Sommaire
- Qu'est-ce qu'une intention de purification ?
- Pourquoi l'intention est-elle importante avec le tarot ?
- Une intention de purification peut être très simple
- La visualisation comme rituel
- Une pratique en trois étapes
- Purifier son tarot, c'est aussi purifier sa question
- Visualisation et respiration
- Le tarot comme miroir de la conscience
- Objectivité
- Purifier son jeu : préparer les cartes, mais surtout préparer son regard
- Un jeu de tarot n’est pas seulement du papier
- Les projections de la personne qui interroge
- Le praticien participe lui aussi au champ du tirage
- Le jeu comme mémoire symbolique
- Entre rationalité et ésotérisme
Il existe de nombreuses méthodes pour purifier un jeu de tarot : fumigation, lune, cristaux, son ou rangement rituel.
Mais il existe une méthode plus discrète et, à bien des égards, plus profonde : purifier son tarot par l’intention.
Ici, aucune substance, aucune plante et aucun objet particulier ne sont nécessaires.
Le rituel repose sur une capacité humaine fondamentale : orienter volontairement son attention.
Qu’est-ce qu’une intention de purification ?
Une intention n’est pas une formule magique. C’est une orientation consciente donnée à une action.
Lorsque vous décidez avant un tirage : « Je vais regarder ces cartes sans chercher à obtenir une réponse qui confirme ce que je veux déjà croire », vous venez de poser une intention. Cette intention modifie votre manière d’aborder le tirage.
Pourquoi l’intention est-elle importante avec le tarot ?
Le tarot est particulièrement sensible à nos projections.
Lorsque nous posons une question, nous avons souvent déjà une hypothèse.
- Nous pouvons espérer une réponse.
- Craindre une autre.
- Chercher inconsciemment une confirmation.
Plus notre enjeu émotionnel est important, plus il peut devenir difficile de distinguer ce que montre réellement la carte de ce que nous projetons sur elle.
L’intention peut alors servir de garde-fou. (Voir aussi à ce propos cet article « Qui répond quand on tire le tarot ?« )
Une intention de purification peut être très simple
Vous pouvez dire intérieurement :
- « Je laisse derrière moi les tirages précédents. »
- Ou : « Je regarde cette situation telle qu’elle est aujourd’hui. »
- Ou encore : « Je ne cherche pas à obtenir la réponse que j’espère. »
Ces phrases sont beaucoup plus intéressantes qu’une formule complexe lorsque l’objectif est de développer une véritable qualité de présence.
La visualisation comme rituel
Vous pouvez également utiliser une visualisation.
- Fermez les yeux.
- Imaginez votre jeu entouré d’une lumière claire.
- Puis imaginez que cette lumière ne « nettoie » pas les cartes mais dissout vos propres projections, attentes et préoccupations.
- Vous pouvez ensuite visualiser le jeu redevenant simplement ce qu’il est : un ensemble d’images disponibles à votre regard.
Cette nuance est essentielle. La purification ne consiste plus à nettoyer l’objet. Dans une perspective systémique, elle consiste à nettoyer la relation que vous entretenez avec cet objet.
Une pratique en trois étapes
Avant le tirage, prenez trois respirations lentes.
- À l’inspiration, sentez que vous accueillez le moment présent.
- À l’expiration, laissez retomber les attentes.
- Puis formulez votre intention.
- Prenez ensuite le jeu et mélangez-le lentement.
- Vous pouvez enfin tirer les cartes.
Ce rituel demande très peu de temps, mais il transforme considérablement la qualité d’attention.
Purifier son tarot, c’est aussi purifier sa question
Une question mal formulée produit souvent un tirage difficile à interpréter. « Est-ce que cette personne va revenir ? » peut enfermer le consultant dans une logique prédictive.
Une formulation différente ouvre davantage de possibilités :
- « Qu’est-ce que cette relation vient m’apprendre aujourd’hui ? »
- ou : « Quelle posture serait la plus juste pour moi dans cette situation ? »
Le travail de purification commence donc parfois avant même de toucher les cartes.
Il consiste à purifier la question de notre désir de contrôle.
Visualisation et respiration
La visualisation devient encore plus intéressante lorsqu’elle est associée à la respiration.
Inspirez tranquillement.
- À l’expiration, imaginez que vous laissez tomber une attente.
- À l’inspiration suivante, accueillez simplement ce qui est présent.
Après quelques cycles, ouvrez les yeux et regardez votre jeu. Vous pouvez alors commencer.
Cette pratique rejoint une logique très proche de la méditation : il ne s’agit pas de fabriquer un état particulier mais de réduire progressivement l’interférence de nos automatismes.
Le tarot comme miroir de la conscience
Cette manière de purifier le tarot correspond particulièrement bien à une approche du Tarot de Marseille comme miroir.
Un miroir (au sens propre de l’objet réfléchissant la Molière que nous avons tous dans notre salle de bains) n’a pas besoin d’être « chargé » ou « purifié » pour fonctionner.
La question est plutôt de savoir si nous sommes capables de regarder ce qu’il nous montre sans détourner ou déformer immédiatement notre regard, en fonction de ce que nous voulons voir et ne pas voir.
Le tarot fonctionne de manière comparable.
Une carte peut révéler une tension, une ambivalence ou une contradiction que nous préférerions ne pas voir.
L’intention de purification consiste alors à devenir suffisamment disponible pour l’accueillir.
Objectivité
Purifier son tarot par l’intention et la visualisation ne demande aucun matériel particulier.
Le véritable objet du rituel n’est pas nécessairement le jeu. C’est aussi notre propre regard, qui doit se renouveler, se rafraichir.
Plus nous réduisons nos attentes, nos projections et notre besoin de certitude, plus les cartes peuvent devenir un support intéressant d’exploration intérieure. La purification devient alors une pratique de présence.
Purifier son jeu : préparer les cartes, mais surtout préparer son regard
Purifier un jeu de Tarot peut prendre des formes très différentes selon les traditions : passer les cartes dans la fumée d’un encens, les laisser quelques heures sous la lumière lunaire, utiliser le son, les cristaux, le souffle ou simplement prendre quelques instants pour les mélanger avec attention.
Chacun peut donner à ces pratiques le sens qui lui convient. Il n’est d’ailleurs pas indispensable de considérer qu’un jeu serait réellement chargé d’énergies étrangères pour comprendre l’intérêt d’un tel rituel.
Le geste de purification peut être une façon de marquer une transition, de fermer une séquence précédente et de créer les conditions d’une attention plus disponible.
Car lorsque l’on travaille sérieusement avec le Tarot, ce n’est pas seulement le jeu qu’il faut apprendre à « nettoyer » : c’est aussi son propre regard. Nos attentes, nos inquiétudes, nos désirs de réussite et nos convictions peuvent facilement influencer ce que nous croyons voir dans une carte. Prendre du recul, suspendre momentanément son jugement et accepter de ne pas savoir immédiatement sont donc des exercices essentiels.
La pratique développe ainsi bien davantage que l’intuition : elle sollicite l’observation, l’analyse, la capacité de distanciation, le détachement et le lâcher-prise. Elle apprend surtout à distinguer une perception subtile d’une projection personnelle.
C’est cette pratique exigeante du Tarot que je transmets dans mes formations. Je ne réalise pas de tirages à la demande : j’apprends aux participants à devenir eux-mêmes capables de pratiquer, en comprenant la structure du Tarot, les principes d’interprétation et les précautions nécessaires pour ne pas confondre intuition et imagination.
Cette démarche permet notamment de développer l’intelligence symbolique : une troisième forme d’intelligence qui vient compléter l’intelligence rationnelle et l’intelligence sensible. Elle permet de mettre en relation les faits, les ressentis, les images, les analogies et les différents niveaux de sens qui apparaissent dans une situation.
Pour certains, cette pratique constitue avant tout un chemin personnel de connaissance de soi.
Pour les coachs et autres professionnels de l’accompagnement, elle peut également devenir une compétence complémentaire : préparer une séance ou une réunion, prendre de la hauteur face à une situation complexe, faire émerger une question nouvelle, explorer une orientation ou mieux percevoir les dynamiques d’une relation.
La purification du jeu est donc alors une porte d’entrée. Derrière le rituel se trouve une véritable discipline de l’attention, qui peut conduire à développer des facultés que nous possédons parfois sans les avoir jamais véritablement entraînées.
Un jeu de tarot n’est pas seulement du papier
Dans une approche d’ésotérisme sain, il est possible de considérer le jeu de tarot autrement que comme un simple assemblage de cartes imprimées, matériellement neutre et interchangeable. Bien sûr, physiquement, un tarot reste du papier, de l’encre et du carton. Mais dans la pratique, un jeu qui est régulièrement manipulé dans un contexte de consultation ou de travail intérieur devient aussi le support d’une multitude d’expériences humaines.
Chaque carte est touchée, mélangée, regardée, retournée et interprétée. Elle accompagne des questions, des espoirs, des inquiétudes, des décisions, parfois des moments de grande intensité émotionnelle. Au fil du temps, le jeu peut ainsi être envisagé comme un véritable « réceptacle » symbolique : il se charge des projections, des intentions et de l’atmosphère psychique des personnes qui l’utilisent.
Cette manière de parler de « charge » ne nécessite pas d’adhérer à une conception naïve ou dogmatique de l’énergie. Elle peut se comprendre sur plusieurs plans à la fois : psychologique, symbolique, émotionnel et, pour celui qui adopte une lecture plus subtile, énergétique.
Les projections de la personne qui interroge
La personne qui consulte n’arrive jamais devant le tarot avec un esprit parfaitement neutre. Elle apporte une question, mais aussi des attentes, des peurs, des scénarios imaginés, des désirs et parfois des représentations très puissantes de ce qu’elle voudrait voir apparaître.
Elle peut avoir peur d’une carte particulière, espérer en voir une autre, interpréter immédiatement une image en fonction de son histoire personnelle ou projeter sur le tirage une attente de confirmation. Le jeu devient alors le support de toute une activité psychique.
Dans une perspective ésotérique, on peut considérer que ces projections ne sont pas sans effet sur la relation au jeu. La carte n’est plus seulement une image imprimée : elle devient le point de rencontre entre une symbolique traditionnelle et l’univers intérieur de celui qui la regarde.
Le praticien participe lui aussi au champ du tirage
Il serait pourtant réducteur de considérer que seule la personne qui consulte « charge » le jeu. Celui qui manipule, mélange, tire et interprète intervient lui aussi dans le processus.
Le praticien possède son propre état intérieur, ses propres représentations du tarot, ses préférences symboliques, ses intuitions, ses habitudes d’interprétation et ses éventuelles projections. Même lorsqu’il cherche à être rigoureux et professionnel, il n’est pas un instrument parfaitement neutre.
Dans une lecture subtile, le jeu peut donc être considéré comme le support d’une relation à trois : la personne qui interroge, le praticien et le tarot. Les deux personnes apportent leur état psychique, tandis que les cartes fournissent une structure symbolique permettant à cette matière intérieure de se manifester, de se déplacer et parfois de se transformer.
C’est précisément pour cette raison qu’un même jeu utilisé pendant longtemps peut finir par être perçu comme ayant une « personnalité » particulière. Certaines personnes ont le sentiment que leur jeu est plus sensible à certaines questions, qu’il répond d’une manière particulière ou qu’il possède une atmosphère qui lui est propre. Sans le nier pour autant, il ne s’agit pas nécessairement d’affirmer objectivement que les cartes stockent une énergie mesurable. C’est en tous cas déjà reconnaître que l’usage répété crée une histoire et une qualité de relation avec le support.
Le jeu comme mémoire symbolique
On peut alors parler de « résidus psychiques ». Le terme doit être compris avec discernement.
Il ne s’agit pas nécessairement de résidus au sens d’une substance invisible qui s’accumulerait matériellement sur les cartes. Il s’agit plutôt de l’idée que les expériences répétées laissent une empreinte dans la relation que nous entretenons avec un objet symbolique. Mais rien n’interdit de penser et de ressentir qu’il y a des énergies attachées aux cartes. Ce sont ces traces, pas forcément que psychologiques, comme on voudrait trop facilement se rassurer en l’affirmant, qu’il s’agit de nettoyer.
Un vieux carnet de notes, un instrument de musique, une alliance ou un objet religieux peuvent produire une impression comparable. Leur matière n’a pas forcément changé de nature, mais leur signification s’est considérablement enrichie par l’histoire dont ils sont devenus les supports, et une certaine empreinte a pu d’y déposer (comme une odeur par exemple, et parfois une odeur subtile). Une personne sensible peut ainsi avoir des visions spontanées en se saisissant d’un objet. Cela vient en partie de cette personne, mais en partie seulement. Tout attribuer à la psychologie serait peut-être un raccourci non objectif et donc non pertinent.
Le tarot peut fonctionner de la même manière, avec une intensité particulière parce qu’il est directement associé à l’introspection, à l’incertitude, aux choix et aux moments de transition. Chaque utilisation peut contribuer à renforcer cette dimension symbolique et énergétique réelle.
Entre rationalité et ésotérisme
C’est ici que l’on peut maintenir une position équilibrée.
- D’un côté, rien ne permet d’affirmer scientifiquement qu’un jeu de tarot accumule des « énergies psychiques » comme un accumulateur stocke de l’électricité. Cela dit, bon nombre de praticiens sérieux avec les pieds sur terre, témoignent de cette vision de l’énergie psychique.
- De l’autre, réduire le phénomène à « ce ne sont que des morceaux de carton » ne rend pas non plus compte de l’expérience vécue par de nombreux praticiens.
L’ésotérisme sain accepte cette zone intermédiaire. Il n’est pas nécessaire de transformer une intuition spirituelle en vérité scientifique pour lui donner une place dans une pratique. On peut considérer que le tarot est un objet symbolique qui devient progressivement chargé de sens, d’intentions, de projections et d’expériences humaines. L’énergie est une réalité, au moins expérientielle à défaut d’être mesurée avec un compteur Geiger :-).
- Quand on pratique le Qi-Gong, par exemple, il n’y a pas un appareil scientifique et une horde de scientifiques en embuscade pour déterminer si les sensations sont imaginaires ou réelles. Et pourtant l’expérience est bien là.
- Et quand un magnétiseur fait par exemple ciller un pendule à distance, sans truquage, il n’y a pas non plus un journaliste pour insinuer dans son reportage qu’il y aurait supercherie… J’ai vu un ami faire cela à 4 mètres. Je l’ai moi-même expérimenté aussi. C’est sans intérêt, c’est amusant, intriguant, et cela ne se produit pas forcément sur commande à chaque fois. Mais, personnellement, je ne peux pas dire que cela soit une illusion d’optique, ou un canular pour gogos facile à berner.
A chacun ses convictions, et ses expériences. Souvent les gens qui sont sceptiques (et qui ont raison de cultiver leur esprit critique) n’ont tout simplement pas fait l’expérience eux-mêmes. alors ils cherchent des explications rationnelles, comme l’effet placebo, la somatisation, l’imaginaire, la psychologie. C’est respectable, mais n’a pas valeur de vérité pour autant. C’est cependant le mainstream de la bien pensance, censée être raisonnable et intelligente. Pour moi, il lui manque juste : l’essentiel.
Dans cette perspective, la notion de purification ou de charge du jeu prend une signification cohérente :
- certes, elle ne repose pas obligatoirement sur l’idée qu’une substance mystérieuse serait physiquement accumulée dans le carton, mais sur la reconnaissance qu’un instrument de pratique peut conserver quelque chose de l’histoire relationnelle dans laquelle il est utilisé.
- mais rien n’empêche, comme nous venons de le dire, d’accueillir une vision plus vaste sans être superstitieuse ou faible d’esprit, une vision qui intègre l’énergie spirituelle.
Le tarot n’est donc pas seulement un objet fonctionnel qui produit mécaniquement des combinaisons de cartes. C’est un support de rencontre entre une tradition symbolique, un praticien et une personne qui cherche à comprendre quelque chose de son expérience.
C’est précisément cette dimension qui justifie de traiter le jeu avec attention et respect. Non parce qu’il faudrait avoir peur de lui, mais parce qu’un objet auquel sont régulièrement confiées des questions intimes finit par acquérir une importance qui dépasse largement sa matérialité.
Pour aller plus loin sur l’utilisation du Tarot dans votre pratique de Yoga et de Qi Gong :
- Savoir interpréter le Tarot sans tomber dans le piège des Projections personnelles
- Le tarot comme voie de conscience
- Purifier son jeu de tarot
- La Rota des 22
- Un chemin de connaissance de soi
- Recharger son jeu de tarot
- La Rota des 22 : méthode de tirage et d’interprétation
- Le tarot peut-il se tromper ?