Sommaire
- L'originalité de l'oeuvre des Dr. Pang
- Présentation générale de la première méthode
- Signification et Objectif
- Structure de la Pratique
- Principe Fondamental
- La Narration de la Première Méthode du Zhi Neng Qi Gong
- PRÉPARATION
- OUVERTURE
- MONTER PAR LES CÔTÉS EN PARTANT DU CENTRE
- MONTER AU CENTRE EN PARTANT DES CÔTÉS
- MONTER EN DIAGONALE
- FERMETURE
- La respiration pendant cette 1ère méthode
- La respiration naturelle comme fondation
- La priorité au Yi (intention) sur la technique
- Une progression pédagogique
Je trouve personnellement très intéressant l’approche du Dr.Pang.
En plus d’être expert en médecine chinoise traditionnelle et en arts martiaux, il a développé une pensée métaphysique personnelle, reprenant à son compte pour les actualiser les éléments de théorie éparses dans les différents courants du Qi-Gong. Tout en respectant la Tradition, il la prolonge en y apportant la plus value de notre époque, au lieu de la sanctuariser sans toucher au moindre de ses cheveux, tels un gardien de musée poussiéreux…
En outre, il a osé appliquer ses méthodes aux soins thérapeutiques à grande échelle, en accueillant plus de 300000 patients dans une clinique où ses pratiques étaient administrées en guise de soins. Il a été enregistré de nombreuses guérisons et améliorations, tout cela étant documenté, et parfaitement officiel.
Comme on le verra dans cette présentation, son Qi-Gong privilégie la conscience avant toute chose. Ceci n’est évidemment pas pour me déplaire, tant c’est cohérent avec une perspective non-duelle, telle que je l’enseigne en Qi-gong et en Yoga.
Le système que Pang He Ming a légué au monde ne se résume pas à une seule pratique : il constitue un édifice complet, architecturé en quatre méthodes progressives.
- La première, Peng Qi Guan Ding Fa, invite le pratiquant à puiser le qi de l’univers et à le laisser ruisseler par le sommet du crâne — une ouverture, une réception, un bain d’énergie primordiale.
- La deuxième, Xing Shen Zhuang, orchestre corps et esprit dans une chorégraphie plus élaborée, tissant ensemble la forme physique et la conscience pour ouvrir les méridiens en profondeur.
- La troisième, Wu Yuan Zhuang, s’ancre dans l’immobilité des cinq origines — postures statiques reliées aux cinq éléments, où la puissance naît du silence et l’enracinement devient une force.
- La quatrième enfin, Wan Yuan He Gui Fa, est une dissolution : le pratiquant avancé y apprend à se fondre dans le grand tout, à laisser les frontières du moi s’effacer dans l’Hunyuan, l’énergie indifférenciée dont tout procède et à laquelle tout retourne.
À ces quatre piliers s’ajoutent huit exercices de renforcement du qi — Jian Shen Qi Gong Ba Fa — qui travaillent méthodiquement l’ancrage du Jing, la circulation dans les méridiens, l’élévation du Shen et le retour au silence intérieur.
La pratique s’enrichit encore :
- de techniques avec les balles de qi gong, qui éveillent la sensibilité énergétique des mains et activent les points des doigts ;
- de méditations debout (Zhan Zhuang), où l’immobilité du corps devient le terreau d’une vie intérieure intense ;
- de relaxations allongées, où chaque couche du corps — muscles, organes, os — est successivement relâchée et traversée par le qi ;
- et de pratiques assises, où la circulation de la Grande Orbite et le travail du regard intérieur affinent la conscience jusqu’à ses strates les plus subtiles.
L’originalité de l’oeuvre des Dr. Pang
Ce qui rend l’œuvre de Pang He Ming proprement révolutionnaire, c’est moins ce qu’il a inventé que ce qu’il a osé faire : prendre dans les mains des trésors jalousement gardés — les techniques taoïstes de l’alchimie interne, les savoirs corporels des arts martiaux internes, la physiologie énergétique de la médecine classique chinoise, la quiétude du bouddhisme Chan — et les sortir de l’ombre.
Car ces traditions vivaient cloîtrées : transmises de père en fils, gardées sous serment, voilées de symbolismes impénétrables pour les non-initiés, parfois délibérément obscurcies pour protéger leur puissance supposée.
Pang a rompu ce pacte du secret. Il a rationalisé, codifié, enseigné à des milliers de personnes simultanément, sans exiger ni lignée, ni initiation, ni adhésion religieuse. Il a parlé de champ de qi comme d’un phénomène naturel et reproductible, convoquant la physique là où ses prédécesseurs invoquaient le mystère.
En désoccultant ces courants sans les appauvrir, il a accompli une synthèse rare : rendre la profondeur accessible sans la trahir.
Remarque personnelle :
Par ailleurs, contrairement à d’autres grands maîtres contemporains à la réputation également internationale, les explications très détaillées du Dr Pang me paraissent bien expliquées et claires.
- Ainsi la première méthode fait l’objet d’une présentation des mouvements (décomposition pas à pas des mouvements physiques accompagnés des schémas d’origine.), d’une narration complète et précise (consignes d’activité mentale (Yishi) indispensables à chaque étape), et de commentaires pour mieux en intégrer le sens de l’intention qui les anime (principes fondamentaux et les mécanismes de l’échange du Qi interne et externe). L’ensemble représentant au moins une quarantaine de pages. En soi cela ne veut rien dire, mais c’est très précieux de disposer ainsi d’une référence de base.
- Ceci a le mérite de servir de référence internationale indiscutable, en comparaison de milliers d’autres méthodes, tout aussi valeureuses, mais dont chaque professeur donne une version éventuellement différente, au point que l’élève soit un peu perdu, ne sachant quelle version pratiquer.
Nota : Les méthodes de la science du Zhineng Qigong (comprenant les premières méthodes dynamiques) compte près de 195 pages. La théorie de la totalité Hunyuan (la base philosophique) représente à elle seule environ 230 pages. L’ensemble de son œuvre didactique représente plusieurs milliers de pages de théories scientifiques, médicales et philosophiques.
Présentation générale de la première méthode
Le ZhiNeng se pratique debout, les pieds joints, les yeux fermés, avec une grande lenteur. C’est une des particularités visible de ce style de Qi Gong qui favorise puissamment la conscience. Tout l’extérieur y est écouté depuis la résonance intérieure.
La respiration se place sur le mouvement naturellement, sans qu’on y accorde trop d’importance, l’accent étant plutôt mis dans cette méthode.
Remarque personnelle de pratiquant de yoga : il peut être difficile de dissocier le mouvement de la conscience de la respiration, au profit de la conscience de l’intention (yi) de chaque mouvement. Il n’y a pas d’inconvénient à accorder la respiration au mouvement, tant qu’on ne perd pas de vue l’essentiel de cette méthode : échanger le Hun Yuan Qi interne avec l’externe (l’essence même de la vie respire ainsi en Soi). Cette précision sera reprise et développée en fin de l’article.
Signification et Objectif
Peng Qi Guan Ding Fa (捧气贯顶法) se traduit par « Prendre le Qi avec les mains et le faire rentrer dans le corps par le sommet du crâne ». Cette première méthode du Zhi Neng Qi Gong travaille avec le Hunyuan Qi externe et vise à détendre le Qi interne du corps tout en absorbant le Qi externe de l’environnement. Elle permet d’ouvrir les centres d’énergie et les méridiens, favorisant ainsi la santé et le développement des capacités énergétiques.
Structure de la Pratique
La méthode comprend six phases principales :
1. Préparation Debout, pieds joints, corps détendu, on récite les huit phrases qui établissent l’état intérieur approprié : connexion ciel-terre, détente physique, calme mental, vide de pensées, et conscience globale du corps.
2. Ouverture (Qi Shi) Série de mouvements qui activent les points énergétiques clés : nombril, Mingmen, Dabao, Yintang. Les mains montent au-dessus de la tête puis se joignent devant la poitrine.
3. Monter par les Côtés en Partant du Centre (Qian Qi Ce Peng Qi) Les bras s’écartent latéralement avec des actions de pousser-tirer, ouvrir-fermer, monter-descendre. Le Qi est ensuite guidé depuis le sommet du crâne jusqu’au nombril, puis vers Mingmen et le long des jambes. On ramène ensuite le Qi de la terre par l’intérieur des jambes.
4. Monter au Centre en Partant des Côtés (Ce Qi Qian Peng Qi) Mouvement inverse : les bras partent des côtés pour se rejoindre au centre. Le Qi descend par Yintang, les points Yuzhen, le dos jusqu’à Mingmen, puis par l’intérieur des jambes. Le retour se fait par l’extérieur des jambes.
5. Monter en Diagonale (Ce Qian Qi Peng Qi) Comprend deux parties : soulever le Qi à 45° au-dessus de la tête, puis ramener le Qi (Hui Qi) avec des rotations alternées du buste, en touchant les points Zhongkui et Qihu de chaque côté.
6. Fermeture (Hui Qi) Les mains montent jointes, s’ouvrent en arc de cercle, passent par Yintang et Dabao, puis se posent sur le Dantian (nombril) pour intégrer l’énergie travaillée.
Principe Fondamental
La première méthode, Peng Qi Guan Ding Fa — « Soulever le Qi et le faire couler par le sommet de la tête » — n’est pas un simple enchaînement de gestes : c’est une conversation entre le corps, l’intention et le champ énergétique de l’univers.
Elle s’ouvre sur une préparation intérieure d’une densité rare : debout, pieds joints, le pratiquant récite huit phrases qui ne sont pas des prières mais des états à incarner — Ding Tian Li Di, la tête touchant le ciel et les pieds s’enfonçant dans la terre ; Yi Nian Bu Qi, le vide de toutes pensées ; Zhou Shen Rong Rong, ce sentiment de bien-être qui se répand dans tout le corps comme une chaleur douce.
Ces mots ne précèdent pas la pratique — ils sont la pratique. Ils posent le corps dans l’espace juste avant que les mains ne bougent.
Vient alors l’ouverture, Qi Shi : les mains poussent, tirent, s’éveillent. Les points énergétiques sont activés un à un — le nombril, Mingmen dans le dos, les Dabao sur les flancs, le point Yintang entre les sourcils — comme autant de portes que l’on entrouvre dans l’ordre, avec soin. La méthode se déploie ensuite en trois séquences de mouvement distinctes, dont la logique interne est d’une élégance remarquable.
- La première, Qian Qi Ce Peng Qi, fait monter les bras depuis le centre vers les côtés : le Qi est soulevé au-dessus de la tête, laissé entrer par le sommet du crâne, guidé vers le nombril, tracé jusqu’à Mingmen, puis descendu le long des jambes jusqu’aux pieds, avant d’être tiré de la terre par l’intérieur des jambes.
- La deuxième, Ce Qi Qian Peng Qi, inverse le trajet : les bras partent des côtés pour rejoindre le centre, et le Qi descend cette fois par Yintang, traverse la nuque et les points Yuzhen, longe le dos jusqu’à Mingmen, avant de remonter par l’extérieur des jambes. Même destination, chemin en miroir — comme si la méthode traçait lentement, par deux fois, les contours du corps énergétique.
- La troisième séquence, Ce Qian Qi Peng Qi, soulève les bras en diagonale à 45° — une posture de réception totale — puis ramène le Qi par des rotations alternées du buste, touchant les points Zhongkui et Qihude chaque côté, dans un mouvement qui ressemble à un tissage, une trame que l’on referme.
La fermeture, Hui Qi, porte bien son nom : les mains remontent jointes, s’ouvrent en arc de cercle, passe par Yintang et les Dabao, puis viennent se poser sur le Dantian, l’une sur l’autre — la gauche en premier pour les hommes, la droite pour les femmes — pour que l’énergie travaillée tout au long de la séquence soit intégrée, stockée, rendue disponible à la vie.
Ce qui traverse toute la méthode, c’est un principe que Pang He Ming a érigé en fondement : Le Yi, l’intention, précède le geste et l’oriente ; et c’est précisément pourquoi la respiration n’est jamais imposée dans cette première méthode. Demander au débutant de coordonner souffle, geste et intention simultanément serait disperser son attention au moment où elle doit apprendre à se rassembler. La respiration naturelle s’installe d’elle-même, portée par la lenteur des mouvements et la qualité du relâchement — et c’est là, dans cet espace laissé libre, que le Qi commence à se faire sentir.
La Narration de la Première Méthode du Zhi Neng Qi Gong
Selon le principe du Zhineng Qigong : « Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait ». La narration pendant la pratique fait partie intégrante de la méthode, créant une unité entre intention, parole et mouvement qui facilite la circulation et l’absorption du Qi.
Voici la narration complète de Peng Qi Guan Ding Fa, telle qu’elle est pratiquée. Cette narration fait partie intégrante de la méthode selon le principe : « Faire ce que l’on dit et dire ce que l’on fait ».
PRÉPARATION
Les deux pieds sont joints, le corps est droit, le poids bien au milieu, les deux bras détendus se placent naturellement de chaque côté du corps. Regarder loin devant soi, puis ramener doucement le regard à l’intérieur. Fermer les yeux. Détendre tout le corps.
Puis récitation des 8 phrases :
- Ding Tian Li Di (顶天立地) La tête touche le ciel, les pieds s’enfoncent dans la terre
- Xing Song Yi Chong (形松意充) Le corps est détendu, l’esprit calme
- Wai Jing Nei Jing (外敬内静) Respect à l’extérieur, sérénité à l’intérieur
- Xin Cheng Mao Gong (心诚貌恭) Cœur apaisé, humble d’apparence
- Yi Nian Bu Qi (一念不起) Vide de toutes pensées
- Shen Zhu Tai Kong (神注太空) Mon esprit part vers l’infini
- Shen Yi Zhao Ti (神意照体) Et revient à l’intérieur de moi
- Zhou Shen Rong Rong (周身融融) Tout mon corps est dans un état de bien-être
OUVERTURE
- Tourner les mains, presser les paumes vers le sol, les doigts vers l’avant.
- Pousser vers l’avant, tirer en arrière.
- Pousser, tirer, pousser, tirer (tui, la).
- Relâcher les poignets, les mains face à face, monter le ballon de Qi à hauteur du nombril, pointer le nombril.
- Relâcher les poignets, les paumes vers le bas, écarter par les côtés, passer derrière et pointer Mingmen.
- Monter les avant-bras sur les côtés, pointer les deux points Dabao.
- Étendre les bras devant, au niveau des épaules, pointer Yintang.
- Écarter les bras pour former une ligne au niveau des épaules.
- Les paumes vers le bas, puis vers le haut, monter les bras jusqu’au dessus de la tête en décrivant un arc de cercle, joindre les mains, s’étirer doucement.
- Ramener les mains jointes devant la poitrine.
MONTER PAR LES CÔTÉS EN PARTANT DU CENTRE
- Avancer les mains, doigts dirigés vers l’avant.
- Séparer les doigts, séparer les mains largeur des épaules, redresser les mains.
- Pousser vers l’avant, tirer vers l’intérieur, pousser, tirer, pousser, tirer (tui, shou).
- Pousser doucement en ouvrant un peu sur les côtés, ramener.
- Ouvrir, fermer, ouvrir, fermer (kai, he).
- Écarter les bras pour former une ligne au niveau des épaules.
- Pousser sur les côtés, tirer vers l’intérieur.
- Pousser, tirer, pousser, tirer (tui, shou).
- Faire monter verticalement, redescendre, monter, descendre, monter, descendre(qi, luo).
- Relâcher les poignets, tourner les paumes vers le haut et monter le Qi au dessus de la tête. Rester le temps d’une respiration complète et faire descendre le Qi dans le corps par le sommet du crâne.
- En relâchant les épaules, laisser les coudes descendre en continuant à guider le Qi à travers la tête, le cou, la poitrine jusqu’au nombril.
- Pointer le nombril avec le bout des majeurs, suivre le méridien ceinture, pointer le point Mingmen.
- Les deux mains descendent par l’arrière des cuisses, des mollets, passent sur les côtés des pieds et viennent se placer sur le dessus des pieds.
- Presser en descendant, tirer en remontant, presser, monter, presser, monter (an, qi).
- Séparer les mains et tirer le Qi de la terre en remontant par l’intérieur des jambes, jusqu’au nombril.
- Presser le nombril avec le bout des majeurs. Séparer les mains en les ramenant de chaque côté du corps.
MONTER AU CENTRE EN PARTANT DES CÔTÉS
- Monter les bras sur les côtés jusqu’à hauteur des épaules, les bras forment une ligne.
- Les mains sont verticales, paumes vers l’extérieur.
- Pousser sur les côtés, tirer vers l’intérieur.
- Pousser, tirer, pousser, tirer (tui, shou).
- Pousser doucement en ramenant un peu les mains vers l’avant, ouvrir vers l’arrière.
- Fermer, ouvrir, fermer, ouvrir (he, kai).
- Fermer les bras devant soi, largeur des épaules.
- Pousser vers l’avant, tirer vers l’intérieur, pousser, tirer, pousser, tirer (tui, shou).
- Faire monter verticalement, redescendre, monter, descendre, monter, descendre (qi, luo).
- Relâcher les poignets, tourner les paumes vers le haut et monter le Qi au dessus de la tête.
- Rester le temps d’une respiration complète et faire descendre le Qi dans le corps par le sommet du crâne.
- En relâchant les épaules, laisser les coudes descendre et diriger le Qi vers l’intérieur de la tête par le point Yintang.
- Presser ce point avec le bout des majeurs, puis, en suivant les sourcils, passer derrière la tête et presser les deux points Yuzhen.
- Descendre le long de la nuque et le haut du dos, si possible jusqu’au point Shenzhu.
- Passer les mains sur les épaules puis sous les aisselles et les ramener dans le dos, en se reconnectant avec le point du dos que l’on vient de quitter.
- Continuer de descendre jusqu’au point Mingmen, presser avec le bout des majeurs, suivre le méridien ceinture jusqu’au nombril, presser le nombril.
- Guider le Qi en descendant par l’intérieur des jambes, l’intérieur des pieds, puis placer les mains sur le dessus des pieds.
- Presser en descendant, tirer en remontant, presser, monter, presser, monter (an, qi).
- Séparer les mains et tirer le Qi de la terre en remontant par l’extérieur des pieds, l’arrière des talons, des jambes, jusqu’au point Mingmen, presser avec le bout des majeurs, suivre le méridien ceinture jusqu’au nombril, presser le nombril.
- Séparer les mains en les ramenant de chaque côté du corps.
MONTER EN DIAGONALE
1) Soulever le Qi (peng qi)
Monter les bras ouverts à 45° jusqu’à les placer au dessus de la tête, les mains dirigées vers le sommet du crâne.
Rester le temps d’une respiration complète et faire descendre le Qi dans le corps par le sommet du crâne.
En relâchant les épaules, laisser les mains descendre en passant devant les oreilles, jusqu’à les placer devant les épaules, les paumes dirigées vers l’avant.
2) Ramener le Qi (hui qi)
- Allonger le bras droit devant.
- Lorsqu’il est presque tendu, relâcher le poignet, tourner la paume vers la gauche.
- Tourner le buste et le bras vers la gauche en guidant le Qi.
- Lorsque le bras arrive à 90° par rapport à l’avant, toucher le point Zhongkui avec le bout du pouce.
- Continuer de pivoter, passer sur l’épaule et presser le point Qihu avec le bout du majeur. Allonger le bras gauche devant.
- Lorsqu’il est presque tendu, relâcher le poignet, tourner la paume vers la droite.
- Tourner le buste et le bras vers la droite en guidant le Qi.
- Lorsque le bras arrive à 90° par rapport à l’avant, toucher le point Zhongkui avec le bout du pouce.
- Continuer de pivoter, passer sur l’épaule et presser le point Qihu avec le bout du majeur.
- Effectuer trois respirations naturelles, presser en inspirant, relâcher en soufflant.
- Ouvrir et relâcher les mains, les amener en position « fleur de lotus », puis jointes devant la poitrine.
FERMETURE
- Monter les mains jointes jusqu’au dessus de la tête, s’étirer doucement.
- Séparer les doigts, séparer les mains et ouvrir les bras sur les côtés, les paumes vers l’avant, en décrivant un arc de cercle.
- Amener les bras au niveau des épaules, les bras forment presque une ligne.
- Puis tourner les paumes vers le haut et ramener les bras devant, largeur des épaules, en direction du point Yintang. Diriger le Qi vers ce point avec le bout des majeurs à distance.
- En descendant et en écartant les coudes, presser les deux points Dabao et envoyer le Qi dans la poitrine.
- Descendre et tourner les mains vers l’arrière, ouvrir par les côtés et graduellement tourner les mains vers l’avant en les ramenant face au Dantian.
- Transmettre l’énergie dans le ventre. Ramener les deux mains sur le nombril, les paumes l’une au dessus de l’autre (la gauche en premier pour les hommes, la droite pour les femmes).
- Rester un moment. Séparer les mains sur les côtés et ouvrir lentement les yeux…
Cette narration est à la fois descriptive et prescriptive : elle guide le pratiquant tout en créant l’intention et la conscience nécessaires à la circulation du Qi.
La respiration pendant cette 1ère méthode
L’absence d’indications respiratoires précises dans la première méthode (Peng Qi Guan Ding Fa – « Soulever et Verser le Qi ») est intentionnelle et repose sur plusieurs principes :
La respiration naturelle comme fondation
Pang He Ming privilégie la respiration naturelle spontanée dans cette première méthode car :
- Elle évite la tension mentale que créerait une coordination complexe respiration-mouvement pour les débutants
- Elle permet au pratiquant de se concentrer sur l’essentiel : l’ouverture du corps, la fluidité des mouvements et la connexion avec le Hunyuan Qi (le qi primordial)
- Le corps trouve naturellement son rythme respiratoire optimal en fonction de l’amplitude et de la lenteur des mouvements
La priorité au Yi (intention) sur la technique
Dans le Zhineng Qigong, le Yi (l’intention mentale) dirige le Qi, et le Qi dirige la forme. En imposant trop de contraintes techniques dès le début, on risque de :
- Disperser l’attention du pratiquant
- Créer des blocages par excès de contrôle
- Empêcher l’émergence d’un état de détente et d’unification corps-esprit
Une progression pédagogique
La première méthode pose les bases. Les coordinations respiratoires plus précises apparaissent progressivement dans les méthodes suivantes, quand le corps est déjà ouvert et que le pratiquant a développé sa sensibilité au Qi.
C’est donc une approche de simplification stratégique : moins de consignes techniques = plus d’espace pour l’expérience directe du Qi.
Comme on l’a précisé au début de cet article, rien n’empêche d’observer la respiration et de remarquer comment elle se place naturellement. On pourra aussi faire des essais expérimentaux. Par exemple : expirer en poussant le Qi interne par les paumes loin vers l’horizon, et inspirer quand on capte l’énergie externe… A chacun de moduler selon son inspiration, émergeant de l’expérience.
Nota : après cette 1ère méthode, il est proposé de pratiquer une posture statique : San Xin Bing Zhan Zhuang