui les bénéfices d’une approche corporelle de la spiritualité :

  • Une étude de Harvard (Lazar et al., 2011) a démontré que huit semaines de méditation pleine conscience modifient la structure du cerveau, notamment dans les zones liées à la conscience corporelle (insula) et à la régulation émotionnelle.
  • Selon une recherche publiée dans The Journal of Alternative and Complementary Medicine (2017), les pratiques somatiques telles que le yoga ou le tai-chi réduisent significativement les niveaux de cortisol (hormone du stress) et améliorent la qualité de vie spirituelle.
  • Une enquête menée par l’Université d’Oxford (2020) sur 2 000 personnes pratiquant une activité corporelle consciente (danse, respiration, yoga) montre que 78 % d’entre elles déclarent vivre un sentiment de connexion spirituelle plus fort après la pratique.

Vers une spiritualité incarnée

Redonner sa place au corps dans la quête spirituelle, c’est aussi redonner sa place au vivant. Cela ne signifie pas céder à la dictature du bien-être ou du culte du corps performant. Il ne s’agit pas de contrôler le corps, mais de l’écouter, de l’honorer, de le ressentir comme un sanctuaire.

La spiritualité incarnée ne cherche pas à fuir le monde, mais à l’habiter pleinement. Elle ne sépare pas le sacré du quotidien, mais trouve le divin dans chaque geste simple : marcher pieds nus, respirer consciemment, sentir la chaleur du soleil sur la peau.

Comme l’écrivait Rainer Maria Rilke : « Sois à la louange du monde ineffable, à travers le souffle du corps. » Peut-être est-ce cela, finalement, le vrai chemin : non pas fuir le corps pour trouver l’esprit, mais plonger dans le corps pour découvrir l’âme.

FAQ – L’importance du corps

1. Pourquoi parle-t-on de l’importance du corps dans le coaching ?

Parce que le corps est notre point d’ancrage dans le réel. Il permet de s’incarner dans l’instant présent, d’apaiser l’agitation mentale et d’entrer dans une qualité de présence profonde et stable, indispensable à un coaching efficace.


2. En quoi les problèmes viennent-ils souvent de la pensée ?

La pensée automatique fonctionne en continu et génère agitation, peur, anticipation ou ruminations. Elle est utile quand elle est volontaire et canalisée, mais devient tyrannique lorsqu’elle tourne seule. Revenir au corps offre une alternative simple : habiter la sensation plutôt que l’histoire mentale.


3. Le travail sur le corps consiste-t-il à améliorer son apparence ou ses performances ?

Non. Le corps n’est pas considéré comme un instrument à perfectionner mais comme un lieu vivant à habiter, un point d’expression et de contact avec la réalité. Il ne s’agit pas de fantasmer un « meilleur corps », mais d’apprendre à écouter et respecter celui que nous avons.


4. Pourquoi sommes-nous souvent coupés de notre corps ?

Les sociétés modernes mettent l’accent sur la performance, l’esthétique et la rationalité. Le corps devient instrumentalisé, soigné par la force plutôt que respecté. Nous perdons alors l’habitude de le ressentir de l’intérieur, d’où le besoin de pratiques pour réapprendre à l’habiter.


5. Quelle est la place de la respiration ?

La respiration est un « ascenseur naturel » vers l’intériorité.
Elle relie conscient et inconscient :

  • À l’expire, on descend dans ses sensations.
  • À l’inspire, on accueille ce qui vient du monde (dont les paroles du client).
    Cette respiration consciente installe calme, présence et clarté.

6. Qu’est-ce que la Voie du Sentir ?

Issue des enseignements de Luis Ansa, elle propose des pratiques simples pour écouter le corps avec affection, se relier à son intériorité et s’éveiller à l’instant présent. Le corps devient un « temple personnel », un lieu sacré de connexion, sans dogme ni promesse miraculeuse.


7. En quoi le coaching par le corps est-il utile pour le client ?

Il permet au client de :

  • sortir du mental et revenir à la sensation vraie,
  • identifier dans son corps les traces de ses difficultés,
  • libérer tensions, émotions et croyances figées,
  • retrouver énergie, clarté et élan pour agir,
  • construire des solutions enracinées, stables et authentiques.

8. En quoi est-il utile pour le coach ?

Il aide le coach à :

  • se recentrer,
  • aligner sa présence,
  • entrer dans une écoute profonde,
  • capter les résonances corporelles,
  • offrir un espace de sécurité et de chaleur humaine.

La qualité de présence du coach devient l’outil principal d’impact.


9. Y a-t-il un contact physique dans cette approche ?

Non.
Le coaching par le corps n’implique aucun toucher.
La démarche reste strictement professionnelle :
on travaille à partir des sensations internes du client, pas par des manipulations corporelles.


10. Que faire si le client ne « sent rien » ?

C’est parfaitement normal.
Le simple fait d’être en présence, calme, attentif, est déjà une expérience. Il ne faut pas diriger le client vers une recherche mentale de sensations : on invite simplement à rester dans l’écoute intérieure, sans forcer ni analyser.


11. Dans quelles situations le travail corporel est-il particulièrement utile ?

Notamment quand le client :

  • est très mental, embrouillé ou dispersé,
  • est submergé émotionnellement,
  • se sent apathique, perdu ou perplexe,
  • est déconnecté du présent,
  • n’a pas de sujet clair pour la séance.

Le corps permet alors un accès direct à ce qui est vrai maintenant.


12. Comment se déroule une exploration corporelle simple ?

Le coach invite le client à :

  1. porter attention successivement à différentes zones du corps,
  2. laisser venir les sensations sans les analyser,
  3. pratiquer une respiration douce,
  4. rester dans une qualité d’écoute silencieuse.

Le coach réalise le même parcours intérieurement pour rester aligné.


13. Comment le corps participe-t-il à la résolution du problème ?

Deux façons principales :

  • Explorer l’état corporel associé à la difficulté pour libérer tensions et émotions.
  • Explorer l’état corporel associé à la solution pour lever les freins, renforcer l’élan et ancrer la réussite.

14. Pourquoi se former à cette approche ?

Parce que :

  • cela ne s’improvise pas,
  • l’expérience vécue est indispensable pour intégrer la posture,
  • la présence ne s’apprend pas dans un article mais dans la pratique,
  • la formation permet de maîtriser méthode, sensibilité, tact et alignement.

Lire un texte informe, se former transforme.

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Pour aller plus loin : Se recentrer sur soi.