Developpement interieur 4 septembre 2026

L’Art de Vivre l’Instant Présent

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Sommaire

Plonger dans l’instant présent est une quête universelle, une danse subtile entre le mental et l’expérience vécue. C’est une invitation à se défaire des chaînes du passé et des incertitudes du futur pour embrasser pleinement ce qui est, ici et maintenant.

L’instant présent n’est pas une technique de développement personnel parmi d’autres, mais bien la clé fondamentale pour retrouver une existence authentique et épanouissante. C’est un retour à notre nature profonde, souvent occultée par les mécanismes automatiques de notre mental.

Où se cache l’instant présent ? Un voyage dans le temps et l’espace

  • Quand l’instant d’avant s’est-il évanoui ? 
  • Quand le présent a-t-il réellement pris naissance ? 
  • Quand s’éteindra-t-il pour céder sa place au prochain ? 

Ces questions, si élémentaires en apparence, nous plongent dans un vertige philosophique. Intuitivement, nous répondons : l’instant présent est « maintenant », « ici »

  • Mais où se situent alors le passé et le futur ? 
  • Où est cette « éternité » qui, loin d’être un temps infini, est plutôt hors du temps, et dans laquelle nous sommes déjà immergés ?
  • De même, si nous nous situons sur Terre, où se trouve cette planète dans l’immensité de l’univers ? 
  • Si l’espace est sans fin, comment localiser un point précis, celui où nous nous tenons ?

Ces interrogations, d’une simplicité désarmante, révèlent l’improbabilité de nos réponses. Nous nous sentons comme des enfants, impuissants à articuler une pensée logique et sensée. C’est que l’instant présent ne se pense pas, il se vit.

Faire l’expérience de ce questionnement est étrange, certes, mais aussi rassurant. Cela nous pousse à « mâchonner » ces questions, à en extraire toute la saveur et à nous laisser travailler de l’intérieur.

Cesser de fuir : le piège de la projection mentale

Vouloir situer mentalement l’instant présent dans une ligne temporelle est une absurdité, une fuite psychologique. C’est une projection mentale dont nous souffrons tous, consistant à échapper à la sensibilité de l’instant présent, à ce qui est là, maintenant. Nous nous évadons par la pensée en imaginant un « avant », un « après » ou un « ailleurs » – des concepts que nous venons de constater comme étant inlocalisables.

Cette fuite naît souvent de la peur de l’ennui, de la crainte de mourir dans le vide d’un instant pas assez intense, pas assez « bien » pour nous. Alors, nous construisons une autre réalité que nous espérons, que nous attendons, nous échafaudons des plans sur la comète. Cependant, cette « autre réalité meilleure » qui viendrait « après » est une fiction. Elle n’existe pas (encore). Cette fuite est vaine et nous coupe de nos ressources vitales et des solutions aux difficultés que nous rencontrons. Ces solutions se trouvent précisément maintenant, dans l’instant présent.

Cette pensée, plaquée sur l’expérience directe, est une source majeure de pertes d’énergie. Ne serait-il pas plus raisonnable de se laisser trouver par « maintenant », au lieu de « passer son temps » à chercher « après » ou à regretter « avant » ?

L’impossibilité de quitter l’instant présent : une révélation

Poursuivons notre exploration par une petite expérience : essayez, ne serait-ce qu’une seconde, de ne pas être présent à l’instant présent. Essayez maintenant. Ou plus tard, si vous préférez. Mais quand vous essaierez, ce sera forcément « maintenant ».

Vous constatez alors que vous ne pouvez pas vous échapper de l’instant présent. Même lorsque vous rêvez à autre chose, vous y rêvez maintenant. Même lorsque vous pensez à autre chose, vous y êtes encore. 

Nous le constatons ensemble : vous êtes forcément toujours dans l’instant présent. On ne peut pas plus quitter l’instant présent qu’être ailleurs que là où nous sommes maintenant.

De la présence à l’attention : Être attentif à ce qui est là

La question n’est donc pas « comment être présent » (puisque nous ne pouvons pas ne pas l’être), mais plutôt « comment être attentif à ce qui est là », au lieu de partir (nulle part) avec nos pensées. La pensée est souvent une sorte d’anesthésie de l’expérience immédiate, le siège de notre vitalité.

Alors, le « truc », ce serait de ne pas penser ? Mais c’est impossible pour la plupart d’entre nous, et même si cela l’était, ce serait rare et de courte durée. Des pensées surgissent sans cesse, et ce n’est pas grave. 

Pourquoi voudrions-nous que cela change ? Il n’est pas nécessaire d’attendre un état de réalisation ultérieur, où les pensées auraient enfin cessé, pour simplement apprécier ce qui est là : être présent à l’instant présent, tout en laissant le processus naturel de la pensée et des événements divers, extérieurs comme intérieurs, se dérouler.

Il s’agit de s’enraciner dans les sensations corporelles, d’y être attentif, au lieu de s’évader dans sa tête. Pour cela, des moyens simples et naturels existent :

  • Se connecter à la beauté extérieure : Que ce soit face à un paysage grandiose ou en regardant une vidéo d’animaux, la beauté a le pouvoir de nous couper le souffle, de suspendre les pensées et de nous faire vibrer intensément au sein du silence. Elle nous met en résonance avec la beauté intérieure que nous sommes.
  • Prendre appui sur les sensations physiques : Asseyez-vous dans votre corps, prenez place au sein de vos sensations corporelles tout en écoutant les pensées. Observez comme les sensations et les pensées sont fugaces, se transforment, passent comme des nuages. Au milieu de ce mouvement perpétuel, il y a un point fixe : « vous ». Vous, qui observez et vivez l’expérience d’être là. Lorsque vous dirigez votre attention vers ce « vous » qui perçoit l’instant présent, vous y êtes pleinement.
  • Écouter votre respiration : Ce rythme relie l’extérieur à l’intérieur, ce fil ténu vous met en contact avec deux infinis. En restant tranquille, vous devenez l’instant présent qui respire, sans rien à dire, juste l’écoute. Si l’attention s’évade, il est toujours possible d’y revenir, simplement en prêtant attention au souffle.
  • Observer la nature sans commentaires : Regardez, simplement. Sans jugement, sans analyse. Laissez-vous imprégner par ce qui est.

Le sourire de l’instant présent et le pouvoir du moment présent

Être présent à l’instant présent, c’est apprécier ce qui est là, tranquillement, sans commentaires, ou en écoutant ses commentaires intérieurs comme s’ils venaient de l’extérieur. Vous êtes là, ni bien ni mal, juste là… et souvent, cela s’avère être plutôt bien, sans même avoir besoin de se poser la question.

Le sourire n’est pas une condition préalable au bien-être. 

  • Plutôt que de chercher à induire un état, et si vous vous laissiez la chance que la joie survienne d’elle-même ? 
  • Qui a dit qu’il fallait sourire pour être heureux ? 
  • Ne serait-ce pas plutôt d’être heureux qui fait sourire ?

De plus en plus de personnes se tournent vers la méditation, la pleine conscience, le yoga… Ces pratiques sont excellentes. L’essentiel est de développer cet état de présence et d’écoute disponible, car c’est là que tout se joue.

Tout se joue maintenant

L’instant présent n’est pas qu’un simple contenant de vos expériences. Quand vous ouvrez simplement les yeux et découvrez ce qu’il y a à voir, avant la moindre pensée, vous n’êtes que regard, vous êtes la conscience de ce qui est là. Vous êtes à la fois le sujet, le regard qui voit, et les choses vues par ce regard. C’est vous-même qui êtes l’instant présent. Il est plus profond que les événements qui s’y produisent.

La vigilance, c’est la conscience sans la pensée.

L’alignement sur le moment présent empêche le processus mental de distanciation, le bavardage intérieur. La concentration sur un seul point, l’instant présent, offre une opportunité d’explosion de plénitude et de Présence à soi-même et aux autres (paix et joie intérieures).

Le changement est possible « maintenant », sans attendre et sans effort. On ne sera jamais heureux dans le futur. Quand le bonheur sera là, ce sera forcément le présent. Il est donc essentiel d’être heureux maintenant. L’action naît de la contemplation, comme l’appétit vient de la sensation de faim.

Maintenir le « maintenant » et dire adieu à la procrastination

Pourquoi ne pas vous accorder des moments de plaisir en vivant l’instant présent ? Le plaisir, comme toute chose, peut finir par lasser, et la vie ne se réduit pas au plaisir. Cependant, vous pouvez envisager la vie comme un vaste terrain de jeu, accueillant le plaisir et le déplaisir avec appétit. Cette perspective booste l’énergie et procure un flux vital considérable, nécessaire pour embrasser l’intensité de l’expérience.

Beaucoup s’agitent en préparant une multitude de choses « maintenant » pour être bien « plus tard ». Mais quand ce « plus tard » arrive, ils sont souvent pris par la compulsion de « faire, faire, faire », préparant encore d’autres choses pour un plaisir ou un repos futur. Ils ne s’arrêtent jamais, ne profitent jamais, pris au piège des obligations. Nous sommes tous concernés. Mais la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une fatalité.

Exit la procrastination ! « Ne reporte pas au lendemain ce que tu peux faire aujourd’hui. » Ce que nous reportons est souvent ce qui nous pèse, ce qui est compliqué, ce que nous n’osons pas faire par peur des conséquences. Combien de fois avons-nous expérimenté que la période la plus difficile, la plus énergivore, est celle où nous reportons sans cesse une tâche ?

Certes, certaines actions sont plus opportunes à certains moments. Cependant, il est toujours possible, ici et maintenant, d’utiliser le passé et d’influencer positivement l’avenir en étant délibérément disponible dans le présent :

  • Préparer l’avenir en l’orientant positivement maintenant par les actes, les paroles et la pensée.
  • Éclairer le présent en tirant positivement les leçons du passé, lui donnant ainsi du sens.

Pas de « petits » instants : chaque moment est central

Vu sous cet angle, il n’y a pas d’instants « mineurs ».

Chaque instant est le centre de l’expérience à vivre, maintenant. Il n’est donc jamais trop tard, jamais besoin de renoncer, ni de procrastiner. De manière pragmatique, nous pouvons choisir quelle action privilégier en comprenant ce à quoi chaque situation nous invite en priorité. On peut donc « raisonnablement » planifier une action

La Libération du Carcan Mental

Le Mythe des Obligations

Nous vivons dans l’illusion que nos vies sont dictées par des obligations incontournables, des devoirs absolus qui nous enchaînent à une existence médiocre. Pourtant, la plupart de ces contraintes ne sont que des constructions mentales, des fictions élaborées par notre conditionnement social et psychologique.

Ces « devoirs » n’existent en grande partie que dans notre tête. Si nous pouvions prendre du recul un instant, nous découvririons que tout cela ressemble à un château de cartes, une élaboration artificielle de notre cerveau. Il ne s’agit pas de nier nos responsabilités réelles, mais de cesser d’en faire des drames pesants et épuisants.

Changer de Perspective

Et si cette rentrée dans la vie quotidienne était l’occasion de transformer radicalement notre regard ? Du coup, les mêmes activités prendraient une saveur nouvelle, les couleurs deviendraient plus vives, l’atmosphère plus vivante. Il est possible de vivre sa vie en poète, avec légèreté, sans pour autant manquer d’intensité ou d’efficacité. Au contraire, cette approche mobilise et développe toutes nos ressources.

Cette transformation n’est pas une fuite de la réalité, mais une plongée plus profonde dans l’authenticité de l’expérience. Quand nous cessons de nous identifier à nos pensées automatiques, nous découvrons un espace de liberté insoupçonné.

Retrouver l’Esprit de Jeu

L’Enseignement des Enfants

Observez les enfants : ils ne pensent qu’à s’amuser et jouent constamment. Comme de petits chatons, ils passent d’un papillon à une sauterelle en prenant des airs de tigre. Cette spontanéité naturelle révèle une vérité profonde que nous avons oubliée en grandissant.

Qu’est-ce qui s’est érodé en nous pour que nous soyons constamment dans notre tête à « penser » à des choses ennuyeuses ? Pourquoi ne pas nous accorder des moments de plaisir authentique ? Il ne s’agit pas de fuir les responsabilités, mais d’envisager la vie comme un vaste terrain de jeu.

Le Plaisir et le Déplaisir comme Expériences

Même si le plaisir peut devenir lassant et qu’on ne peut vivre que de plaisir, rien ne nous empêche d’accueillir les deux polarités – plaisir et déplaisir – depuis la joie de vivre. Cette perspective booste notre énergie et procure un flux vital considérable, nécessaire pour embrasser pleinement l’intensité de l’expérience.

Beaucoup de personnes se pourrissent la vie en s’agitant constamment, préparant des choses fastidieuses « maintenant » pour pouvoir être bien « plus tard ». Mais quand ce « plus tard » arrive, elles sont déjà prises par d’autres compulsions. Elles ne s’arrêtent jamais, ne profitent jamais, prisonnières d’un carcan d’obligations imaginaires.

Mûrir en Restant Frais

L’Engagement Renouvelé

Il ne s’agit pas de rester immature en ne courant qu’après des satisfactions immédiates. Au contraire, la maturité authentique consiste à s’engager pleinement, mais pas une fois pour toutes. Il faut s’engager à chaque instant, de façon nouvelle et différente.

Cette approche laisse peu de place à la contrariété, à la lassitude ou à l’ennui. Face à la répétition inévitable des situations quotidiennes, la solution n’est pas de fuir, mais d’être pleinement présent dans son corps, et non dans sa tête en train de poser des étiquettes sur les expériences.

Traverser les Épreuves sans « Histoire »

Il y aura probablement des défis, des séparations, des événements réputés « graves ». Mais ces expériences ne deviennent problématiques que quand nous leur ajoutons une dimension psychologique dramatique. L’expérience brute, elle, n’est ni triste ni grave – ce sont nos commentaires intérieurs qui créent la souffrance.

L’art consiste à vivre ces moments sans les qualifier intérieurement, sans créer d’histoires supplémentaires qui amplifient inutilement la difficulté naturelle de certaines situations.

Observer les Mécanismes Automatiques

La Danse des Automatismes

Qu’est-ce qui nous empêche de rester disponibles et directs ? Les mécanismes automatiques, les conditionnements. Nous n’avons d’autre choix que de les constater et de les vivre jusqu’à ce qu’ils s’épuisent.

Au lieu de partir avec l’automatisme, d’être identifié à ce qui est pensé, nous pouvons observer la pensée en tant que processus. Nous pouvons voir le contenu de l’histoire qui se raconte sans nous y identifier complètement.

Le Jeu de la Conscience

Il est possible de se mettre dans la peau du personnage qui va au travail, qui répond au téléphone, qui s’occupe des enfants, tout en observant de l’intérieur ce « jeu ». Cette double conscience permet d’être complètement présent et disponible, sans se prendre au sérieux.

Cette approche se vit de façon à la fois passionnée et calme : passionnée parce que c’est totalement captivant, calme parce que tout cela est sans lourdeur ni gravité. Ce n’est qu’un jeu !

L’Importance du Corps

Habiter Son Corps

Le corps est notre ancrage dans le présent. Lorsque nous écoutons quelqu’un, nous pouvons le faire avec tout notre être, en sentant le champ énergétique subtil de notre corps. Cette pratique éloigne l’attention du mécanisme mental et crée un espace de calme authentique.

Quand nous « habitons » notre corps, nous bénéficions d’un renforcement naturel de notre système immunitaire. Plus nous amenons de conscience dans le corps, plus chaque cellule semble s’éveiller et se réjouir. C’est une puissante forme d’autoguérison.

Au-delà de l’Instrumentalisation

Nos sociétés modernes ont largement coupé du corps, le reléguant au rang d’instrument de beauté ou de performance. Nous avons perdu l’habitude de ressentir le corps de l’intérieur au quotidien.

Le corps doit être respecté et considéré avec affection comme notre point d’expression dans le monde et de contact avec le réel, non comme un objet à améliorer selon des critères extérieurs.

Se Désintéresser des Pensées

La Tyrannie du Mental

Nos difficultés viennent essentiellement de nos pensées. Voir les pensées en tant que pensées nous libère progressivement de la croyance dans les contenus fantasmés qu’elles agitent.

À force de ne plus nous intéresser au contenu des pensées, elles ont tendance à se calmer naturellement. Comme un enfant qui fait des caprices finit par se lasser quand son énergie n’est plus soutenue par notre attention.

Casser le Miroir

Apprendre à se libérer de la pensée tyrannique qu’il faudrait constamment atteindre un objectif est un véritable travail de chaque instant. Casser le miroir pour voir le Réel en face, sans l’intermédiaire de la pensée, est un cheminement personnel que personne ne peut faire à notre place.

Pratiques Concrètes

Une Chose à la Fois

Si nous sommes concentrés dans notre expérience, sans pensées parasites, il n’y a pas de place dans notre tête pour nous projeter dans le futur ou le passé et nous stresser.

Mobiliser toute son attention sur la tâche actuelle, la faire complètement, et quand c’est fini, tourner la page et passer à autre chose. Se concentrer sur des petits pas, faciles à réaliser, en y mettant toute son attention.

La Beauté comme Porte d’Entrée

Observer la beauté qui nous entoure nous relie à la présence à soi-même. Il faut une certaine Présence en Soi pour s’apercevoir de la beauté extérieure et s’arrêter à la contempler. La beauté extérieure n’est visible que parce que la beauté intérieure entre en résonance.

Diriger délibérément son flux d’attention vers ce qui est beau nous remplit d’énergie vitale. C’est en se concentrant totalement dans les petites choses qu’on fait le mieux le plein d’énergie.

La Révolution Silencieuse

Vivre l’instant présent n’est pas une technique de relaxation, mais une révolution intérieure qui transforme radicalement notre rapport à l’existence. C’est un retour à notre nature profonde, au-delà des conditionnements et des automatismes.

Cette transformation ne se fait pas de manière linéaire. Il y a des pas en avant et des pas en arrière, des moments de clarté et des périodes d’oubli. C’est précisément cette imperfection qui rend le chemin vivant et authentique.

Où que vous soyez, soyez-y totalement. Si vous trouvez votre ici-maintenant intolérable, trois possibilités s’offrent à vous : vous retirer de la situation, la changer ou l’accepter totalement. Choisissez l’une de ces options et assumez-en les conséquences, sans excuses, sans négativité, sans pollution psychique.

L’instant présent est le seul moment où la vie se déploie réellement. Tout le reste n’est que pensée, fumée évanescente dans le ciel pur de la conscience. Quand vous vous surprenez à regretter ou à anticiper, voyez le mécanisme, souriez-en affectueusement et respirez.

C’est un instant magique où votre conscience perce l’opacité des automatismes, comme le soleil perce derrière les nuages. Alors, souriez sur la photo de votre propre éveil.

Tout est important, mais rien n’est grave. Il n’y a décidément rien à regretter, car inexorablement, le chemin se fait.

Jamais rien à regretter

Cela a commencé quand vous étiez adolescent par exemple, et qu’à la fin des vacances vous laissiez derrière vous votre amour de la plage qui habitait une autre ville. Quel déchirement… Et en même temps, quelle histoire pour si peu de chose, car parfois tout était oublié quelques unités de temps plus tard. Alors à quoi bon avoir regretté ?…

Justement pour vivre l’expérience du regret et de la nostalgie, qui font également partie du spectre des expériences à vivre. Il n’y a donc rien à regretter en fait, même pas de connaître parfois l’expérience du regret. Quoi que vous ayez vécu cet été, c’est déjà derrière vous. Maintenant c’est une autre expérience, entièrement neuve, même si vous retrouvez des habitudes et des rythmes déjà expérimentés.

C’est l’opportunité d’y goûter de nouveau avec une conscience fraîche, un regard neuf, et peut-être de ne plus vous laisser prendre par « l’histoire ». Peut-être cette fois-ci, allez-vous parvenir à rester pleinement ouvert et attentif au lieu de plonger dans un rôle, dans les mécanismes d’une vie médiocre, faite de contraintes et de devoirs.

S’exonérer du carcan mental

Savez-vous que les devoirs ne sont qu’une fiction, une invention de votre mental, issus de vos conditionnements ?

Ils n’existent en grande partie que dans votre tête. Si vous pouviez sortir du jeu un instant, vous verriez que tout cela n’est qu’un château de cartes, une élucubration invraisemblable, un carcan  artificiel, inventé de toutes pièces par votre cerveau. 

Je ne dis pas que vos responsabilités soient une illusion ou qu’il ne faille pas les assumer. Je dis même que c’est super de les vivre, mais qu’il n’est pas nécessaire d’en faire toute une histoire, pesante et épuisante !

Et si cette rentrée était l’occasion pour vous de changer de perspective et d’orientation, pour vivre les mêmes choses, à partir d’un regard entièrement renouvelé ?

Du coup, les mêmes plats n’auraient plus la même saveur, les couleurs seraient plus vives, le fond de l’air plus vivant… Il est possible de vivre sa vie en poète, avec légèreté. Et ce n’est pas une histoire de bisounours, qui manque d’intensité et d’efficacité. C’est très performant au contraire ! Cela mobilise et développe même toutes vos ressources.

S’offrir des moments de plaisir

Ce qui est saisissant quand on voit les enfants (ceux du moins qui ne sont pas déjà trop bridés par le système), c’est qu’ils ne pensent qu’à s’amuser, et qu’ils jouent tout le temps ! Comme des petits chatons, ils passent d’un papillon à une sauterelle en prenant des airs de tigre. Merveilleux, non ?  

Pourquoi pas vous ? Qu’est-ce qui s’est érodé (et parfois brisé) en vous, pour que vous soyez tout le temps dans votre tête à « penser », et en plus : penser à des trucs vraiment ennuyeux (faire votre chiffre d’affaires, vous dépêcher d’accompagner les enfants à l’école, inviter les beaux parents, repeindre le garage, rester des heures dans des transports en commun ou dans des embouteillages, parfois tous les jours, etc…) ?

Et si la vie était un jeu ?

Vous me direz, et vous aurez raison, même le plaisir est lassant, et on ne peut vivre que de plaisir. C’est vrai, mais rien ne vous empêche d’envisager la vie comme un vaste terrain de jeu.

OK, vous allez parfois devoir traverser une période difficile, mais ce n’est qu’un jeu cela aussi, et si vous le voyez comme ça, ce sera beaucoup plus intéressant et moins pénible. Vous pourriez accueillir le plaisir et le déplaisir depuis la joie de vivre, appréhender l’un et l’autre avec appétit. Cela vous donnerait du tonus !

Cette perspective booste votre énergie en quelques instants. Et vivre ainsi procure un flux d’énergie considérable, justement nécessaire pour embrasser l’intensité de l’expérience. Je vois certaines personnes qui se pourrissent la vie, en s’agitant beaucoup, en préparant tout un tas de trucs casse-pieds « maintenant », afin de pouvoir être bien « plus tard ».

Mais évidemment, quand « plus tard » arrive, ils sont pris par la compulsion de « faire », « faire », « faire », et ils préparent encore d’autres choses, en vue de prendre du plaisir ou du repos l’instant d’après, encore et encore…

Donc ils ne s’arrêtent jamais, ils ne profitent jamais, ils sont pris par le carcan des obligations, et des choses à faire (Le burn-out les attend et comme ils en ont peur : ils accélèrent pour y échapper, tout en s’en rapprochant plus vite…). Et ils s’en plaignent évidemment, se croyant victime d’une pression et de contraintes extérieures, alors qu’ils créent eux-mêmes en grande partie ces conditions.

Vous en connaissez des personnes comme ça ? Moi j’en connais des tas : à commencer par vous et moi ! 🙂 Mais la bonne nouvelle c’est que ce n’est pas une fatalité.

Mûrir en restant frais

Il ne s’agit pas de rester immature, en ne courant qu’après des satisfactions immédiates, parce que cela en effet : ne mène pas bien loin. Au contraire, il s’agit bien de s’engager, exactement comme vous le faîtes déjà, mais pas une fois pour toutes et après ne faire que répéter et assumer…

Non, il faut s’engager à chaque instant : « Je ne t’épouse pas une fois pour toutes (et après les contrariétés, les déceptions et les frustrations prendront inévitablement le relai), mais je vais t’épouser à chaque instant, à chaque fois d’une façon nouvelle et différente ». Pas de place pour la contrariété, la lassitude ou l’ennui.

  • Il y aura probablement la diversité des situations, dont une certaine répétition des choses quotidiennes. Evidemment. Mais ce n’est pas un problème, si je suis pleinement présent dans mon corps (et pas dans la tête, en train de poser des étiquettes sur les situations).
  • Il y aura aussi peut-être une certaine dose de tentation, trahison, abandon et séparation (ce qu’on évoquait en début de cet article : cancer, vieillissement, maladies, accidents, licenciements, etc… évènements réputés « graves »).
  • Pas de problème non plus, si c’est ce qui est à vivre. Pas besoin d’en faire une histoire psychologique, avec des commentaires intérieurs qui rendent plus « malheureux » que l’expérience elle-même, laquelle n’est que ce qu’elle est, ni triste, ni grave : ça ce sont des mots en trop, des étiquettes que l’on rajoute, et qui font obstacle à l’expérience brute et directe. Pas besoin de qualifier intérieurement les choses.

Les obstacles à la présence

  • Question : Qu’est-ce qui fait que c’est difficile de rester disponible et direct ?
  • Réponse : Les mécanismes, les automatismes.

On n’a pas d’autre choix que de le constater, et de le vivre en les subissant, du moins jusqu’à ce qu’ils s’épuisent. Alors, au lieu de partir avec l’automatisme, d’être identifié à ce qui est pensé, on peut voir la pensée en tant que processus, et voir le contenu de l’histoire qui se raconte. Mais on n’est pas obligé d’y croire et de se prendre pour les personnages du script…

Ou alors, à la limite, comme un enfant qui joue. C’est alors une façon d’expérimenter et de se faire les griffes sans danger, parce que c’est une fiction et qu’on le sait.

Dans ce cas, on se met dans la peau du personnage qui va au travail, qui répond au téléphone, qui s’occupe des enfants, ou qui relationne avec son partenaire, mais tout en observant de l’intérieur le « jeu » (la scène, soi, l’autre, les autres, tous en train de jouer sans s’en rendre compte, comme dans un rêve) on est là, on est bien là, complètement présent et disponible, si bien qu’il devient inutile de « jouer un rôle », il suffit d’être soi et de faire face à la situation, sans s’y croire, sans se prendre au sérieux. Mais cela se vit de façon passionnée et calme :

  • passionnée, parce que c’est totalement captivant, fascinant, et qu’on est engagé à fond…
  • et calme, parce que tout cela est sans aucune lourdeur ni gravité. Ce n’est qu’un jeu !

Revenons à nos moutons : rien à regretter…

Du coup : rien à regretter de l’été et des vacances, quoi qu’il se soit passé ou non. C’est maintenant que tout commence (exactement d’ailleurs comme l’instant d’avant et l’instant d’après. « C’est toujours le meilleur moment pour se mettre en chemin » K-G Dürkheim) !

Inutile de ressasser ou d’anticiper. C’est maintenant que toute votre vie se joue, nulle part ailleurs. Le reste n’est que pensée, fumée évanescente dans le ciel pur. Quand vous vous prenez la main dans le sac en train de regretter, de nourrir du remords,  un sentiment de culpabilité, de l’envie, de la peur ou quoi que ce soit d’autre : voyez le mécanisme, souriez-en affectueusement et respirez. C’est un instant magique, où brutalement votre conscience perce l’opacité des automatismes, comme le soleil perce derrière les nuages.

Tout est important, mais rien n’est grave !

Rendez-vous compte que quoi qu’il arrive, cela n’est pas grave, que ce n’est qu’un jeu. En fait il n’y a rien à regretter, parce que dans quelques instants ce sera le tour d’un autre jeu, celui d’une autre colère, tristesse, peur, joie…

A la limite : peu importe ! Il faut bien que cela joue, vous n’y pouvez rien. C’est un processus, c’est tout. Et vous pouvez même réaliser que les contenus ne sont que des prétextes pour rejouer le processus… et qu’en fait : le processus est vide ! Alors jouez, mais sans vous prendre au sérieux.

En revanche voyez tout ceci très sérieusement, avec une grande attention, comme un spectateur regarde le film avec passion, sans oublier qu’il n’est ni les indiens ni les cow-boys à l’écran.

Par ce petit interstice de conscience que vous injectez de temps en temps dans le flux ininterrompu du jeu, il se passe progressivement quelque chose de vraiment très intéressant, c’est que vous en êtes de moins en moins dupe, que vous êtes de plus en plus calme intérieurement, et que le jeu lui-même se calme progressivement (par a-coups en fait). Sans doute parce que les situations extérieures résonnent avec votre état intérieur…

Mais tout ceci n’est pas linéaire, cela vit. Le processus d’émancipation des automatismes n’est lui-même pas automatique justement. Et c’est ça qui est intéressant. Il y a des pas en avant et des pas en arrière (sans parler des pas de côté).

Et petit à petit, on se rend compte que décidément : il n’y a rien à regretter, inexorablement le chemin se fait.

L’importance du corps pour vivre l’instant présent

Lorsque vous écoutez quelqu’un, ne le faites pas uniquement avec votre tête. Ecoutez avec tout votre corps.Sentez le champ énergétique de votre corps subtil pendant ce temps. Cela éloigne l’attention du mécanisme de la pensée et ménage un espace de calme qui vous permet d’écouter véritablement sans que le mental interfère. Ainsi vous faites de la place à l’autre, de la place pour être. C’est le plus précieux cadeau que vous puissiez offrir à un interlocuteur.

La plupart des gens ne savent pas écouter parce que la plus grande partie de leur attention est monopolisée par la pensée et non sur ce que l’autre personne est en train d’énoncer.Elle n’est pas du tout tournée vers ce qui a vraiment de l’importance, c’est à dire l’Etre qui existe derrière les mots et le mental.

Et bien entendu, vous ne pouvez sentir l’Etre d’une autre personne si ce n’est qu’à travers le vôtre. C’est ainsi que commence la réalisation du Tout, de l’Un, qui est amour. Au plus profond de l’Etre, vous ne faites qu’Un avec tout ce qui est. Lorsque vous  » habitez  » votre corps, vous avez l’avantage additionnel de voir votre système immunitaire grandement renforcé. Plus vous amenez de conscience dans le corps, plus le système immunitaire se renforce.

Nous parlons du corps, comme moyen de s’incarner dans la vie, de s’enraciner dans le présent, et pas comme d’un instrument au service de l’ego, ou comme image de soi à laquelle s’identifier. A ce propos, il n’y a pas à entretenir de fantasme à propos de ce que le corps devrait être ou devenir (plus beau, plus fort, plus jeune, en meilleure santé, plus performant, etc… : Vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie jusqu’ici, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer.

On peut sans doute modifier la forme du corps à partir de régimes alimentaires et d’exercices appropriés, et on est bien sûr libre de le faire (pourquoi pas) mais là n’est pas ici notre propos. Le corps est plutôt respecté et considéré avec affection comme notre point d’expression dans le monde et de contact avec le réel.

Cependant, nos société modernes nous ont largement coupé du corps, qu’elles ont relégué au rang d’instrument de beauté ou de plaisir (ou de honte et de culpabilité).

Le corps instrumentalisé

Le corps est instrumentalisé, poussé à l’extreme de ses performances lors des compétitions sportives, ou lors des maladies que l’on soigne avec de la chimie pour le doper, au lieu de le laisser se repose et reprendre ses forces par lui-même.

On a perdu l’habitude de ressentir le corps de l’intérieur au quotidien. Il faut donc maintenant lire des livres et participer à des stages pour en prendre conscience et ré-apprendre à habiter ses sensations corporelles.

Certaines pratiques simples sont connues de tous temps et enseignées dans les cours de yoga par exemple. Cesser de croire au contenu de vos pensées, leur fera immanquablement perdre de leur consistance et de leur dynamisme. 

Si l’on y réfléchit bien, nos difficultés viennent de nos pensées. Voir les pensées en tant que pensées vous libère progressivement de la croyance dans les contenus fantasmés qu’elles agitent. Mais cela ne vous guérit pas forcément du processus de penser lui-même.

Se désintéresser des pensées

Cependant, à force de ne plus vous intéresser au contenu des pensées, elles ont probablement tendance à se calmer. Un peu comme un enfant, qui fait des caprices, finit par se lasser et arrêter tout seul quand son énergie n’est plus soutenue par votre attention.

Alors, en effet, apprendre à se libérer de la pensée tyrannique qu’il faudrait tout le temps atteindre un objectif est un véritable travail sur soi de chaque instant. Casser le miroir pour voir le Réel en face, sans l’intermédiaire de la pensée est un cheminement personnel que personne ne peut faire à votre place. En revanche on peut vous accompagner sur ce chemin vers une conscience clarifiée.  

On ne parviendra « plus tard » au résulta espéré de mieux vivre l’instant présent , cela ne peut être que maintenant (parce que la notion de « plus tard » est une nouvelle pensée, mais je dirais plutôt que c’est comme si on faisait un voyage à l’intérieur de cette révélation, on y serait déjà et pourtant l’exploration nous en ferait découvrir davantage à chaque nouvelle expérience) …

Vivre le moment présent et ne faire qu’une chose à la fois

Si nous sommes concentrés dans notre expérience, sans pensées parasites, il n’y a pas de place dans notre tête pour nous projeter dans le futur ou dans le passé, et nous stresser !

  • Il nous arrive d’ailleurs à tous de vivre parfois des situations, où nous sommes tellement pris par ce que nous faisons, que nous en perdons la notion du temps. Dans ce cas, peu importe la fatigue et le reste du monde, nous sommes à la fois absorbés et nourris par ce que nous faisons.
  • A l’inverse, il nous arrive de passer des journées à toucher à tout, sans rien mener à son terme, et de finir ces journées avec un sentiment de frustration.

Mobiliser toute son attention sur la tâche actuelle…

La faire complètement, et quand c’est fini : tourner la page et passer à autre chose !… Laisser le passé en arrière et le futur en avant, ne se concentrant que sur le présent… Se concentrer sur des petits pas, faciles à réaliser, en y mettant toute son attention, au point qu’il n’y ait  plus de place pour autre chose que de simplement vivre l’instant présent.

Même des petites choses comme prendre sa douche, se laver les dents ou faire la vaisselle, peuvent être des occasions de se concentrer sur l’instant. Au lieu de les « faire » machinalement, en pensant à autre chose, il est intéressant d’y « être » présent, totalement. A la fois dans son corps, dans ses sensations, dans l’action, aussi minime soit-elle.

En étant ainsi intériorisé, l’impression qu’il n’existe qu’un seul instant qui s’étire, au lieu d’une succession d’instants séparés les uns des autres. Plus de stress, plus de hâte, tout se joue, maintenant. Et après ? Après, on verra… pour l’instant, nous sommes maintenant. Et quand viendra « après », on le vivra aussi comme : « maintenant »…

Essayez, vous verrez

C’est très reposant, et bien plus efficace ! Notre mode de vie est tonique :

  • on laisse toujours son portable allumé pour être joignable à tout moment,
  • parce qu’il faut se tenir informé, on écoute très souvent « les informations »,
  • parce qu’on n’a plus l’habitude de rester tranquille en silence, on met la radio, on feuillette des magazines,
  • on bavarde pour ne rien dire, juste pour passer le temps, par peur du silence et peur du vide…

Pourtant, qu’il s’agisse de jardiner, de peindre, de jouer d’un instrument, de marcher en silence, de courir en s’intériorisant dans le souffle, ou de méditer : de nombreuses activités permettent de se recentrer, en ne faisant qu’une seule chose à la fois.

Admirer la beauté…

Observer la fraîcheur et l’atmosphère de beauté qui entourent les fleurs…La beauté de quelque chose suscite  en nous la même beauté.  La beauté extérieure nous relie à la présence à soi-même, parce qu’il faut une certaine Présence en Soi pour s’apercevoir de la beauté extérieure et s’arrêter à la contempler. La beauté extérieure n’est visible que parce que la beauté intérieure entre en résonance. Si on est trop préoccupé, pas assez disponible, on passe devant un coucher de soleil sans le remarquer, et cette beauté extérieure n’existe pas pour nous.

C’est en se concentrant totalement dans les petites choses, qu’on fait le mieux le plein d’énergie vitale. Prendre le temps de regarder, d’écouter, d’admirer la beauté autour de soi. Diriger délibérément son flux d’attention vers ce qui est beau nous remplit d’énergie. Apprécier chaque situation pour le plaisir qu’elle procure et la variété qu’elle permet d’expérimenter, ici et maintenant.