Shiatsu/massage 5 mai 2025

Leibtherapie

Plusieurs courants m’inspirent, dont le travail de Leibtherapie proposé par Karlfried Graf Dürkheim, que je n’ai pas rencontré personnellement. Mais la lecture de ses livres m’a accompagnée très tôt sur mon parcours.

C’est la raison pour laquelle, j’aimerais partager dans cet article quelques notions de ce qu’est la Leibtherapie, ou travail initiatique proposé par cet homme.

La Leibthérapie, souvent associée aux principes du Zen, n’est pas un « massage » au sens traditionnel du terme, mais plutôt une thérapie corporelle profonde fondée par Karlfried Graf Dürckheim, un psychologue et praticien du Zen du XXe siècle.

Le terme « Leibthérapie » vient de l’allemand « Leib », qui désigne le corps vécu, le corps habité par la conscience et la dimension spirituelle, par opposition à « Körper » qui fait référence au corps physique, objet. La Leibthérapie vise donc à faire prendre conscience au patient de la composante à la fois psychique et spirituelle de son corps.

La Leibtherapie a été inventée par Maria Hippius et Karlfried Graf Dürckheim dans les années cinquante à Todtmoos-Rütte en Forêt Noire. La biographie exceptionelle de ce couple constitue à la fois les fondations et l’arrière plan de cette thérapie. Tout deux, indépendamment l’un de l’autre, ont en effet traversé de nombreuse situations qui mettaient leur vie en danger de mort.

Ces « initiations du destin » les ont transformé de l’intérieur l’un et  l’autre, les ouvrant à la transcendance et l’immanence de la Présence, et les amenant progressivement à oser briser le tabou du toucher de leurs patients en psychothérapie, pour approcher l’être d’une manière globale et complète, incluant le corps.

Karlfried et Maria ont chacun développé leurs propres techniques. Puis leurs successeurs s’en sont inspirées, soit pour les préserver dans leur jus initial, soit pour les faire évoluer. Parlons déjà de ce qu’étaient les fondamentaux à leur origine.

La Leibthérapie de Karlfried Graf Dürckheim est une approche holistique qui considère le corps comme le lieu de l’expérience vécue et de la transformation spirituelle, fortement inspirée par les philosophies orientales et le Zen.

(Nota : Elle n’a aucun lien avec les théories sociologiques d’Émile Durkheim, souvent confondu avec KGD).

A Retenir

  • La Leibtherapie, développée par K.G. Dürckheim, allie toucher et exploration de l’inconscient.
  • Le dessin spontané révèle l’inconscient, facilitant une expression verbale authentique.
  • La Leibtherapie met l’accent sur la libération par la prise de conscience corporelle.
  • Le Hara, concept clé, unifie le corps et calme l’esprit pendant la pratique.
  • Le quotidien, vu comme exercice, amène la pleine conscience dans chaque activité.
  • Le coaching énergétique doit éviter d’interférer avec les énergies du client.

Le dessin initiatique

Pour approcher l’être profond, Maria Hippius a travaillé avec le « Dessin spontané », le dessin qui vient de l’inconscient. Elle proposait de tracer des lignes les yeux fermés sur une grande feuille de papier. 

Avec un fusain dans chaque main, naissaient des cercles, des coupes et des dômes, des traits agressifs ou doux, des traits fins et des traits épais, des traits légers et des traits appuyés, des formes étroites ou larges, grandes ou petites, selon les élans de l’inconscient.

Après quelques feuilles ainsi investies par des traits exprimant l’inconscient, l’impulsion profonde et  cachée de l’âme pouvait alors être mise en lumière. Et à partir de là, pouvait commencer une expression verbale, libérée des restrictions habituelles de la personnalité.

Le patient s’étant livré dans la Présence qu’il est profondément, il pouvait en voir la trace sur le papier à travers son dessin. Se découvrant alors ainsi traduite par les traits épars, la Présence avait tout loisir de s’épanouir face au Miroir ainsi tendu.

Pour avoir vécu quelques une de ces séances de dessin initiatique, c’est étonnant d’éprouver la qualité de présence que procure le simple fait de dessiner en silence, sans chercher à produire quoi que ce soit, juste en étant bien attentif au contact entre le fusain et le papier, laissant le trait se dérouler de lui-même au gré de l’inspiration sans objet. Il ne s’agit pas de libre expression, mais de transformation des forces paralysées et retenues dans l’ombre.

Ce processus révélateur de soi conduit tôt ou tard à se poser la question : « Quel sens je trouve et donne à ma propre vie (au-delà du « sens de La vie », sur lequel se penche la philosophie) ? »

L’individu, ainsi mis en contact avec sa profondeur, n’a pas besoin de vivre une grande expérience mystique pour se mettre en chemin, quand il découvre en lui l’éveil d’une nostalgie profonde d’une plus grande authenticité, d’une connexion intime avec l’Unité dont il a dorénavant le pressentiment (voir à ce sujet : « S’éveiller de l’état de veille« ).

Leibtherapie, toucher l’âme par le corps

La priorité de la Leibtherapie n’est pas de supprimer ou d’atténuer la douleur physique ou psychique. Cette approche initiatique vise à mettre le patient en contact avec la profondeur de son être, en expérimentant la sensation de l’âme à travers tout le corps.

Personnellement, je me sens parfaitement en phase avec cette visée profonde de l’accompagnement. Vous allez dire que je ne suis pas gentil (et vous aurez probablement raison) mais : cela m’est égal que les gens souffrent moins. Chacun sa vocation…

Ce qui me passionne en revanche, c’est qu’ils se découvrent pour se libérer du principe même de la souffrance, quitte à souffrir encore un peu ponctuellement. Vous voyez, finalement, ce dont on parle ce n’est pas tant  de bienveillance que de liberté et d’énergie :

  • des individus marqués par l’empreinte de l’énergie de l’eau, ont peut-être la vocation de soulager la souffrance
  • des individus marqués par l’empreinte de l’énergie du feu, sont tout autant concernés par la compassion que leurs amis signés de l’élément Eau, mais par nature ils ne peuvent se contenter d’un soulagement, ils veulent la libération, parce que la liberté est la valeur qui les brûle de l’intérieur.

La Leibtherapie a donc pour but la rencontre de soi avec l’ombre, pour se libérer de son emprise (notion développée par Jung, qui était un ami de Dürkheim). Les blocages énergétiques de l’ombre ne sont pas écartés, mais amenés à la conscience, pour être « vus », et probablement dissouts dans l’espace vaste de la conscience, en quelque sorte « digérés » par le corps, qui recycle ces énergies au profit de sa vitalité.

Dürckheim s’est beaucoup inspiré de la tradition Zen du Japon, où il vécu dix ans pendant la seconde guerre mondiale.

Au cours de conversations avec des érudits et des personnalités du monde Zen, il a établi des parallèles saisissants entre le témoignage laissé par Maître Eckhart, prédicateur chrétien du Moyen-Age, et les expériences qu’on peut vivre dans la pratique méditative. Dürkheim a lui-même pratiqué intensément la méditation zazen, et le tir-à-l’arc, qui lui ont fait découvrir la notion de Hara.

Le Hara est ce centrage du centre de gravité sur le bas-ventre, qui calme, harmonise, clarifie, et amène l’unité dans tout le corps… Cette découverte donna un point de départ fulgurant à sa carrière de thérapeute, en lui conférant progressivement une notoriété internationale.

Le quotidien comme exercice

D’innombrables activités artistiques au japon sont sensées permettre de vivre l’expérience du Hara, telles que l’aïkido, le sabre, la danse, l’ikebana, le massage, et même toutes les activités de la vie quotidienne… « Le quotidien comme exercice » est d’ailleurs le titre d’un excellent livre de Dürckheim.

Il y évoque l’intérêt de se maintenir profondément conscient dans tout ce qu’on est en train de faire, de sentir, de penser. La pleine conscience et la présence à l’instant Présent devraient imprégner l’être tout entier, non seulement au moment de l’exercice, mais aussi dans toutes les activités ordinaires de la vie courante.

Plus récemment, cette notion universelle de conscience de soi a été largement diffusée avec le courant de la « pleine conscience » (qui ne s’inspire pas spécialement des travaux de Dürkheim, mais directement de la philosophie et des pratiques du bouddhisme).

A ce propos et à titre d’illustration, Dürckheim raconte notamment que ;

  • juste avant de mettre en route le moteur de sa voiture, il se demandait : « qui tourne maintenant la clé de contact ? ». Cette question le mettait immédiatement en contact avec la nature profonde de l’être, par comparaison avec les réponses diversement superficielles et restrictives, qui traduisaient son identification ponctuelle aux contenus du mental…
  • en faisant la vaisselle, il s’imprégnait de la conscience qu’il se lavait psychiquement lui-même, ainsi que le monde entier. Cette manière de s’inclure dans le monde et d’inclure le monde en soi est aussi une bonne façon d’immiscer de la conscience dans les micro situation de la vie courante.

Le quotidien initiatique

Dans toutes les situations de la vie, il ne cherchait finalement pas moins que : l’accès à l’être. Je respecte et j’admire cet engagement d’un tel athlète intérieur qui fait feu de tout bois, et pour qui « c’est toujours maintenant le meilleur moment pour se mettre en chemin vers la profondeur… » C’est cette ouverture au mystère de l’être que Dürkheim a qualifié d’initiatique.

Quand il parle d’ « Initiation » , on comprend qu’il ne parle pas d’inféodation à d’obscurs rituels de soumission, mais qu’il fait au contraire référence au processus de libération individuelle qui ouvre la porte à l’expérience intime et directe par chacun de la force de vie que nous sommes profondément.

Pour lui, cette initiation nous conduit sur le chemin pour s’individualiser, et évidemment pas à l’abdication de la responsabilité individuelle. Voilà donc encore un honnête homme qui détestait l’esprit des sectes.

Témoignage de Wolfram sur sa pratique de la séance de leibthérapie

Ce texte s’inspire d’une conférence donnée par Wolfram Helke, qui fut mon enseignant et thérapeute en leibtherapie pendant plusieurs années.

Ce qui peut être bien accompagné par une séance de Leibthérapie, ce sont les crises existentielles, les crises du sens de la vie et les problèmes relationnels, ainsi que l’expérience des blessures de la vie, souvent infantiles.. Les troubles psychosomatiques peuvent être soulagés et devenir plus supportables.

En revanche, instabilité psychique, névroses prononcées, syndrome de dépersonnalisation, doivent être repérés avant de s’aventurer dans l’expérience du toucher, parce que ces troubles peuvent conduire à la régression lors du travail corporel. Dans ces conditions, un travail corporel est plutôt contre indiqué.  

Une séance en Leibtherapie dure à peu près une heure. Le patient s’allonge en restant habillé, sans ses chaussures. Une leitherapie commence par un bref entretien préliminaire pour donner une perspective à la séance, évoquer son thème, directement issu de l’actualité du patient. 

  • Je commence le toucher par les pieds, pour aider la personne à quitter ses pensées. Cela l’aide à être plus pleinement présente.
  • Un soutien doux sous la région lombaire réveille souvent des souvenirs de portage, et de « toucher contenant », directement en lien avec les mémoires de la période de nourrisson. Des troubles infantiles apparaissent parfois à cette occasion, qui dès lors peuvent être pris en compte et soignés en douceur.
  • Le toucher de la paroi abdominale requiert une grand précaution. Au début, beaucoup de personnes ne supportent pas du tout ce contact, surtout dans les cas d’abus sexuels, ou de troubles alimentaires. La qualité de la sensation du Hara naît d’un toucher calme du bas-ventre.
  • Les tensions dans le diaphragme sont généralement très étendues et diffuses. Leur relâchement exige de la prudence et de la patience. Oppression psychique, traumatismes non résolus, situations de peur, stress d’une vie difficile, remontent ici très fortement. La perception de la respiration, la stimulation du flux respiratoire conduit peu à peu à résorber les tensions. Le traitement des muscles de la cage thoracique, est donc aussi important que le travail sur la zone ventrale.
  • De même que la zone sexuelle n’est pas touchée, la région des seins ne supporte pas non plus le contact (en  articulier évidemment pas de contact avec la poitrine d’une femme, qui donnerait une tonalité sexuelle à la séance et en détournerait à la fois le sens et la finalité).
  • Il est intéressant de travailler aussi le dos. C’est là que s’accumulent pendent des années des tensions liées à la peur, la timidité, la culpabilité, et également les pulsions d’agression. Un toucher calme contribue à assouplir le réseau des tensions quotidiennes superficielles. Et quand on arrive dans des couches musculaires plus profondes, on sent presque toujours un cordon serré le long du muscle extenseur du dos. On bouge ce cordon musculaire, avec des doigts bien placés, et la cuirasse musculaire fond lentement. Quand la pression est parfois douloureuse,  la concentration sur la région du Hara peut aider à se distancier de la périphérie en maintenant l’attention au centre. De cette manière apparaît de la distance avec la douleur du dos. Cette distanciation se transmet aussi au niveau psychique où  là aussi une distance bénéfique peut se faire avec une souffrance psychologique.
  • Le toucher léger de la tête permet de calmer et d’intégrer les sensations engrammées par la séance, puis un nouveau et dernier contact avec la plante des pieds permet l’ancrage et conclue la séance. Cette position des paumes de la main sur la plante des pieds, tend l’arc de la tête aux pieds et offre au patient une sensation globale de son corps qui vit. Ce sentiment d’être entier s’étend au-delà même de la sensation de son espace corporel.
  • En fin de séance, quelques minutes permettent de se rassembler encore, de reprendre pied avec la vie courante et de mettre en mots quelques impressions. Pendant la séance, un dialogue peut d’ailleurs être entretenu entre le patient et le thérapeute. Ce « langage du corps » ouvre des voies, permet des ouvertures dans la cuirasse de résistance.  L’ensemble de la séance contribue à l’ouverture progressive du centre du Coeur. Et là c’est un long chemin.

En Leibtherapie, on arrive à différents niveaux de contact, et différentes qualités de références solides. Ce sont : 1- le contact, qui permet de s’enraciner dans le corps et la sensation, 2- la relation, qui ouvre à la connaissance de l’ombre, et 3- la rencontre avec l’être… 

leibtherapie

 Toucher l’âme par le corps – La Leibtherapie selon K.G. Dürckheim www.souffledor.fr/boutique/produits_toucher-l-ame-par-le-corps__2631.html

En savoir plus en allant sur le site de WolframHelke, qui donne des séances en France sur Paris

Témoignage personnel à propos des séances de Leib

Pour moi, une séance de Leibtherapie, c’est comme lire un livre à deux, tout en méditant. Le corps raconte une histoire. L’histoire d’une trajectoire, avec ses mécanismes de fuite et d’évitement.

C’est en lisant cette histoire, à travers les tensions du corps qui se dissolvent comme tournent les pages d’un livre, qu’on peut s’exonérer de son emprise, en voyant clairement qu’elle ne concerne que le passé et les couches superficielles du corps.

En effet, au coeur de l’émotion, il y a l’être, qui n’est pas affecté par la petite histoire…

La philosophie de la Leibthérapie

Au-delà de la suppression de la douleur

La priorité de la Leibthérapie n’est pas de supprimer ou d’atténuer la douleur physique ou psychique. Cette approche initiatique vise à mettre le patient en contact avec la profondeur de son être, en expérimentant la sensation de l’âme à travers tout le corps.

Personnellement, cette visée profonde de l’accompagnement me correspond parfaitement. Ce qui me passionne, c’est que les personnes se découvrent pour se libérer du principe même de la souffrance, quitte à souffrir encore ponctuellement. Il s’agit finalement moins de bienveillance que de liberté et d’énergie.

Les individus marqués par l’énergie de l’eau ont peut-être la vocation de soulager la souffrance, tandis que ceux marqués par l’énergie du feu, tout autant concernés par la compassion, ne peuvent se contenter d’un simple soulagement. Ils aspirent à la libération, car la liberté est la valeur qui les anime intérieurement.

La rencontre avec l’ombre

La Leibthérapie vise la rencontre de soi avec l’ombre, pour se libérer de son emprise (concept développé par Jung, ami de Dürckheim). Les blocages énergétiques de l’ombre ne sont pas écartés, mais amenés à la conscience pour être « vus » et probablement dissous dans l’espace vaste de la conscience, en quelque sorte « digérés » par le corps qui recycle ces énergies au profit de sa vitalité.

Les fondements de la Leibthérapie de Karlfried Graf Dürckheim 

  1. Le « Leib » (le corps que l’on est) vs le « Körper » (le corps objet) : C’est un concept central. En allemand, il existe deux mots pour « corps ».
    • Körper désigne le corps comme un objet, une machine, que l’on peut observer, disséquer, analyser de manière objective (le corps de la médecine classique, par exemple).
    • Leib désigne le corps vivant, le corps que l’on est, le corps habité par la conscience, l’expérience subjective et la dimension spirituelle. La Leibthérapie se concentre sur ce « Leib », sur l’expérience vécue du corps.
  2. L’influence du Zen et des philosophies orientales : Dürckheim a été profondément influencé par ses années passées au Japon et sa découverte du bouddhisme Zen, notamment la méditation Zazen et le concept du « Hara » (le centre énergétique du corps). La Leibthérapie intègre ces pratiques et cette perspective de centrage et d’harmonisation.
  3. La voie initiatique et la transformation de l’être : Pour Dürckheim, la Leibthérapie n’est pas seulement une thérapie au sens de « guérir une maladie », mais un « chemin » (thérapie au sens étymologique d’accompagnement vers la santé) de découverte de sa vraie nature et de transformation profonde. Il s’agit de se libérer des blocages intérieurs pour accéder à son « Être essentiel ».
  4. L’importance du toucher conscient et de l’expérience corporelle : La Leibthérapie utilise le toucher (souvent sur le corps vêtu) comme un moyen de mettre l’individu en contact avec ses sensations profondes, ses blocages énergétiques et ses mémoires enfouies. L’objectif n’est pas toujours de supprimer la douleur, mais de la conscientiser pour faciliter la libération.
  5. Le dépassement du niveau intellectuel : La Leibthérapie vise à aider les individus à sortir du mental, de l’intellectualisation, pour accéder à des ressources plus profondes et à s’ancrer dans l’instant présent à travers l’exploration de leurs sensations corporelles.
  6. L’expression de l’Essentiel et la levée des blocages : La Leibthérapie est attentive à l’expression de la dimension essentielle présente en chacun et aux entraves à cette expression, qui sont souvent à l’origine de souffrances physiques et psychologiques.

L’influence du Zen et le concept du Hara

Dürckheim s’est largement inspiré de la tradition Zen du Japon, où il a vécu dix ans pendant la Seconde Guerre mondiale. À travers des conversations avec des érudits du monde Zen, il a établi des parallèles saisissants entre les témoignages de Maître Eckhart, prédicateur chrétien du Moyen Âge, et les expériences de la pratique méditative.

Dürckheim a pratiqué intensément la méditation zazen et le tir à l’arc, qui lui ont fait découvrir la notion de Hara. Le Hara correspond à ce centrage du centre de gravité sur le bas-ventre, qui calme, harmonise, clarifie et amène l’unité dans tout le corps. Cette découverte a donné un élan fulgurant à sa carrière de thérapeute, lui conférant progressivement une notoriété internationale.

Les principes clés et la connexion au Zen

  • Approche holistique : La Leibthérapie considère l’être humain dans sa globalité, intégrant les dimensions corporelle, psychique et spirituelle. Elle cherche à réconcilier l’individu avec son « corps que l’on est », c’est-à-dire son corps vécu et ressenti, plutôt que le corps perçu comme un simple objet.
  • Toucher contemplatif et ostéopathique : Le travail commence souvent par un toucher corporel, parfois décrit comme de type ostéopathique, très à l’écoute des sensations et des tensions du corps. Ce toucher n’est pas un massage de bien-être, mais un outil pour établir un contact profond avec le patient et l’aider à se connecter à ses ressentis internes. Il se pratique souvent sur le corps vêtu.
  • Dialogue verbal : Le travail corporel est souvent accompagné d’un échange verbal entre le thérapeute et le patient. Ce dialogue vise à mettre des mots sur les sensations, les émotions et les prises de conscience qui émergent pendant la séance, facilitant ainsi la libération des blocages et l’intégration de nouvelles compréhensions.
  • Influence du Zen : Karlfried Graf Dürckheim a été profondément influencé par sa pratique du Zen au Japon. La Leibthérapie intègre des notions comme la présence attentive, l’enracinement, le lâcher-prise et la reconnaissance de la « vraie nature » de l’être. L’objectif est de permettre au patient de se « descendre » dans son corps pour accéder à une dimension plus profonde de son être, souvent occultée par le mental.
  • Libération des blocages : La thérapie s’attache à identifier et à lever les blocages (physiques, émotionnels, psychiques) qui empêchent l’expression de cette dimension essentielle et qui sont souvent à l’origine de souffrances.
  • Chemin vers la santé : Le mot « thérapie » est utilisé dans son sens étymologique d' »accompagnement sur le chemin vers la santé ». Il ne s’agit pas seulement de soulager des symptômes, mais d’aider la personne à retrouver un équilibre et une harmonie profonde.

En résumé, la « Leibthérapie zen » est une approche thérapeutique qui utilise le toucher et le dialogue pour aider l’individu à se reconnecter à son corps vécu, à libérer les tensions et les blocages, et à accéder à une dimension plus profonde et spirituelle de son être, s’inspirant des principes de la méditation Zen pour favoriser la présence et l’éveil.

Bien que je n’aie jamais rencontré personnellement K.G.D., la lecture de ses ouvrages m’a accomp