Sommaire
- Une forme récente, issue de traditions beaucoup plus anciennes
- Pourquoi les 18 mouvements ne sont-ils pas exactement les mêmes partout ?
- Les noms eux-mêmes varient
- Une version couramment enseignée des 18 mouvements
- 1. Éveiller le Qi
- 2. Ouvrir la poitrine
- 3. Faire danser l'arc-en-ciel
- 4. Écarter les nuages
- 5. Repousser le singe
- 6. Ramer sur le lac
- 7. Tenir le ballon
- 8. Contempler la lune
- 9. Pousser les paumes
- 10. Caresser les nuages
- 11. Pêcher dans la mer et regarder l'arc-en-ciel
- 12. Repousser la vague
- 13. La colombe déploie ses ailes
- 14. Donner un coup de poing
- 15. L'oie sauvage vole
- 16. Faire tourner la grande roue du Dharma
- 17. Faire rebondir le ballon
- 18. Calmer et rassembler le Qi
- Quels sont réellement les effets thérapeutiques du Shibashi ?
- Une forme particulièrement intéressante pour apprendre le Qi Gong
- Pourquoi l'ordre peut-il également varier ?
- Une tradition vivante plutôt qu'une chorégraphie figée
- Les autres séries du Shibashi : la série 2 et l’évolution de la méthode
- La deuxième série : un Qi Gong plus proche du Taijiquan
- 1. Commencer la forme et réguler la respiration
- 2. Faire circuler le cycle céleste
- 3. Le vent fait onduler le saule
- 4. Chercher l’aiguille au fond de la mer
- 5. Le pêcheur lance son filet
- 6. L’immortel montre le chemin
- 7. L’enfant espiègle donne des coups de pied
- 8. La grue salue la lune
- 9. Le dragon jaune avance la paume
- 10. Tirer à l’arc pour viser l’aigle
- 11. Deux dragons sortent de la mer
- 12. Les vagues ondulent
- 13. Le lion joue avec la balle
- 14. Embrasser la lune
- 15. Le phénix déploie ses ailes
- 16. Les deux pics frappent les oreilles
- 17. Faire circuler le Qi dans le Dantian
- 18. Presser les paumes et apaiser le Qi
- Une frontière entre Qi Gong et Taijiquan
- Et après la série 2 ?
- Aide-mémoire pour la pratique
Le Taiji Qi Gong des 18 mouvements, souvent appelé Shibashi, est aujourd’hui l’une des formes de Qi Gong les plus pratiquées dans le monde. Sa simplicité apparente explique en grande partie son succès : les mouvements sont lents, amples, accessibles, coordonnés avec la respiration et généralement dépourvus de toute recherche de performance.
Mais son histoire est moins ancienne qu’on pourrait le croire.
Contrairement à certaines formes de Qi Gong issues de traditions anciennes, le Shibashi des 18 mouvements n’est pas une forme traditionnelle vieille de plusieurs siècles. Il a été créé en Chine à la fin des années 1970 par Lin Housheng (林厚省), praticien et enseignant de Qi Gong. La première série de 18 mouvements est généralement datée de 1979.
Lin Housheng s’est inspiré notamment de mouvements du Taijiquan, en particulier du courant Yang, qu’il a simplifiés et adaptés à une pratique de Qi Gong. Il a associé ces mouvements à la respiration, à la détente et au travail de l’attention.
Le résultat n’est donc ni exactement du Taijiquan, ni simplement une forme traditionnelle de Qi Gong : c’est une synthèse moderne entre les principes du Taijiquan et ceux du Qi Gong.
Une forme récente, issue de traditions beaucoup plus anciennes
Le mot Shibashi signifie simplement « dix-huit mouvements » ou « dix-huit formes ». Le terme ne désigne donc pas une tradition particulière en lui-même.
Ce qui est ancien, ce sont les sources dans lesquelles Lin Housheng a puisé : le Qi Gong chinois, les exercices de santé, la respiration, les principes du Yin-Yang, la médecine chinoise traditionnelle et le Taijiquan.
Ce qui est moderne, c’est leur assemblage particulier en une séquence de 18 mouvements.
Cette distinction est importante. On rencontre parfois des présentations du Shibashi laissant entendre qu’il s’agirait d’une forme taoïste ancienne transmise depuis des siècles. Ce n’est pas ce que permettent d’établir les sources historiques disponibles.
Lin Housheng a lui-même expliqué que sa méthode associait certains mouvements du Taijiquan à la respiration du Qi Gong. Il ne prétendait donc pas avoir retrouvé une forme ancienne oubliée : il proposait une nouvelle synthèse pédagogique.
La première série date de 1979. Lin Housheng a ensuite créé d’autres séries de 18 mouvements, notamment une deuxième et une troisième série au cours des années suivantes. Le terme « Shibashi » peut donc aujourd’hui désigner plusieurs ensembles différents.
Pourquoi les 18 mouvements ne sont-ils pas exactement les mêmes partout ?
C’est probablement le point le plus important à comprendre lorsqu’on commence à étudier le Shibashi.
Il n’existe pas aujourd’hui une unique version universelle, comparable par exemple à une partition musicale dont chaque geste serait fixé au détail près.
Au contraire, la transmission du Shibashi s’est faite à travers différents enseignants, pays, lignées et écoles. Des modifications ont progressivement été introduites.
Certaines écoles ont conservé très précisément la séquence transmise par leur enseignant. D’autres ont légèrement modifié certains mouvements pour les rendre plus accessibles. Certains enseignants ont changé l’amplitude, le déplacement des pieds ou la coordination avec la respiration. D’autres ont donné aux mouvements des noms différents.
Il existe également plusieurs traductions anglaises et françaises des noms chinois. Une même forme peut ainsi être appelée « ouvrir la poitrine », « ouvrir le cœur », « ouvrir les bras » ou encore « élargir la poitrine » selon les enseignants.
La situation est encore plus complexe lorsque l’on considère les différentes séries de Shibashi créées par Lin Housheng lui-même.
Il faut donc être prudent lorsqu’on affirme : « Voici les 18 mouvements officiels du Taiji Qi Gong. »
Il serait plus exact de dire : « Voici une version de la première série de Shibashi de Lin Housheng, telle qu’elle est enseignée dans telle ou telle lignée. »
Cette précision n’est pas seulement historique. Elle permet aussi de comprendre pourquoi deux professeurs peuvent enseigner un « Taiji Qi Gong des 18 mouvements » avec des gestes, des noms ou même un ordre légèrement différents sans que l’un des deux soit nécessairement dans l’erreur.
Les noms eux-mêmes varient
Les noms des mouvements sont souvent des traductions de descriptions imagées chinoises. Or une traduction n’est jamais parfaitement neutre.
Par exemple, le célèbre Yun Shou, mouvement très connu du Taijiquan, peut être traduit par :
- « Mains comme des nuages »
- « Jouer avec les nuages »
- « Faire circuler les mains comme des nuages »
- « Agiter les mains comme des nuages »
- Ici, nous l’avons traduit par « caresser les nuages », qui nous a paru évocateur de l’effet recherché.
Le geste reste reconnaissable, mais l’image mentale proposée au pratiquant change légèrement.
De même, « Repulse Monkey » peut être traduit littéralement par « repousser le singe », mais certains enseignants préfèrent parler de « reculer devant le singe » ou simplement de « rouler les bras ».
Cette diversité n’est pas un problème en soi. Dans le Qi Gong, le nom a une fonction pédagogique : il aide à donner une direction au mouvement et à l’attention. Il ne constitue pas nécessairement une définition anatomique ou médicale du geste.
Une version couramment enseignée des 18 mouvements
La liste qui suit correspond à la première série de Shibashi, dans une version couramment rencontrée. Elle doit être considérée comme une référence pédagogique et non comme une nomenclature absolument universelle.
1. Éveiller le Qi
Le pratiquant se tient debout, les pieds écartés à la largeur des épaules. Les bras montent lentement devant le corps puis redescendent.
Le mouvement permet d’entrer progressivement dans la pratique et de prendre conscience de la respiration et du centre.
Sur le plan corporel, il mobilise doucement les épaules et les bras et prépare le corps aux mouvements suivants.
Sur le plan énergétique traditionnel, il représente une mise en circulation initiale du Qi et un rassemblement de l’attention.
2. Ouvrir la poitrine
Les bras s’ouvrent progressivement sur les côtés avant de revenir vers l’avant.
Le mouvement donne une sensation d’espace dans la cage thoracique. Il mobilise les épaules, les omoplates et les côtes et peut favoriser une respiration plus ample.
Dans la tradition du Qi Gong, cette ouverture est souvent associée au Poumon et à la circulation du Qi dans la partie supérieure du corps.
Il est cependant préférable de ne pas comprendre cette correspondance comme une affirmation médicale : elle appartient au modèle énergétique de la médecine chinoise traditionnelle.
3. Faire danser l’arc-en-ciel
Les bras montent et dessinent un grand arc au-dessus de la tête tandis que le corps s’incline doucement d’un côté puis de l’autre.
Ce mouvement mobilise principalement les chaînes latérales du corps, la colonne et les épaules.
Il permet également d’expérimenter une relation intéressante entre stabilité et mobilité : les pieds restent enracinés tandis que le haut du corps se déploie.
4. Écarter les nuages
Les mains décrivent de grands mouvements circulaires comme si elles écartaient des nuages.
Le mouvement mobilise les épaules et la colonne et développe la coordination entre les deux côtés du corps.
L’image des nuages invite surtout à éviter la rigidité : les bras ne doivent pas être mécaniquement déplacés mais donner l’impression de flotter autour d’un centre stable.
Apprécier la poésie des noms proposés, y méditer pendant l’exercice, permet d’ajouter de l’émotion à la pratique, rendant celle-ci plus vibrante et donc plus opérante.
5. Repousser le singe
Les bras alternent dans un mouvement de recul et d’avancée accompagné d’une rotation douce du tronc.
Ce mouvement vient clairement du vocabulaire du Taijiquan.
Il sollicite la coordination entre les jambes, le bassin, la colonne et les bras. Il développe également l’équilibre dynamique et la mobilité de la colonne thoracique.
6. Ramer sur le lac
Les bras effectuent un mouvement comparable à celui d’un rameur.
Le geste mobilise les épaules, le dos et le bassin et peut être coordonné avec une flexion-extension douce des jambes.
L’intérêt essentiel réside dans la sensation d’un mouvement qui traverse l’ensemble du corps plutôt que dans l’action musculaire des bras.
7. Tenir le ballon
Les mains forment un cercle devant le corps comme si elles entouraient un ballon.
Le poids se déplace progressivement d’une jambe à l’autre.
Cette forme permet de travailler particulièrement la relation entre les mains, le bassin et les jambes.
Elle constitue également une bonne introduction à une notion fondamentale du Taijiquan et du Qi Gong : conserver une expansion douce du corps sans créer de tension musculaire inutile.
8. Contempler la lune
Le corps tourne progressivement sur le côté et le regard accompagne la rotation.
La colonne thoracique est mobilisée, ainsi que les épaules et les flancs.
Il est important de ne pas forcer la nuque : le regard accompagne naturellement la rotation du corps.
Traditionnellement, le mouvement est souvent associé à la circulation du Qi dans les flancs et au système énergétique du Foie.
9. Pousser les paumes
Une paume se dirige progressivement vers l’avant tandis que le corps accompagne le geste.
Le mouvement donne une expérience très intéressante de la transmission de la force depuis les pieds, à travers les jambes et le bassin, jusqu’à la main.
Dans le Taijiquan, cette organisation du corps constitue un principe fondamental : le bras ne fonctionne pas isolément.
Dans le Qi Gong, la recherche est cependant beaucoup plus douce et moins martiale.
10. Caresser les nuages
Les mains décrivent alternativement des cercles devant le visage et le thorax tandis que le poids se déplace latéralement.
Il s’agit de Yun Shou, l’un des mouvements les plus célèbres du Taijiquan.
Dans le Shibashi, il est généralement simplifié par rapport aux formes martiales.
Ce mouvement est particulièrement intéressant pour développer la fluidité, la coordination, le relâchement des épaules et la sensation d’un mouvement initié par le centre.
11. Pêcher dans la mer et regarder l’arc-en-ciel
Les mains descendent comme pour puiser quelque chose dans l’eau puis remontent progressivement vers le ciel.
Le corps accompagne le mouvement dans une alternance de flexion et d’extension.
Cette forme permet de ressentir très clairement la relation entre le bas et le haut du corps, entre la Terre et le Ciel dans le vocabulaire traditionnel du Qi Gong.
Elle mobilise notamment les hanches, la colonne et les épaules.
12. Repousser la vague
Les mains avancent progressivement comme si elles repoussaient une vague.
Le poids se déplace avec le mouvement et les jambes accompagnent doucement l’action.
Cette forme développe la coordination entre les jambes, le bassin et les bras et permet de travailler l’équilibre dynamique.
Elle peut également être vécue comme une alternance entre recevoir et repousser : le corps accueille le mouvement puis le restitue.
13. La colombe déploie ses ailes
Les bras s’ouvrent largement avant de revenir.
La cage thoracique et les épaules sont mobilisées et la respiration peut naturellement s’élargir.
La tradition énergétique associe souvent ce mouvement au Poumon et à l’ouverture du thorax.
Sur le plan physiologique, il est plus raisonnable de parler de mobilisation de la cage thoracique et de la ceinture scapulaire que de prétendre « traiter les poumons ».
14. Donner un coup de poing
Les poings se dirigent alternativement vers l’avant.
Le mouvement est très différent d’un coup de poing sportif : il n’y a ni vitesse ni impact.
L’objectif est de coordonner le geste avec le centre du corps et de conserver une extension souple.
Cette forme introduit une dimension intéressante du Taijiquan : la possibilité de mobiliser une intention de puissance sans créer de tension excessive.
15. L’oie sauvage vole
Les bras montent et descendent comme des ailes.
Les jambes accompagnent le mouvement par de petites flexions et extensions.
La forme mobilise les épaules, les jambes et la colonne et peut augmenter légèrement l’activité cardiovasculaire.
Elle donne également une sensation de légèreté et d’expansion particulièrement intéressante dans une pratique destinée à développer la vitalité.
16. Faire tourner la grande roue du Dharma
Les bras décrivent de grands cercles.
Le mouvement implique progressivement les épaules, la colonne et le bassin.
Il est particulièrement intéressant pour travailler la notion de mouvement global : plutôt que de faire tourner seulement les bras, on laisse le mouvement se propager à travers tout le corps.
17. Faire rebondir le ballon
Le mouvement associe les bras à un déplacement des pieds.
Le poids passe alternativement d’une jambe à l’autre.
Cette forme sollicite davantage l’équilibre dynamique, la coordination et la proprioception.
Elle constitue une transition intéressante entre le Qi Gong immobile et une pratique plus dynamique.
18. Calmer et rassembler le Qi
Les mains reviennent progressivement vers le centre puis descendent vers le Dantian.
Le mouvement ralentit jusqu’à l’immobilité.
Cette dernière étape permet d’intégrer la pratique et de revenir à un état de calme.
Dans la tradition du Qi Gong, on parle souvent de « ramener le Qi au Dantian ». Sur un plan plus général, on peut simplement comprendre cette phase comme une transition entre l’activité corporelle et le repos conscient.
Quels sont réellement les effets thérapeutiques du Shibashi ?
Le terme « thérapeutique » mérite ici une certaine prudence.
Le Qi Gong traditionnel attribue aux mouvements des effets sur la circulation du Qi, les méridiens et différents systèmes fonctionnels. Ces correspondances font partie d’un modèle traditionnel cohérent, mais elles ne doivent pas être présentées comme des équivalences médicales scientifiquement démontrées.
Les données scientifiques disponibles sur le Qi Gong sont davantage compatibles avec une approche globale : pratique douce, activité physique, respiration, attention et relaxation peuvent contribuer à améliorer certains paramètres de santé et de bien-être.
On peut notamment raisonnablement rechercher :
- une amélioration de la mobilité ;
- un meilleur équilibre et une meilleure proprioception ;
- une diminution des tensions musculaires ;
- une amélioration de la conscience corporelle ;
- une régulation de la respiration ;
- une réduction du stress perçu ;
- une amélioration de certains paramètres liés à l’équilibre psychophysiologique ;
- une activité physique douce adaptée à des personnes qui ne souhaitent pas pratiquer un exercice intense.
Le terme « effet thérapeutique » devrait donc être utilisé avec précaution. Le Shibashi peut être une pratique de santé et de prévention, et il peut accompagner certaines prises en charge, mais il ne remplace pas un diagnostic ou un traitement médical.
Une forme particulièrement intéressante pour apprendre le Qi Gong
Ce qui fait la richesse du Shibashi n’est finalement peut-être pas la liste des 18 mouvements.
C’est la manière dont ces mouvements permettent de découvrir progressivement les principes fondamentaux du Qi Gong.
- On commence par se mettre en mouvement sans forcer.
- On apprend ensuite à coordonner respiration et mouvement.
- Puis apparaît le transfert du poids, la relation entre les pieds et les mains, la mobilité de la colonne, la détente des épaules et le rôle du bassin.
- Progressivement, le pratiquant découvre qu’il peut bouger beaucoup sans utiliser beaucoup de force.
C’est là que le Shibashi rejoint profondément certains principes du Taijiquan : relâcher sans s’effondrer, être stable sans se rigidifier, laisser le mouvement partir du centre plutôt que des extrémités, et maintenir une continuité entre l’intérieur et l’extérieur.
La même séquence peut ainsi être pratiquée à plusieurs niveaux.
- Un débutant apprend les gestes.
- Un pratiquant régulier affine la respiration et la coordination.
- Un pratiquant plus expérimenté travaille le relâchement, le centre, la continuité et la qualité d’attention.
La chorégraphie reste la même, mais l’expérience du mouvement change complètement.
Pourquoi l’ordre peut-il également varier ?
C’est une autre particularité de la transmission du Shibashi.
L’ordre présenté dans un cours n’est pas nécessairement identique à celui d’un autre enseignant. Cela peut provenir d’une variante de transmission, d’une adaptation pédagogique (ou d’une confusion entre différentes versions). Tout cela n’est pas bien grave…
Il faut également tenir compte du fait que les séries ultérieures de Lin Housheng comportent elles aussi 18 mouvements.
Il n’est donc pas toujours pertinent de comparer deux listes en considérant que toute différence constitue une erreur.
Pour identifier précisément une forme, il faudrait toujours préciser : la série concernée, la lignée ou l’enseignant, et éventuellement la source utilisée.
C’est particulièrement important aujourd’hui, car le Shibashi s’est largement diffusé hors de Chine et a été transmis par de nombreux enseignants qui ont parfois adapté les mouvements à leur propre pédagogie.
Une tradition vivante plutôt qu’une chorégraphie figée
Cette diversité peut être perçue comme une faiblesse si l’on recherche une forme absolument standardisée.
Heureusement, elle peut aussi être comprise autrement.
Le Qi Gong est une tradition corporelle qui s’est toujours transmise par la pratique, de maître à élève, avec des adaptations, des interprétations et des variations.
Le Shibashi est lui-même un exemple particulièrement probant de cette capacité d’adaptation : une création moderne de Lin Housheng, construite à partir de matériaux traditionnels, puis transformée et diffusée par de nombreuses écoles.
Il est donc parfaitement possible de respecter la tradition tout en reconnaissant que la tradition elle-même n’est jamais une chose figée.
Lorsque l’on enseigne les 18 mouvements, le plus important n’est peut-être pas que chaque élève reproduise exactement l’angle du bras ou la trajectoire de la main.
C’est plutôt qu’il découvre progressivement une autre manière de bouger : plus lente, plus consciente, plus relâchée, plus reliée au souffle et au centre. Les exercices étant faciles, on peut se concentrer sur la fluidité, et prendre beaucoup de plaisir sans trop de technicité.
Et c’est probablement là que le Shibashi rejoint le mieux l’esprit du Qi Gong : le mouvement extérieur devient progressivement un moyen d’affiner la relation que nous entretenons avec notre propre corps, notre respiration et notre attention.
Les autres séries du Shibashi : la série 2 et l’évolution de la méthode
La première série du Shibashi, créée par Lin Housheng en 1979, est aujourd’hui la plus connue. Mais elle n’est que la première étape d’un travail beaucoup plus vaste. Lin Housheng a ensuite élaboré plusieurs autres séries de 18 mouvements. Selon la présentation de son site officiel, il en a créé six, soit 108 mouvements au total. La deuxième série était disponible en 1988 ; les suivantes sont apparues dans les années 1990 et au début du XXIe siècle.
Cette multiplication des séries est importante pour comprendre le Shibashi. Il ne s’agit pas d’une forme ancienne transmise depuis des siècles, mais d’une méthode contemporaine, progressivement enrichie par son créateur. Lin Housheng explique lui-même que la première série repose sur certains mouvements de Taijiquan associés à la respiration du Qi Gong. Il a repris certains gestes du Taijiquan en les simplifiant afin d’en faire une pratique lente, douce et accessible.
La deuxième série permet de voir plus nettement cette filiation.
La deuxième série : un Qi Gong plus proche du Taijiquan
La série 2, généralement datée de 1988, conserve les caractéristiques fondamentales du Shibashi : lenteur, continuité, respiration, relâchement et coordination globale. Mais elle introduit davantage de déplacements du poids, de travail des jambes, de rotations et de changements d’équilibre.
Plusieurs mouvements évoquent directement le vocabulaire du Taijiquan. D’autres proviennent de traditions de Qi Gong, notamment des Ba Duan Jin. La série n’est donc pas du Taijiquan simplifié : elle utilise certains de ses principes et de ses formes pour construire une pratique de Qi Gong.
Cette distinction est essentielle. Un mouvement peut conserver une structure martiale tout en étant pratiqué sans intention de combat. C’est précisément ce qui fait l’originalité du Shibashi.
1. Commencer la forme et réguler la respiration
起势调息 — Qǐshì Tiáoxī — Commencing Form and Regulating Breathing
Le premier mouvement installe la posture, coordonne les bras et la respiration et introduit progressivement l’attention au corps. Comme dans la première série, il constitue moins une technique particulière qu’une entrée dans la pratique.
2. Faire circuler le cycle céleste
运转周天 — Yùnzhuǎn Zhōutiān — Circulating the Heavenly Cycle
Le mouvement organise une circulation globale du corps et de l’attention. Le terme Zhou Tian, « cycle céleste », appartient au vocabulaire traditionnel du Qi Gong et renvoie à une conception énergétique de la circulation du Qi. Il est préférable de le présenter comme un modèle traditionnel plutôt que comme une description anatomique.
3. Le vent fait onduler le saule
风摆杨柳 — Fēng Bǎi Yángliǔ — Breeze Blowing at the Willow Tree
Le corps se balance avec souplesse, les bras accompagnant le mouvement. L’image du saule traduit bien le principe recherché : rester mobile sans se raidir. Ce travail développe la mobilité de la colonne, du bassin et des chaînes latérales.
On peut y reconnaître un principe commun au Qi Gong et au Taijiquan : ne pas opposer inutilement la rigidité à la force, mais conserver une organisation corporelle souple.
4. Chercher l’aiguille au fond de la mer
海底探针 — Hǎidǐ Tànzhēn — Detecting the Needle in the Sea
Le pratiquant descend vers l’avant en accompagnant le mouvement d’une main. Le geste correspond clairement à un motif bien connu du Taijiquan, généralement traduit par « Needle at Sea Bottom ». Lin Housheng a précisément expliqué qu’il avait repris certains gestes du Taijiquan pour les transformer en exercices de Qi Gong.
La forme conserve donc une structure martiale identifiable, mais son exécution lente déplace l’attention vers l’équilibre, la mobilité des hanches et la coordination.
5. Le pêcheur lance son filet
渔翁撒网 — Yúwēng Sā Wǎng — Fisherman Casting the Fishing Net
Les bras décrivent une grande ouverture circulaire soutenue par le mouvement du bassin et du tronc. L’image du filet évoque l’expansion et la capacité à englober l’espace.
Une application martiale peut être imaginée en termes de saisie, de séparation ou de contrôle, mais il vaut mieux parler ici d’une lecture possible du mouvement plutôt que d’une application historiquement établie.
6. L’immortel montre le chemin
仙人指路 — Xiānrén Zhǐlù — Fairy Directing the Way
Une main indique une direction tandis que le corps accompagne le geste. L’exercice développe la coordination entre regard, main, tronc et bassin et donne une forme concrète au principe d’intention.
Une poussée ou une frappe de paume peut fournir une lecture martiale du geste, mais ce n’est pas nécessaire pour comprendre sa fonction dans le Qi Gong.
7. L’enfant espiègle donne des coups de pied
顽童蹬腿 — Wántóng Dēngtuǐ — Mischievous Boy Kicking His Legs
Le pratiquant élève et étend alternativement les jambes. L’intérêt principal est l’équilibre et la coordination, mais la structure évoque aussi très directement un coup de pied frontal.
C’est un bon exemple d’un mouvement dont la forme peut être martiale sans que sa pratique le soit. L’absence de vitesse et d’impact transforme ici le geste en travail d’équilibre et de contrôle moteur.
8. La grue salue la lune
仙鹤拜月 — Xiānhè Bàiyuè — Stork Praying at the Moon
Le corps descend et remonte tandis que les bras accompagnent le mouvement. La grue représente traditionnellement la légèreté et l’équilibre ; la descente sollicite au contraire l’enracinement et les jambes.
L’exercice est donc particulièrement intéressant pour le travail de stabilité et de transfert du poids.
9. Le dragon jaune avance la paume
黄龙探掌 — Huánglóng Tànzhǎng — Yellow Dragon Probing the Palm
La main avance depuis une organisation corporelle impliquant le bassin et les jambes. Le mouvement illustre le principe selon lequel la main ne travaille pas seule : elle est reliée au centre et à l’ensemble du corps.
La forme peut être interprétée comme une poussée de paume ou une action de contrôle, mais son intérêt dans le Shibashi est d’abord la coordination entre centre et périphérie.
10. Tirer à l’arc pour viser l’aigle
拉弓射雕 — Lāgōng Shèdiāo — Shooting the Arrow
Les deux bras s’opposent comme pour tendre un arc. Le mouvement ouvre la poitrine et organise les deux côtés du corps dans une action complémentaire.
Il rappelle très nettement le mouvement des Ba Duan Jin « Tirer à l’arc pour viser l’aigle ». Le Shibashi montre ici qu’il ne s’inspire pas uniquement du Taijiquan, mais puise aussi dans d’autres traditions de Qi Gong.
11. Deux dragons sortent de la mer
双龙出海 — Shuānglóng Chūhǎi — Two Dragons Going Out to Sea
Les deux bras se déploient avec la participation du tronc et du bassin. Le mouvement donne une sensation d’expansion à partir du centre.
Une lecture martiale en termes de double poussée ou de séparation est possible, mais l’image des deux dragons suffit à comprendre la qualité recherchée : ouverture, extension et continuité.
12. Les vagues ondulent
碧波荡漾 — Bìbō Dàngyàng — The Waves Lapping or Rolling
Le poids se déplace tandis que le corps et les bras produisent une ondulation continue. C’est l’un des mouvements les plus intéressants pour expérimenter la transmission du mouvement à travers les pieds, les jambes, le bassin et la colonne.
Dans une lecture inspirée du Taijiquan, cette continuité peut évoquer la capacité à recevoir, absorber et restituer une force. Mais cette interprétation relève de la pratique martiale et non de l’origine nécessairement documentée du mouvement.
13. Le lion joue avec la balle
狮子戏球 — Shīzi Xìqiú — The Lion Playing with the Ball
Les mains entourent une sphère imaginaire et accompagnent les rotations du corps. Le mouvement développe la perception du volume autour du corps et la relation entre les mains et le centre.
La forme circulaire rappelle certains principes de contrôle et d’enveloppement du Taijiquan, sans qu’il soit nécessaire de lui attribuer une application martiale précise.
14. Embrasser la lune
怀中抱月 — Huáizhōng Bàoyuè — Carrying the Moon Towards Your Body
Les bras entourent un espace devant la poitrine comme s’ils contenaient une sphère. Le geste rassemble et stabilise le corps autour du centre.
On peut rapprocher cette organisation du principe de Peng du Taijiquan : une expansion élastique qui ne repose pas sur la tension musculaire. Il s’agit cependant d’une analogie de structure, pas d’une identité entre les deux pratiques.
15. Le phénix déploie ses ailes
凤凰展翅 — Fènghuáng Zhǎnchì — Phoenix Spreading Its Wings
Les bras s’ouvrent largement et mobilisent les épaules, les omoplates et la cage thoracique. Le mouvement privilégie l’expansion et la légèreté.
Des applications de séparation ou de déviation peuvent être imaginées, mais elles ne sont pas indispensables à la compréhension de la forme.
16. Les deux pics frappent les oreilles
双峰贯耳 — Shuāngfēng Guàn’ěr — Two Mountain Peaks Facing the Ears
C’est l’un des mouvements les plus nettement associés au Taijiquan. Dans les formes martiales, les deux mains ou poings peuvent frapper simultanément les côtés de la tête.
Dans le Shibashi, la vitesse et l’impact disparaissent au profit de la coordination, de l’axe et de la continuité.
Le geste illustre parfaitement la transformation opérée par Lin Housheng : conserver la structure d’un mouvement tout en changeant son intention et sa fonction.
17. Faire circuler le Qi dans le Dantian
丹田运气 — Dāntián Yùnqì — Expanding and Contracting Abdominal Muscle for Energy
Les mains accompagnent la région abdominale et ramènent l’attention vers le Dantian inférieur.
Nous sommes ici dans le vocabulaire proprement énergétique du Qi Gong. Le Dantian est traditionnellement considéré comme un centre essentiel de régulation et de transformation du Qi.
Dans une lecture contemporaine, on peut plutôt parler d’attention portée à la région abdominale, de respiration centrée sur le diaphragme, de relâchement et de perception intéroceptive.
18. Presser les paumes et apaiser le Qi
按掌平气 — Ànzhǎng Píngqì — Pressing the Palms in Calmness
Le mouvement ralentit progressivement jusqu’à la fermeture de la série. Les bras redescendent, la respiration se calme et l’activité motrice décroît.
Comme dans la première série, cette conclusion donne au pratiquant le temps d’intégrer les effets de la pratique et de revenir à l’immobilité.
Une frontière entre Qi Gong et Taijiquan
La série 2 montre particulièrement bien la logique du Shibashi. Lin Housheng n’a pas créé une version simplifiée du Taijiquan. Il a prélevé dans celui-ci certaines structures corporelles et certains gestes, puis les a réorganisés dans une pratique dont la finalité reste le Qi Gong. Il a procédé de la même manière avec d’autres sources, notamment les Ba Duan Jin.
C’est pourquoi il serait réducteur de chercher une application martiale à chaque mouvement. Certains gestes ont une filiation martiale identifiable ; d’autres utilisent simplement un imaginaire ou une logique corporelle commune aux arts internes.
La série 2 devient ainsi particulièrement intéressante pour le pratiquant de Taiji Qi Gong : elle permet de sentir la mécanique du Taijiquan sans entrer dans le combat. Une poussée devient une étude de l’axe et du transfert du poids ; un coup de pied devient un travail d’équilibre ; une structure de frappe devient un exercice de coordination.
Le geste martial n’est donc pas supprimé. Il est réorienté dans son intention.
Et après la série 2 ?
La série 3 poursuit cette évolution avec des mouvements tels que « Stretch to the Sky », « Blossoming Lotus », « Point to Needle at the Bottom of the Sea », « Thrust the Fist with Inner Power », « Part the Wild Horse’s Mane » ou « Massage Dantian ». Les séries ultérieures accentuent encore cette diversité. La documentation officielle de Lin Housheng présente notamment, dans les séries 5 à 8, des mouvements tels que « Cloud Hands and Single Whip », « Golden Cock Standing on One Foot », « Brushing Knee and Pushing Palm », « Two Peaks Striking » ou encore « Grasp Bird’s Tail ».
La progression n’est donc pas celle d’un cursus allant simplement du « facile » au « difficile ». Elle correspond plutôt à un élargissement du vocabulaire corporel : davantage de déplacements, d’équilibre, de rotations, de structures issues du Taijiquan et de combinaisons entre différents exercices traditionnels.
C’est ce qui fait du Shibashi une méthode particulièrement intéressante à étudier : derrière le nom générique de « 18 mouvements » se trouve en réalité un ensemble évolutif de formes contemporaines, construit par Lin Housheng à partir de plusieurs traditions chinoises et progressivement enrichi au fil des décennies. Le site officiel propose d’ailleurs aujourd’hui des manuels et des supports vidéo distincts pour les séries 1 à 8, ce qui confirme qu’il ne s’agit pas de simples variantes locales d’une même forme.
Aide-mémoire pour la pratique
| N° et nom | Consignes | Effets |
| 1. Éveil du Qi (Un Yin un Yang) | Debout, pieds écartés à la largeur des épaules, poids au centre, colonne droite, épaules relâchées. Inspirer en levant lentement les bras à hauteur d’épaules, paumes vers le bas. Expirer en descendant, dos droit, bassin relâché, genoux légèrement fléchis (environ 150°) sans dépasser les orteils, les paumes pressant vers le Dan Tien. | Favorise la détente du corps et le calme de l’esprit. Soutient les reins et soulage l’inconfort des genoux. Contribue à la régulation de la tension artérielle. Dans la tradition chinoise, agit sur le triple réchauffeur et le méridien du Foie (apaisement de la colère et de la frustration). |
| 2. Ouvrir la poitrine (Le Phoenix ouvre ses ailes ) | Prolonger la montée des bras, paumes vers le bas, en redressant les genoux. À hauteur de poitrine, paumes face à face, ouvrir les bras de chaque côté (inspirer). Ramener les mains devant la poitrine, tourner les paumes vers le bas, relâcher le bassin et descendre en pressant (expirer). Attention portée au Lao Gong (creux de la main). | Favorise une respiration plus ample et l’oxygénation. Soutient le cœur et les poumons. Associé aux méridiens du poumon et du gros intestin. Procure une sensation d’ouverture et de joie, aide à relâcher la fatigue mentale et favorise le sommeil. |
| 3. Brandir l’arc-en-ciel (ou « Prendre le soleil et la lune« ) | Bras au-dessus de la tête, poids sur le pied droit (genou droit légèrement fléchi), bras droit en haut, bras gauche horizontal, paumes face à face en demi-cercle (inspirer). Revenir au centre, puis balancer vers la gauche en inversant (expirer). Enchaîner 6 fois de chaque côté, en continu, pieds enracinés. | Contribue à l’équilibre de la tension artérielle et soutient le cœur. Favorise la digestion et soulage les tensions des épaules et de la tête. Affine la taille et renforce la vitalité générale. Associé à l’énergie de la rate et de l’estomac. |
| 4. Écarter les nuages | Pieds écartés largeur des épaules, séparer les bras vers l’extérieur en descendant, croiser les mains au Dan Tien, puis inspirer et tourner les paumes et lever les bras en redressant les jambes. Redescendre les bras de chaque côté en fléchissant les genoux et en expirant. | Développe les muscles du bassin et des jambes. Soutient le cœur, les poumons et les reins. Peut aider à atténuer vertiges et souffle court. Stimule la vitalité et l’oxygénation de la tête. Détend le dos, les épaules et les cervicales. |
| 5. Repousser le singe | Pieds écartés largeur des épaules. Pousser la main gauche vers l’avant, le bras droit trace un cercle de bas en haut, taille pivotée vers la droite, regard sur la main arrière (inspirer). Glisser la main gauche paume vers le haut vers la poitrine, la main droite part de l’oreille et pousse vers l’avant (expirer). Alterner les côtés. | Relâche les tensions de la poitrine, du haut du dos et des épaules. Soutient la respiration et peut soulager la gêne bronchique. Aide à diminuer la fatigue musculaire et les maux de tête. Associé aux méridiens du foie et de la vésicule biliaire. |
| 6. Ramer au milieu du lac | Mains au milieu de la poitrine, paumes vers le sol. Presser vers le bas en relâchant le bassin (expirer). En redressant les jambes, les bras tracent un grand cercle vers l’arrière, paumes vers le haut (inspirer). | Soulage les tensions de la taille et des jambes. Soutient le système digestif. Étire le haut du dos et les épaules, renforce doucement le bas du dos. Associé aux méridiens de la vessie et des reins. |
| 7. Lever la balle à l’épaule | Poids sur le pied gauche, la main droite paume vers le haut monte vers l’épaule gauche, orteils droits pressant, talon soulevé (inspirer) ; la main revient (expirer). Alterner de l’autre côté. Suivre les mains du regard, synchroniser souffle et mouvement. Sensation : jouer à la balle comme un enfant. | Contribue à calmer les nerfs et à réduire le stress. Favorise un sommeil reposant, l’équilibre intérieur et la confiance. Soutient la circulation (varices) et la tonicité des organes. Associé au méridien de la rate. |
| 8. Se tourner pour regarder la lune | Pieds écartés largeur des épaules. Porter les bras vers l’arrière gauche, taille tournée, regarder la lune (inspirer) ; revenir au centre en relâchant le bassin (expirer). Même chose à droite. Tourner le plus possible, pieds bien enracinés. | Active la circulation au niveau de la taille et soutient la digestion. Aide à relâcher les tensions lombaires, des hanches et du dos. Associé à la rate, aux reins et à l’intestin grêle. |
| 9. Pousser les paumes (« le Dragon. noir pousse la porte ») | Pieds écartés largeur des épaules. mains à la taille paumes vers le haut. Tirer le coude gauche vers l’arrière (le corps tourne à gauche) et pousser la main droite vers le côté gauche (expirer) ; ramener à la taille (inspirer). Alterner à droite. Doigts vers le haut, une main pousse, l’autre tire. | Favorise la circulation du sang et de l’oxygène jusqu’aux extrémités. Soutient la rate, l’estomac et le transit. Renforce le psoas et aide à soulager les douleurs lombaires et sciatiques. Améliore la résistance du corps. |
| 10. Caresser les nuages | Pieds écartés largeur des épaules (ou position 60×40 pieds ouverts à 45°), Transfert du poids en changeant de côté : tourner la paume gauche vers l’intérieur à hauteur des yeux, inspirer en tournant la taille à gauche, tout le corps suit, la paume droite presse vers le bas. Inverser les polarités des mains: paume gauche vers le bas, paume droite en haut, rotation à droite en transférant le poids (expirer). Corps et esprit fusionnent, légèreté | Contribue à apaiser l’esprit en relaxant les yeux. Stimule la circulation du sang et de l’énergie. Peut soulager les inconforts digestifs et articulaires. Favorise la détente nerveuse. |
| 11. Pêcher dans le lac et observer l‘arc en ciel | Avancer le pied gauche en position de l’archer, tracer un cercle vers le bas avec les bras, pencher le buste, croiser les paumes vers les genoux. Se redresser doucement, bras levés paumes face à face, dos étiré (inspirer). Redescendre en cercle, mains croisées aux genoux (expirer). Alterner les jambes. | Favorise la joie en stimulant l’énergie de la poitrine. Renforce taille, cuisses, reins et poumons. Soutient la circulation et l’équilibre du système nerveux. Associé aux méridiens du cœur et des poumons. |
| 12. Repousser et tirer la vague | Position de l’archer, jambe gauche devant, bras levés paumes vers l’avant. S’asseoir sur la jambe arrière, orteils avant levés, paumes pressant vers le bas (inspirer). Pousser les paumes vers l’avant et le haut en transférant le poids sur la jambe avant, talon arrière soulevé (expirer). Alterner les côtés. | Unifie corps et esprit, aide à dissoudre les tensions physiques et psychologiques. Renforce l’enracinement, la taille et les jambes. Soutient les genoux, la tension artérielle et la régularité du souffle. |
| 13. Le pigeon déploie ses ailes | Jambe gauche devant, bras à hauteur de poitrine, paumes face à face. Ouvrir grand les bras en reculant le poids sur la jambe droite, orteils avant levés (inspirer). Avancer le poids sur la jambe gauche, talon arrière soulevé, et refermer les bras devant la poitrine (expirer). Alterner les côtés. | Ouvre et détend la poitrine et les poumons. Aide à alléger le sentiment de tristesse. Relâche les tensions du dos et de la poitrine. Soutient la digestion et le foie. |
| 14. Jouer avec les poings | Pieds écartés largeur des épaules (ou position du cavalier), poings fermés à la taille, pouces vers l’extérieur (inspirer). Frapper en avant avec le poing droit (expirer), ramener à la taille (inspirer), puis poing gauche. Le poing pivote pendant le coup (pouces vers l’intérieur). | Contribue à relâcher la tension mentale, le stress et la colère. Stimule la circulation dans les bras et la capacité respiratoire. Développe la force interne et soutient le transit. |
| 15. L’envol de l’oie sauvage | Expirer les bras en bas, puis les remonter en cercle. Étirer le corps et soulever les talons en inspirant ; redescendre doucement, corps droit, en expirant. Poignets et articulations souples. Intention : libre comme l’oiseau dans le ciel. | Favorise la circulation de l’énergie dans le haut du corps. Soutient les reins et la rate, contribue à l’équilibre de la tension artérielle. Aide à relâcher les tensions physiques et émotionnelles. |
| 16. Faire tourner la grande roue du Dharma | Pieds écartés largeur des épaules (ou position du cavalier), Tourner à gauche en inspirant, tourner à droite en expirant en relâchant. Tourner avec la taille, sans laisser tomber la tête, lentement comme une roue. | Développe la mobilité de la taille et de l’abdomen, soulage les lombaires et les épaules raides. Active la circulation et la vitalité. Associé au foie et à la vessie. Prudence en cas d’hypertension. |
| 17. Lancer et attraper la balle au bond | Lever la main droite et le pied gauche (inspirer), puis alterner : main gauche, pied droit (expirer). Après avoir posé le pied, faire un second rebond avec la main avancée. Intention : jouer avec plaisir. | Contribue à apaiser la tension mentale et la fatigue. Améliore la coordination, l’équilibre et la souplesse des bras et des pieds. Favorise l’harmonie entre les deux hémisphères. |
| 18. Apaiser le Qi (et le ramener au Dan Tian inférieur) | Paumes vers le haut, corps en extension jusqu’à hauteur du nez (inspirer), puis presser les paumes vers le bas en se détendant (expirer). Répéter. Intention : calmer le cœur et pacifier l’esprit pour terminer la séance. | Apaise et équilibre l’énergie globale (souffle, sang, énergie). Permet de ramener le Qi dans le Dan Tien. Favorise le calme cardiaque et le confort digestif. |
Les effets décrits relèvent de la tradition du Qi Gong (et ne remplacent pas un avis médical… évidemment !)
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