Qi Gong 12 avril 2026

Sens de circulation de l’énergie : faut-il monter ou descendre à l’inspir ?

Le principe fondamental commun

Dans les deux traditions, yoga et taoïsme, la colonne vertébrale est l’axe du cosmos dans le corps — Sushumna en yoga, l’axe Du Mai/Ren Mai en Qi gong. Mais l’orientation de la circulation du souffle-énergie sur cet axe répond à des objectifs et des cosmologies différents selon les écoles. Ce n’est pas une contradiction, c’est une diversité fonctionnelle intentionnelle.

Côté Yoga / Pranayama

1. L’approche Yogani (AYP) : on monte à l’inspir

Yogani décrit dans son Spinal Breathing Pranayama une visualisation montante à l’inspiration : on trace mentalement un filet de prana du périnée (la base, là où dort Kundalini Shakti) jusqu’au troisième œil (Ajna chakra, le siège de Shiva-conscience), et on descend à l’expiration. L’objectif est de purifier et d’ouvrir le système nerveux à ce qu’il appelle la « conductivité extatique » — un état dynamique complémentaire du silence intérieur cultivé en méditation. Goodreads

La logique est celle du réveil kundalinique progressif et sûr : on aspire Shakti (l’énergie primordiale, féminine, tellurique) vers Shiva (la conscience pure, masculine, céleste). L’union Shakti-Shiva dans la tête = Samadhi. C’est la voie ascendante, la voie du feu intérieur qui monte, de la terre vers le ciel. Elle correspond à la nature du prana apana qui, par le pranayama, est retourné et envoyé vers le haut — c’est précisément la mécanique du bandha (moola, uddiyana) qui participe à ce mouvement.

C’est aussi le sens adopté par Swami Satyananda Saraswati dans sa Kundalini Tantra et dans sa pratique de l’Ajapa-japa avec So’Ham : on inspire sur SO (qui monte) et on expire sur HAM (qui descend), le souffle remontant le long de la colonne.

2. L’approche « descente à l’inspir » : on descend vers le périnée

Elle est présente dans plusieurs traditions :

  • La voie de l’enracinement et du retour aux racines (certaines lignées du Hatha Yoga « terrestre », des approches somatiques du pranayama, et dans la respiration diaphragmatique profonde). Ici, l’inspir amène le prana vers le bas, vers le Muladhara, les ischions s’ancrent dans le sol, le périnée se détend et s’ouvre — le mouvement est une descente dans la matière, une densification, un ancrage. L’expiration remonte, libère, élève.
  • La logique symbolique : l’inspir comme « réception du Ciel dans la Terre ». Le souffle descend des narines (le Ciel, la conscience) vers le ventre et la base (la Terre, le corps) — la conscience s’incarne. L’expir renvoie l’offrande de la Terre vers le Ciel. C’est une cosmologie d’incarnation plutôt que d’éveil ascendant.
  • Van Lysebeth (dans Pranayama, la dynamique du souffle) parle des deux courants : le prana ascendant (udana) et l’apana descendant. Dans certaines pratiques qu’il décrit, la respiration abdominale profonde accompagnée d’une visualisation descendante sert à charger le bas du corps, les Reins, les jambes, le Dan Tian inférieur — c’est une pratique de vitalité brute plutôt que d’éveil.

Résumé de la logique yoga :

Direction à l’inspirObjectifLogique
Montante (base → tête)Éveil kundalini, SamadhiShakti remonte vers Shiva, le feu monte
Descendante (tête → périnée)Ancrage, vitalité, incarnationLe Ciel descend dans la Terre, le prana nourrit la base

Les deux sont valides, les deux sont complémentaires, et certains praticiens avancés les alternent selon la phase de leur sadhana.

Côté Qi Gong : les trois trajectoires de l’orbite microcosmique

En réalité, il existe trois trajets principaux dans la petite circulation céleste : le trajet du Feu, le trajet de l’Eau, et le trajet du Vent Blogger.

1. Le trajet du Feu (Huo Lu) — la petite circulation « classique »

C’est la version la plus enseignée, notamment par Mantak Chia. Le Qi remonte par le Vaisseau Gouverneur (Du Mai, face dorsale, colonne vertébrale), passe par le sommet du crâne, puis descend par le Vaisseau Conception (Ren Mai, face ventrale), dans un cycle continu. 

Avec la respiration synchronisée dans la version standard : on inspire en montant par le Du Mai, et on expire en redescendant par le Ren Mai. Zheng Qi

Donc : inspire = monte par le dos, expire = descend par devant.

La logique est alchimique et yang : le feu (yang, sec, lumineux) monte naturellement. On l’accompagne, on l’amplifie. Cette méditation appartient à Li (le Feu) et a le pouvoir d’engendrer le Feu dans le corps. Elle tonifie, réchauffe, active. Elle ouvre les trois passes (coccyx, entre les omoplates, base du crâne). C’est la voie de l’alchimiste interne actif.

2. Le trajet de l’Eau (Shui Lu) — la voie de la moelle

Le trajet de l’Eau emprunte le Chong Mai (Vaisseau d’Assaut), qui pénètre par le sacrum dans la moelle épinière et remonte jusqu’au cerveau pour le nourrir. Plus interne, plus profond, plus yin. Il est principalement destiné à aider le pratiquant dans sa recherche de l’Illumination, stimule l’intuition spirituelle et active les perceptions de l’esprit congénital (Yuan Shen).

Logique : l’eau s’écoule vers le bas naturellement. La faire monter, c’est aller à l’encontre de sa nature — c’est l’effort alchimique. Kan (eau, yin) doit monter pour s’unir à Li (feu, yang) qui descend. C’est le grand principe du Kan-Li : l’échange entre eau et feu pour générer l’immortalité.

3. Le trajet du Vent (Feng Lu) — circulation inversée

Le trajet Vent est une petite circulation strictement inverse à celle du Feu. Certains pratiquants croient que cela peut perturber la circulation naturelle du Qi. Il est réservé aux pratiquants avancés et peu enseigné publiquement.

« inspire par devant et descend, expire par le dos et monte » — feu ou eau ?

Si on inspire en faisant descendre par l’avant (Ren Mai) et on expire en faisant monter par le dos (Du Mai), c’est le trajet inverse du Feu classique — cela correspond à une version du trajet du Vent ou à une variante inversée parfois pratiquée dans certaines écoles taoïstes « refroidissantes ».

La logique fonctionnelle : le Ren Mai est Yin, son mouvement naturel est de faire descendre l’énergie (comme l’eau). Accompagner cela à l’inspir, c’est nourrir le yin, refroidir, calmer l’excès de feu. C’est une pratique apaisante, yin, qui ralentit l’activité mentale et peut ralentir certains processus métaboliques yang — d’où l’association avec la longévité et le ralentissement du vieillissement. On économise le feu plutôt qu’on l’active.

La clé de lecture unificatrice

Il y a, dans les deux traditions, deux logiques archétypales :

La voie du Feu / de l’éveil ascendant : monter à l’inspir. On active, on éveille, on réchauffe, on monte la kundalini ou le feu alchimique. Risques : surchauffe, excès de yang, instabilité si la base n’est pas solide.

La voie de l’Eau / de l’ancrage et de la longévité : descendre à l’inspir (ou inverser). On refroidit, on ancre, on nourrit les racines, on préserve le Jing (essence vitale). Effets : calme profond, longévité, sagesse intérieure, moindre activité.

Le génie des traditions avancées est de savoir lequel utiliser, quand, pour qui. Pour un pratiquant agité, yang, stressé : la voie de l’eau, la descente. Pour un pratiquant engourdi, yin, apathique : la voie du feu, la montée. Et pour le pratiquant qui vise l’éveil complet : alterner et finalement transcender les deux dans un mouvement qui n’a plus de direction, simplement présent.

Circulation du Prana : Chakras, Koshas et Nadis

Pour compléter cette lecture de la circulation énergétique dans les méridiens, voyons maintenant en complément le point de vue du yoga, avec les chakras et les koshas.

Dans les traditions yogiques et védiques de l’Inde ancienne, l’être humain est bien plus qu’un simple corps physique. Il est un complexe tissage d’énergies, de conscience et de dimensions multiples.

Pour comprendre cette richesse, les sages ont développé deux systèmes de cartographie énergétique fascinants : les 7 Chakras et les 5 Koshas. Ensemble, ils offrent une vision profonde de notre anatomie subtile et des chemins vers la plénitude.

Les 7 Chakras : Roues d’Énergie Vitale

Le mot « Chakra » signifie « roue » ou « disque » en sanskrit. Les chakras sont des centres énergétiques situés le long de la colonne vertébrale, du périnée au sommet de la tête. Ils agissent comme des transformateurs et des distributeurs de Prana (énergie vitale), influençant nos fonctions physiques, émotionnelles, mentales et spirituelles. Un chakra équilibré est un signe de vitalité et d’harmonie.

Voici les 7 chakras principaux, de la base à la couronne :

  1. Muladhara Chakra (Chakra Racine)
    • Localisation : Base de la colonne vertébrale (périnée).
    • Couleur : Rouge.
    • Élément : Terre.
    • Symbolique : Ancrage, sécurité, survie, stabilité, besoins fondamentaux.
    • Déséquilibre : Insécurité, peur, problèmes de digestion, fatigue.
  2. Svadhisthana Chakra (Chakra Sacré)
    • Localisation : Bas de l’abdomen, sous le nombril.
    • Couleur : Orange.
    • Élément : Eau.
    • Symbolique : Créativité, sexualité, émotions, plaisir, fluidité, relations.
    • Déséquilibre : Problèmes émotionnels, manque de créativité, blocages sexuels.
  3. Manipura Chakra (Chakra du Plexus Solaire)
    • Localisation : Au-dessus du nombril, dans le plexus solaire.
    • Couleur : Jaune.
    • Élément : Feu.
    • Symbolique : Volonté, pouvoir personnel, estime de soi, digestion, transformation.
    • Déséquilibre : Manque de confiance, colère, problèmes digestifs, fatigue chronique.
  4. Anahata Chakra (Chakra du Cœur)
    • Localisation : Centre de la poitrine.
    • Couleur : Vert ou Rose.
    • Élément : Air.
    • Symbolique : Amour (inconditionnel), compassion, pardon, connexion, équilibre.
    • Déséquilibre : Peine, isolement, difficulté à aimer, problèmes cardiaques ou pulmonaires.
  5. Vishuddha Chakra (Chakra de la Gorge)
    • Localisation : Gorge.
    • Couleur : Bleu clair.
    • Élément : Éther (Akasha).
    • Symbolique : Communication, expression de soi, vérité, écoute.
    • Déséquilibre : Difficulté à s’exprimer, mensonges, problèmes de thyroïde, mal de gorge.
  6. Ajna Chakra (Chakra du Troisième Œil)
    • Localisation : Entre les sourcils.
    • Couleur : Indigo.
    • Élément : Lumière.
    • Symbolique : Intuition, sagesse intérieure, clarté mentale, perception au-delà des sens.
    • Déséquilibre : Manque de clarté, cauchemars, maux de tête, difficulté à prendre des décisions.
  7. Sahasrara Chakra (Chakra Couronne)
    • Localisation : Sommet de la tête.
    • Couleur : Violet ou Blanc.
    • Élément : Pensée / Pure Conscience.
    • Symbolique : Connexion spirituelle, conscience universelle, illumination, unité.
    • Déséquilibre : Sentiment de déconnexion, dépression, manque de sens à la vie, maladies neurologiques.

L’harmonisation des chakras par le yoga, la méditation, le son (mantras), la couleur, et d’autres pratiques énergétiques est essentielle pour maintenir un flux de Prana sain et une vie équilibrée.

Les 5 Koshas : Les Enveloppes de l’Âme

Les Koshas, ou « gaines/enveloppes », décrivent les cinq couches ou dimensions de l’être, allant du plus grossier au plus subtil. Chaque Kosha est une manifestation de la conscience et interagit avec les autres, nous permettant de comprendre la nature multidimensionnelle de notre existence.

  1. Annamaya Kosha (Enveloppe de la Nourriture / Corps Physique)
    • Description : C’est la couche la plus dense, notre corps physique, fait de nourriture (Anna) et dépendant d’elle. C’est l’aspect que nous percevons le plus directement.
    • Importance : Une base saine est cruciale. Une alimentation équilibrée, l’exercice physique et le repos sont essentiels pour ce Kosha.
  2. Pranamaya Kosha (Enveloppe d’Énergie Vitale / Corps Énergétique)
    • Description : C’est la couche du Prana (énergie vitale), des Nadis et des Chakras. Elle anime le corps physique et est le pont entre le corps et l’esprit.
    • Importance : Le Pranayama (exercices de respiration) et le Qi Gong sont les outils clés pour travailler sur ce Kosha, assurant un flux énergétique harmonieux.
  3. Manomaya Kosha (Enveloppe du Mental / Corps Mental)
    • Description : C’est la couche de l’esprit, de la pensée, des émotions, des sensations et de la perception. Elle traite les informations sensorielles et crée notre réalité interne.
    • Importance : La méditation, la pleine conscience et la gestion des émotions aident à maîtriser ce Kosha turbulent pour atteindre la clarté.
  4. Vijnanamaya Kosha (Enveloppe de la Sagesse / Corps de la Sagesse)
    • Description : Cette couche est celle de l’intellect supérieur, de la sagesse intuitive, de la conscience discriminante et du discernement. Elle nous permet de distinguer le réel de l’irréel, et de comprendre notre véritable nature.
    • Importance : L’étude des textes sacrés, la contemplation, l’introspection et la méditation profonde nourrissent ce Kosha. C’est ici que l’on commence à percevoir l’âme.
  5. Anandamaya Kosha (Enveloppe de Béatitude / Corps de Béatitude)
    • Description : C’est la couche la plus subtile et la plus proche de l’Âme (Atman). Elle est pure joie, félicité et amour inconditionnel. On l’expérimente lors de moments de profonde paix, d’extase ou de Samadhi.
    • Importance : Atteindre ce Kosha, même brièvement, révèle notre véritable nature joyeuse et connectée à l’univers. Toutes les pratiques spirituelles visent ultimement à expérimenter cette béatitude.

Chakras et Koshas : Des Fenêtres sur l’Unité

Les Chakras et les Koshas ne sont pas des entités séparées, mais des perspectives différentes sur la même réalité complexe de l’être. Les Chakras décrivent des points de concentration énergétique où les Koshas interagissent. Par exemple, un déséquilibre dans le Chakra du Cœur (Anahata) pourrait se manifester par des problèmes émotionnels dans le Manomaya Kosha ou des problèmes physiques dans l’Annamaya Kosha.

Comprendre ces systèmes nous offre des outils pour une exploration intérieure profonde. En travaillant consciemment sur chaque chakra et en développant la conscience de chaque kosha, nous pouvons débloquer notre potentiel énergétique, harmoniser notre être et nous rapprocher de l’état de pleine conscience et de béatitude inhérent à notre nature.

C’est un voyage fascinant vers la découverte de soi, qui nous rappelle que la santé véritable est une danse subtile entre toutes nos dimensions.

Le Modèle des Trois Nadis Principaux

La posture assise correcte n’est pas qu’une question d’alignement biomécanique ; elle vise à créer les conditions optimales pour la circulation de l’énergie subtile (prana) dans les canaux énergétiques (nadis).

Sushumna Nadi : Le canal central

  • Situé à l’intérieur ou le long de la colonne vertébrale
  • S’étend de muladhara (périnée) à sahasrara (sommet du crâne)
  • Normalement « dormant » chez la personne ordinaire
  • L’objectif de la posture correcte : ouvrir sushumna pour que le prana y circule

Ida et Pingala : Les canaux latéraux

  • Ida : canal lunaire, féminin, rafraîchissant (narrine gauche)
  • Pingala : canal solaire, masculin, réchauffant (narrine droite)
  • S’entrecroisent autour de sushumna aux différents chakras
  • Une posture déséquilibrée favorise la circulation dans ida ou pingala plutôt que dans sushumna

L’importance de l’alignement vertical : Lorsque la posture est parfaitement alignée verticalement – ischions ancrés, colonne érigée, sommet du crâne élevé – sushumna devient « droit » (symboliquement), permettant à l’énergie de monter sans obstacles. C’est pourquoi tous les textes insistent sur la verticalité : elle n’est pas une question esthétique mais énergétique.

Les Bandhas : Verrous de la Circulation Énergétique

Les textes de hatha yoga décrivent trois verrous (bandhas) qui, combinés à la posture assise, créent un « contenant » pour l’énergie.

Mula Bandha (verrou racine) :

  • Localisation : Périnée (ou col de l’utérus chez les femmes)
  • Action : Légère contraction et « soulèvement » du plancher pelvien
  • Moment : Principalement pendant la rétention du souffle, mais un mula bandha subtil peut être maintenu en permanence
  • Effet : Empêche l’énergie de s’écouler vers le bas, la redirige vers le haut dans sushumna

Dans Siddhasana : La pression du talon contre le périnée stimule naturellement cette zone, facilitant la prise de conscience et le contrôle de mula bandha. C’est l’une des raisons pour lesquelles cette posture est si puissante.

Attention : Mula bandha ne doit pas être une contraction grossière des fesses ou une crispation générale du périnée. C’est un engagement subtil, intérieur, presque imperceptible de l’extérieur. Le Hatha Yoga Pradipika le décrit comme « forcer l’apana (énergie descendante) à remonter vers le haut ».

Uddiyana Bandha (verrou du ventre volant) :

  • Localisation : Abdomen, région du nombril
  • Action : Rétraction de l’abdomen vers la colonne et légèrement vers le haut
  • Moment : Traditionnellement pratiqué pendant la rétention poumons vides (bahya kumbhaka)
  • Effet : Force le prana vers le haut, stimule agni (le feu digestif)

Dans la posture de méditation : Une version très subtile d’uddiyana est maintenue – ce n’est pas la rétraction complète pratiquée en pranayama, mais un léger tonus des abdominaux profonds qui protège le bas du dos et maintient le « feu » intérieur.

Jalandhara Bandha (verrou du menton) :

  • Localisation : Gorge
  • Action : Le menton s’abaisse légèrement vers la fourchette sternale, étirement de la nuque
  • Moment : Pendant les rétentions du souffle
  • Effet : Empêche le prana de monter trop rapidement vers la tête, protège le cerveau

Dans la posture de méditation : Ce que nous avons décrit comme « rentrer légèrement le menton, étirer la nuque » est précisément une forme douce de jalandhara bandha. Cette position :

  • Ouvre les passages énergétiques de la gorge (vishuddha chakra)
  • Prévient les tensions cervicales
  • Favorise l’intériorisation (le regard naturellement baisse)
  • Crée une connexion entre le cœur et la tête

Les trois bandhas ensemble (maha bandha, le grand verrou) : Lorsque les trois verrous sont engagés simultanément, le prana est « scellé » à l’intérieur du corps, ne pouvant ni s’échapper vers le bas (mula), ni se disperser latéralement (uddiyana), ni s’éparpiller vers le haut (jalandhara). Il ne lui reste qu’une voie : sushumna nadi, le canal central.

En méditation assise, une version extrêmement subtile de ces trois bandhas est maintenue naturellement :

  • Mula bandha subtil : Léger tonus du périnée, sensation de « remontée »
  • Uddiyana bandha subtil : Engagement doux du bas-ventre, protection de la colonne
  • Jalandhara bandha subtil : Nuque étirée, menton rentré

Ces engagements ne doivent pas créer de tension ; ils émergent naturellement d’une posture correcte. Ces pratiques millénaires des bandhas préviennent bien des désagréments dans la circulation d’énergie dans la colonne vertébrale.