Developpement interieur 19 septembre 2026

Accepter la douleur pour éviter la souffrance inutile

toc-list

Sommaire

A l’évidence, il y a deux sortes de souffrance. Tout un chacun peut en faire chacun l’expérience directe :

  • La première est incontournable, inévitable, inhérente à la dualité
  • La seconde des deux sortes de souffrance vient du fait que l’on cherche en vain à éviter la première…

A Retenir

  • Il existe deux sortes de souffrance : la douleur inévitable et la souffrance psychologique optionnelle.
  • La souffrance psychologique naît du refus de la réalité et de la résistance à ce qui est.
  • Reconnaître et dissocier douleur et souffrance permet d’accéder à plus de paix intérieure.
  • Le coaching aide à traverser la souffrance superflue en proposant un espace d’accueil et de tranquillité.
  • Accepter la douleur inévitable sans y ajouter de récits mentaux facilite la résilience et l’équilibre.
  • Observer objectivement ses sensations aide à se désidentifier de la souffrance et à retrouver de l’énergie.

Quand l’inévitable frappe à la porte

Nous vivons tous, sans exception, au cœur d’une réalité marquée par la dualité, la limite et la finitude. De notre corps périssable à notre personnage social éphémère, tout ce qui compose notre expérience semble soumis aux lois de la naissance, de la croissance, du déclin et de la dissolution.

Face à cette inéluctabilité, l’humain réagit souvent par la souffrance

Non pas la douleur première, inhérente à la vie, mais une souffrance bien plus insidieuse, celle que nous créons nous-mêmes en luttant contre ce qui est.

Cet article explore cette distinction fondamentale entre la douleur inévitable et la souffrance psychologique superflue, un combat que nous menons souvent à notre insu. En comprenant ce mécanisme, nous découvrons un chemin vers une paix intérieure (voir notre article sur : « Les faux problèmes« )

Un combat perdu d’avance

Vous serez probablement tous d’accord pour admettre que nous faisons tous sans exception l’expérience de la limite et des contraintes liées à la dualité de l’existence.

Etes vous Absolu ? Evidemment pas !

Donc dans le monde, tout ce que l’on voit semble limité et périssable, du plus petit au plus grand. C’est ainsi :

  • Votre corps n »est pas absolu, il est né, il croit, se développe, vieillit, subit des agressions diverses de son environnement, et finit par mourir.
  • Votre personnage social, c’est-à-dire la représentation que les autres et vous-même vous faites de vous-même, lui non plus n’est pas absolu. Il s’inscrit dans la dualité, il a un début et une fin. avant la naissance de votre corps, on ne parlait pas de vous. Et après sa dissolution, on n’en parlera plus très longtemps non plus… Il cessera d’exister dès que vous ne le nourrirez plus.

Au-delà des apparences

Quant à vous, ce que vous êtes vraiment, au-delà des apparences, personne ne peut rien en dire, sauf à le restreindre et à se tromper probablement. Dans ces conditions, il y a un sujet (vous) qui ne peut pas se penser ni se représenter sans se réduire, et qui vit l’expérience de la limite, de la séparation et de la perte. Cela s’appelle communément : la souffrance ! 

  • Vous aimiez quelqu’un qui vous quitte, 
  • vous aviez cette belle maison qui est détruite, 
  • cette belle relation qui se distend, 
  • ce super job que vous perdez, 
  • cette belle vitalité qui s’étiole, 
  • cette belle silhouette qui s’affaisse, 
  • etc…

Ceci est inévitable et chercher à s’en exonérer, à passer entre les gouttes en espérant ne pas être mouillé, en espérant résister au changement, pour ne pas en souffrir… C est une aberration, un combat perdu d’avance.

La souffrance psychologique

Mais regardez autour de vous, c’est l’attitude « normale » que de chercher à prolonger le plaisir et fuir la douleur. Cette attitude provient d’un manque de lucidité, mais elle n’est pas sans conséquence, car chercher à éviter l’inévitable provoque un second niveau de souffrance, plus douloureux encore que le premier ! 

Développons : A côté et en dehors de ce que nous sommes vraiment, nous créons mentalement une image de nous-même, dont nous décrétons que ce personnage (que nous prenons pour nous-même) ne devrait pas souffrir. Nous nous imaginons être cette image, ce « moi », cet ego, cette personne (qui n’est justement personne en fait, puisque ce n’est qu’une représentation mentale et non pas le réel). 

Et à chaque fois qu’il lui arrive quelque chose, nous réagissons émotionnellement, parce que nous pensons, que cet évènement ne devrait pas avoir lieu, pas comme ça, pas à nous… Il faudrait que les choses se passent autrement. Nous refusons sans cesse ce qui est, et nous voudriez toujours autre chose que ce qui est.

Ne pas lutter contre l’inéluctable

Or ce qui est, ne peut pas ne pas être. Le combat est donc vain, comme nous l’avons déjà dit. Mais ceci est la seconde des deux sortes de souffrance : la souffrance psychologique ! 

Prenons un exemple :

Supposons que suite à un choc accidentel, votre genou souffre d’une inflammation : vous ressentez normalement de la douleur (réaction nerveuse normale, en relation à une situation corporelle, mécanique et chimique). C’est la première des deux sortes de souffrance. Elle est utile, parce qu’elle est un indicateur qui vous permet de cesser de faire du mal au corps et de le soigner. Maintenant, au moment où vous réagissez psychologiquement à la douleur réelle, en vous racontant une « histoire » du type  :

  • « cela ne devrait pas être ainsi »,
  • « pourquoi moi… »,
  • « je mérite mieux… »,
  • « j’aurais dû faire plus attention »,
  • « à cause de cela je ne vais pas pouvoir ceci ou cela… »

La seconde souffrance

La réaction émotionnelle à ces pensées aberrantes (mais « normales ») est la seconde des deux sortes de souffrance dont nous parlions précédemment, et qui, elle, est parfaitement gratuite, et relativement évitable !

Respecter la souffrance

La souffrance psychologique est souvent encore plus douloureuse que la souffrance physique. Elle est peut-être évitable, mais ce n’est pas pour cela qu’elle serait absurde ou méprisable. Pour autant, elle mérite de la considération autant que l’autre (ou aussi peu, tout dépend de quel point de vue on se place) :

  • celui qui souffre (même pour rien) n’en souffre pas moins intensément
  • sa souffrance présente peut lui être utile, si elle lui sert à voir le processus pour mieux s’en émanciper

Mais tant qu’on est pris par ce double jeu de souffrances superposées, sans en voir le processus artificiel, on est identifié au personnage que nous croyons être (comme le rêveur se prend pour les personnages de son rêve, alors que dès qu’il se réveille, la chimère s’évapore…) et on souffre fort longtemps…

En revanche, dès lors que le processus est vu une fois, le voile commence à se déchirer et inexorablement, l’illusion s’effondre peu à peu.

Coaching de la souffrance ?

Le coaching ne peut pas aider à éviter la première des deux sortes de souffrance (et ce n’est peut-être même pas souhaitable) mais éventuellement à se soulager de la seconde, qui alourdit le jeu, le rend opaque et confus, au point parfois de virer à la folie ordinaire.

A minima, on doit voir le processus en soi-même, pour ne plus en être totalement dupe et se réveiller de cette vie chimérique.

Amis coachs : Comment un rêveur endormi pourrait-il réveiller un voisin victime d’un cauchemar ? Il faut d’abord qu’il se réveille lui-même, non ? … La supervision ou un travail sur soi spécifique, peut vous accompagner pas à pas vers cet établissement de calme et de vide de souffrance.

Coaching : un chemin d’éveil

Le coaching étant un processus d’éveil, le pratiquer une expérience d’éveil. En faire son métier pourrait même être un chemin d’éveil spirituel… C’est là, où le coaching, sans arrogance ni prétention, est finalement très exigent, l’air de rien. Pour moi, c’est un chemin de vie, solitaire ET solidaire :

  • solitaire, parce que personne ne peut le faire à votre place (cela ne se passe ni dans les formations, ni dans les livres, cela ne peut se passer qu’en vous, et toujours : « maintenant »)
  • solidaire, parce que cela se vit parmi et avec les autres, et tout particulièrement en coachant

Engagé dans le retrait

Autre version de ce paradoxe : dans le coaching, vous ne pouvez être que totalement engagé… dans un processus de retrait :

  • vous êtes avec l’autre (donc : position engagée),
  • vous prenez du recul (donc : position de retrait) pour voir ensemble la folie qui consiste à souffrir psychologiquement d’une situation inévitable et belle. Car la vie est fondamentalement belle et bonne, avec ses plaisirs ET ses douleurs, ses hauts et ses bas, sa droite et sa gauche, etc… Et n’est-ce pas une folie de souffrir de ce qui est beau et bon, à cause d’une appréciation erronée de la situation ?
  • Votre engagement auprès de votre client quand vous l’accompagnez vous fait ressentir de la compassion, de la fraternité ou de l’amitié peut-être, et par empathie vous ressentez en vous un écho de ce qu’il ressent. En fait : cela vous implique tout de suite, mais cela ne vous concerne pas !
  • Dès lors, puisque vous êtes impliqué à ses côtés, vous vivez un échantillon de sa douleur, mais puisque cela ne vous concerne pas personnellement, vous pouvez ne pas mettre en place la deuxième sortes de souffrance. Vous pouvez rester avec la sensation, vous laisser travailler par la question sans vous précipiter sur la réponse, vous pouvez demeurer dans votre nature essentielle, tranquille, tandis que cela souffre en vous et en l’autre.
  • Dans cet accueil de ce qui est là, il y a reconnaissance, partage, solidarité sans mot, et processus de recouvrement de la dignité, thérapie, guérison, mieux être, etc… Il n’y a pas grand chose à faire pour cela. Rien en fait, juste à être aux côtés du client. Bien sûr, vous dites des mots, vous partagez la conversation de coaching (si vous étiez boulanger, vous feriez du pain, mais comme vous êtes coach vous « conversationnez » en mode coaching).
  • Mais ce qui compte ce ne sont pas tellement les questions et autres reformulations futées que vous offrez éventuellement quand vous êtes en grande forme. Ce qui crée l’effet coaching, c’est surtout la relation qui se tisse à travers la conversation de coaching. C’est cette relation qui prend soin de l’être : du client comme du coach. Les deux sont sous l’effet positif d’une relation saine qui ne tente pas de fuir, et qui accueille donc simplement ce qui est là. Cet accueil opère un soulagement immédiat de la tension engendrée par la résistance psychologique.

Souffrir ensemble, tranquillement

Pour ne pas souffrir pour rien, acceptez de souffrir tranquillement. Puisque la première des deux sortes de souffrance est inévitable, le plus raisonnable ne serait-il pas de l’accepter ? Dès lors, pourquoi s’agiter, puisqu’il suffit de constater ce qui est…

Observer les phénomènes, extérieurs et intérieurs, lesquels sont en écho les uns par rapport aux autres. Rester tranquille, et expérimenter, accueillir. Pas analyser, et manipuler des concepts pour comprendre et expliquer : ce serait une sorte de fuite dans la tête. Non, au contraire : rester dans le corps, juste « voir », « ressentir », pour rien, juste parce que c’est là. Alors, la sensation se diffuse, elle change de forme et se dissout progressivement.

Attention, quand on parle d’une démangeaison superficielle, cela se diffuse parfois en quelques secondes, mais quand on parle d’un deuil ou d’une amputation, ça « pique » évidemment un peu plus longtemps 🙂

Mais on n’est pas pressé. Qui a dit qu’il fallait que ça passe vite ? Le mieux est donc de rester tranquille. Comme un bouton que l’on tripote, l’agitation autour de sa douleur ne fait qu’enflammer et infecter davantage.

Ce dont on a le plus besoin, c’est de retrouver sa tranquillité. C’est d’elle que surgira la solution, c’est en elle qu’il puisera ses ressources. Il verra qu’il n’est pas le contenu de son mental, pas plus qu’il n’est les personnages à l’écran quand il va au cinéma.

Ce qui voit. Pas ce qui est vu !

Il va s’apercevoir qu’il est le regard qui voit, et non pas la souffrance qui est vue. Mais pour cela, il faut un peu de calme. Ce calme là, qui lui manque au sein de son processus de souffrance, c’est justement ce que vous allez lui apporter en partageant ce que vous êtes, un espace vaste, qui accueille ce qu’il refuse. Et cela apporte la tranquillité majeure… à tous les deux ensemble, chacun à sa juste place.

L’histoire de Marc : « le manager et l’art de la dissociation »

Marc, un manager expérimenté dans une entreprise en pleine restructuration, est venu me voir en coaching. Il était submergé par le stress et l’épuisement. Non seulement il devait gérer des équipes en sous-effectif et des objectifs toujours plus ambitieux, mais il portait aussi le poids de l’incertitude quant à son propre avenir.

Sa douleur était palpable : la pression objective, les heures à rallonge, les défis opérationnels. Mais à cette douleur s’ajoutait une souffrance psychologique intense. Il se disait : « C’est injuste, après toutes ces années, je ne devrais pas vivre ça », « Je ne suis pas à la hauteur si je n’arrive pas à tout gérer », « Pourquoi ça m’arrive à moi ? ». Ces pensées le rongeaient, transformant une situation difficile en un fardeau insupportable.

Au cours de nos séances, nous avons travaillé à dissocier la douleur des pensées qui y étaient rattachées. Je l’ai invité à reconnaître la douleur physique (le mal de tête, la tension dans les épaules) et la fatigue mentale (la difficulté à se concentrer) comme des informations utiles de son corps et de son esprit, des signaux. Puis, nous avons exploré les « histoires » qu’il se racontait à propos de cette douleur. Au lieu de s’identifier à ces récits de victimisation ou d’auto-critique, nous avons commencé à les observer comme des phénomènes distincts de lui-même.

Un jour, alors qu’il me racontait une situation particulièrement tendue avec sa direction, il s’est arrêté, le visage crispé. « Ça me met en colère, c’est insupportable ! » a-t-il lancé.

Je lui ai alors demandé : « Marc, et si nous observions cette colère ? Où la ressens-tu dans ton corps ? Est-ce une sensation de chaleur, de constriction ? Et quelles sont les pensées qui l’accompagnent en ce moment précis ? »

En le guidant, Marc a commencé à distinguer la sensation de colère (la douleur émotionnelle) des jugements et des attentes (la souffrance inutile) qu’il y associait. Il a vu que la colère, en tant que sensation, pouvait être intense, mais qu’elle était temporaire et qu’elle n’avait pas besoin d’être « insupportable » si elle n’était pas nourrie par ses pensées.

Petit à petit, Marc a appris à accueillir la douleur sans y ajouter la souffrance. Il a commencé à dire : « Oui, je ressens de la pression, c’est difficile » plutôt que « Je ne devrais pas ressentir cette pression, c’est intolérable ». Cette simple distinction a été transformative. 

Il a continué à faire face aux mêmes défis professionnels, mais avec une tranquillité intérieure nouvelle. Il a compris que la douleur était une partie inévitable de l’expérience humaine, mais que la souffrance inutile était un choix, souvent inconscient. Il a retrouvé de l’énergie, de la clarté et une capacité à prendre des décisions plus sereines, car il n’était plus embourbé dans les récits limitants de son ego. 

Ce coaching n’a pas éliminé les difficultés de Marc, mais il lui a permis de les traverser avec une résilience et une dignité retrouvées, en le ramenant à ce qui est, sans l’alourdir de ce qui n’est pas.

L’invitation à l’accueil

Le voyage de la vie est intrinsèquement parsemé d’expériences de perte, de limite et de changement, génératrices de douleur inévitable. Vouloir les fuir ou les nier est un combat perdu d’avance, une source de souffrance psychologiqueadditionnelle et souvent plus lourde que la douleur initiale. L’art de vivre, et par extension l’art du coaching, réside précisément dans cette capacité à distinguer la douleur de la souffrance, à accueillir ce qui est, sans jugement ni résistance inutile.

En tant que coach, et en tant qu’êtres humains, notre rôle n’est pas d’éradiquer la douleur – ce serait illusoire et contre-nature – mais de créer un espace de tranquillité et d’acceptation. C’est dans cet espace que la souffrance superflue peut se dissoudre, laissant place à une perception plus claire, à une résilience authentique et à une connexion profonde avec soi-même et le monde.

S’engager dans ce processus, c’est non seulement se libérer soi-même, mais aussi offrir un chemin d’éveil précieux à ceux que l’on accompagne. C’est reconnaître que la vie, avec ses joies et ses peines, est intrinsèquement belle, pour peu que l’on consente à l’embrasser dans sa totalité.

Comment cette distinction entre douleur et souffrance pourrait-elle transformer votre propre approche face aux défis de la vie ?

Prendre contact : 0671849706

Stratégies essentielles pour surmonter la douleur

Faire face à la souffrance est une obligation. Qu’on le veuille ou non, nous y sommes tous confrontés, tôt ou tard, (pour ne pas dire : finalement un peu tout le temps). Mais nous avons mis en place des stratagèmes de compensation pour nous tenir intérieurement à distance de la souffrance que nous éprouvons, une sorte « d’anesthésie psychologique ».

C’est ainsi qu’on arrive à vivoter avec la douleur et à supporter la souffrance, tant bien que mal, à l’aide de différentes techniques d’évitement et de déni, qui nous coupent diversement de nos sensations corporelles et de nos émotions. Cet article va montrer qu’il existe deux sortes de souffrances :

  • la souffrance dite psychologique, cette souffrance liée aux histoires qu’on se raconte à propos de la réalité (voir : qu’est-ce que la réalité ?)
  • et celle qui est indépendante des histoires (mais qui fait mal quand même) : nous l’appellerons « la douleur », qu’elle soit physique ou affective, pour la distinguer de la souffrance, qui sera davantage morale ou psychologique…

Il proposera également deux approches complémentaires pour faire face à la souffrance et s’exonérer de son emprise. 

Distinguer douleur et souffrance

  • La douleur est une expérience incontournable, inévitable, inhérente à la dualité de la vie. On ne peut éviter d’en faire l’expérience, même si on peut éviter de se faire mal bêtement, en prenant soin de son corps, en étant attentif à ne pas prendre de risques inconsidérés avec sa sécurité ou sa santé.
  • La souffrance, elle, est complètement gratuite et non nécessaire. Elle vient du fait que l’on cherche (en vain) à éviter la douleur, au lieu de l’accepter. Du coup, on se rajoute une couche d’inconfort supplémentaire, à cause de nos gesticulations. Exemple chez le dentiste : vous avez d’une part la douleur aux dents, mais vous pouvez avoir d’autre part la peur d’avoir mal, ou le mécontentement d’avoir mal.

Et souvent cette peur et ce mécontentement vous font souffrir encore plus que la douleur elle-même…

Les boxeurs vous le confirmeront : ce ne sont pas les coups qui font le plus mal, c’est la résistance aux coups. La résistance morale, l’apitoiement sur soi, l’amertume, la rancoeur, le sentiment d’injustice, la rage, la peur, la panique…

Comprendre la distinction fondamentale

La douleur : signal du réel

La douleur est une information brute que nous transmettent notre corps et notre expérience. Elle est utile, nécessaire même, car elle nous alerte et nous guide. Sans elle, nous ne saurions pas qu’il faut retirer notre main du feu ou soigner une blessure.

La souffrance : ajout mental

La souffrance psychologique apparaît lorsque nous refusons mentalement ce qui est déjà là. Elle naît de nos pensées sur la douleur, de nos jugements, de nos « histoires » :

  • « Cela ne devrait pas m’arriver »
  • « Pourquoi moi ? »
  • « C’est injuste »
  • « Je ne mérite pas ça »
  • « Et si ça empire ? »

Exemples concrets dans différents domaines

1. Douleur physique : le genou blessé

La douleur (inévitable) :

  • Inflammation du genou suite à un choc
  • Sensation douloureuse à chaque mouvement
  • Signal nerveux qui indique de protéger l’articulation

La souffrance ajoutée (évitable) :

  • « J’aurais dû faire plus attention ! »
  • « À cause de ça, je vais manquer la course de dimanche »
  • « Je suis stupide de m’être blessé »
  • « Mon genou ne sera peut-être plus jamais comme avant »
  • Anxiété constante à propos de la guérison

2. Deuil et perte : une rupture amoureuse

La douleur (inévitable) :

  • Tristesse profonde
  • Sentiment de vide
  • Nostalgie des moments partagés
  • Manque physique de la présence de l’autre

La souffrance ajoutée (évitable) :

  • « Je ne trouverai jamais quelqu’un d’autre »
  • « C’est de ma faute, j’ai tout gâché »
  • « Je suis nul(le) en relations »
  • « Ma vie est finie »
  • Ressasser en boucle les dernières conversations

3. Contexte professionnel : perte d’emploi

La douleur (inévitable) :

  • Inquiétude financière réelle
  • Incertitude sur l’avenir
  • Tristesse de quitter des collègues
  • Nécessité de réorganiser sa vie

La souffrance ajoutée (évitable) :

  • « Après toutes ces années de loyauté, c’est inadmissible »
  • « Je suis un raté »
  • « Plus personne ne voudra m’embaucher à mon âge »
  • Honte face au regard des autres
  • Colère obsessionnelle contre l’entreprise

4. Maladie ou vieillissement

La douleur (inévitable) :

La souffrance ajoutée (évitable) :

  • « Je ne suis plus que l’ombre de moi-même »
  • « C’est humiliant de ne plus pouvoir faire ce que je faisais »
  • Comparaison constante avec « avant »
  • Refus de la réalité présente

Techniques concrètes pour faire face

Technique 1 : L’observation sans commentaire

Comment faire :

  1. Identifiez la sensation brute dans votre corps
  2. Localisez-la précisément (gorge, poitrine, ventre, membres…)
  3. Observez ses caractéristiques : tension, chaleur, froid, pression, etc.
  4. Restez avec cette sensation sans l’analyser ni la juger
  5. Respirez calmement en maintenant cette attention

Exemple pratique : Au lieu de penser « J’ai mal au dos, c’est insupportable, je ne peux rien faire », dites-vous : « Il y a une tension dans le bas du dos, elle est chaude, elle pulse légèrement. Je la ressens. Elle est là. »

Technique 2 : Identifier les « histoires »

Comment faire :

  1. Remarquez vos pensées sur la situation
  2. Listez-les mentalement ou par écrit
  3. Reconnaissez-les comme des pensées, pas comme la réalité
  4. Observez qu’elles sont optionnelles

Exercice : Complétez ces phrases :

  • « Cette situation signifie que je suis… »
  • « À cause de cela, ma vie va… »
  • « Les autres vont penser que… »
  • « Je devrais… »

Puis demandez-vous : « Sont-ce des faits ou des interprétations ? »

Technique 3 : La dissociation consciente

Principe : Séparer « ce qui ressent » de « ce qui est ressenti ». Vous n’êtes pas la douleur, vous êtes la conscience qui observe la douleur.

Pratique :

  • Au lieu de : « Je suis triste » → « Il y a de la tristesse présente »
  • Au lieu de : « Je suis en colère » → « La colère est là, je la perçois »
  • Au lieu de : « J’ai peur » → « Je remarque la présence de la peur »

Ce simple changement de formulation crée de l’espace et réduit l’identification.

Technique 4 : L’accueil radical

Comment faire :

  1. Arrêtez de lutter contre ce qui est déjà là
  2. Dites intérieurement : « Oui, c’est comme ça maintenant »
  3. Permettez à l’expérience d’être présente sans essayer de la changer
  4. Respirez avec la sensation

Phrases aidantes :

  • « Je peux ressentir cela »
  • « C’est difficile, et je suis assez grand(e) pour le vivre »
  • « Cette douleur a le droit d’être là »
  • « Je n’ai pas besoin que ça change pour être tranquille »

Technique 5 : Le questionnement de Byron Katie

Face à une pensée qui crée de la souffrance, posez-vous quatre questions :

  1. Est-ce vrai ? (Cette pensée est-elle vraiment vraie ?)
  2. Pouvez-vous savoir avec certitude absolue que c’est vrai ?
  3. Comment réagissez-vous quand vous croyez cette pensée ?
  4. Qui seriez-vous sans cette pensée ?

Exemple : Pensée : « Ma vie est gâchée à cause de cette blessure »

  • Est-ce vrai ? Peut-être, peut-être pas…
  • Puis-je en être absolument certain ? Non
  • Comment je me sens quand je le crois ? Désespéré, lourd, sans énergie
  • Qui serais-je sans cette pensée ? Plus léger, capable d’envisager des solutions

Technique 6 : L’ancrage dans le présent

La douleur est toujours supportable… maintenant

Pratique :

  • Ramenez votre attention à l’instant précis
  • Demandez-vous : « Est-ce que je peux supporter ce qui est là, maintenant, dans cette seconde précise ? »
  • Ne projetez pas sur demain, la semaine prochaine, l’année prochaine
  • Restez avec « juste maintenant »

La souffrance vient souvent de l’anticipation (peur du futur) ou du ressassement (regret du passé), rarement du moment présent lui-même.

Technique 7 : La respiration consciente

Pourquoi ça marche : La respiration crée un pont entre le corps et l’esprit. Elle calme le système nerveux et ramène dans le corps, hors du mental.

Pratique simple :

  • Respirez profondément en gonflant le ventre
  • Comptez : 4 temps à l’inspiration, 4 temps de rétention, 6 temps à l’expiration
  • Portez toute votre attention sur les sensations de la respiration
  • Faites cela 5 à 10 fois

Technique 8 : Le mouvement conscient

Inspiré du Qi-Gong et du yoga :

  • Bougez lentement, avec attention
  • Explorez les limites de votre corps avec douceur
  • Respirez dans les zones tendues
  • Acceptez ce qui est possible aujourd’hui, sans forcer

Le mouvement conscient permet de rester en contact avec le corps sans le juger, de l’habiter pleinement malgré ses limitations.

Pratiques quotidiennes pour s’entraîner

1. La micro-pratique (2 minutes)

Plusieurs fois par jour, arrêtez-vous et demandez-vous :

  • « Qu’est-ce que je ressens dans mon corps, là, maintenant ? »
  • « Quelles pensées sont présentes ? »
  • « Est-ce que j’ajoute de la souffrance à ce qui est ? »

2. Le journal des distinctions

Chaque soir, notez :

  • Une situation difficile vécue dans la journée
  • La douleur objective (les faits)
  • La souffrance ajoutée (vos pensées, interprétations)
  • Ce que vous auriez pu faire différemment

3. La méditation de l’observateur

10 minutes par jour :

  • Asseyez-vous confortablement
  • Observez vos sensations, émotions et pensées
  • Ne changez rien, contentez-vous de remarquer
  • Pratiquez d’être le témoin, pas l’acteur

Ce qui aide vraiment

✓ La patience

La douleur a son propre rythme. Une démangeaison passe en secondes, un deuil prend des mois. Acceptez le temps nécessaire.

✓ La compassion envers soi

Vous n’êtes pas « faible » parce que vous avez mal. La douleur est humaine. Traitez-vous comme vous traiteriez un ami cher.

✓ La tranquillité

Plus vous vous agitez mentalement, plus la souffrance s’amplifie. Le calme est votre ressource première.

✓ L’honnêteté

Reconnaissez ce qui est là sans le nier ni l’embellir. « Oui, c’est difficile. Et je peux le vivre. »

✓ L’accompagnement

Parfois, la présence d’un coach, d’un thérapeute ou d’un ami bienveillant crée l’espace nécessaire pour accueillir sans résister.

Ce qui n’aide pas

✗ La fuite

Alcool, suractivité, distractions constantes… retardent l’intégration et prolongent la souffrance.

✗ La victimisation

Se complaire dans « pourquoi moi ? » empêche d’avancer et alourdit l’expérience.

✗ La comparaison

« D’autres ont pire » ou « avant j’étais mieux » ne soulagent pas, ils jugent l’expérience présente.

✗ La précipitation

Vouloir que « ça passe vite » crée une résistance supplémentaire. Qui a dit qu’il fallait que ça passe vite ?

Le paradoxe libérateur

Plus vous acceptez la douleur, moins vous souffrez.

C’est contre-intuitif, mais c’est ainsi : la résistance amplifie, l’accueil apaise. Vous ne pouvez pas contrôler ce qui vous arrive, mais vous pouvez choisir comment vous y réagissez mentalement.

Faire face à la souffrance, c’est d’abord la respecter

La souffrance psychologique est souvent encore plus douloureuse que la douleur physique. Elle est peut-être évitable, mais ce n’est pas pour cela qu’elle serait absurde ou méprisable. Elle mérite de la considération autant que l’autre :

  • celui qui souffre (même pour rien) n’en souffre pas moins intensément
  • sa souffrance présente peut même lui être utile, si elle lui sert à voir le processus dont il est le dupe, pour mieux s’en émanciper…

Mais tant qu’on est pris par ce double jeu de douleur et souffrance superposées, sans en voir le processus artificiel, on est identifié au personnage que nous croyons être (comme le rêveur se prend pour les personnages de son rêve, alors que dès qu’il se réveille, la chimère s’évapore…).

Et on souffre ainsi fort longtemps… On ne risque pas de dépasser la souffrance, ni de se libérer de la souffrance, en alimentant le processus qui génère la souffrance ! En revanche, dès lors que le processus est vu une fois, le voile commence à se déchirer. Et inexorablement, l’illusion s’effondre peu à peu (voir à ce sujet notre article : « S’éveiller de l’état de veille ?« ).

Qui êtes-vous vraiment ?

Et si, dans le fond, vous étiez « cela » qui vit l’expérience présente, « cela » qui connaît les objets que sont sensations présentes, les émotions présentes et les pensées présentes ? Vous ne pouvez pas être autre chose que ce champ de conscience dans lequel surviennent les évènements et dans lequel s’inscrivent les objets qui sont constatés.

La confusion vient du mélange que nous faisons entre le sujet que nous sommes et qui vit l’expérience (quelle qu’elle soit) et l’objet de l’expérience. Ainsi, s’il y a une pensée dans le champ de conscience, une pensée à propos de nous-même par exemple, une pensée telle que : « je risque d’échouer« , nous nous prenons pour cette pensée.

Nous nous prenons pour le personnage contenu dans cette pensée, nous nous identifions à l’échec potentiel, aux émotions qui risquent d’être ressenties telles que la honte, la culpabilité, le regret. Nous nous identifions au regard qui sera porté par les autres sur cette situation et sur le personnage pour lequel nous nous prenons. Nous ne faisons ainsi que réagir émotionnellement, comme si nous étions un personnage d’un film, alors que nous sommes le spectateur, tranquillement installé dans son fauteuil.

Et c’est tout cela qui représente le processus de la souffrance psychologique. Cela vient d’une erreur d’appréciation à propos de ce que nous sommes vraiment. En nous prenant pour l’objet limité à qui il arrive des misères dans la vie, nous nous coupons de notre véritable nature, vaste et illimitée, qui est d’être la conscience qui vit l’expérience.

Même l’expérience de la limite est vécue depuis la conscience illimitée que nous sommes. Si nous cessons de nous prendre pour la limite, nous réalisons que nous sommes bien au-delà des limites contenues dans l’expérience, des limites contenues dans le champ de conscience.

Rien ne vaut l’expérience directe

Un examen approfondi de nous-même nous convaincra, par l’expérience directe, que nous ne sommes pas la limite dont nous vivons l’expérience. Nous sommes le processus infini qui vit l’expérience de la limite. Et ceci est passionnant, même lorsqu’il s’agit de l’expérience d’une douleur. Pour autant, nous ne disons pas là que l’expérience de la douleur deviendra confortable ou agréable, ni qu’elle disparaîtra.

Nous l’avons dit plus haut : ceci fait partie de la vie, la grande vie pleine de contrastes. Mais en cessant de nous prendre à tort pour le contenu de l’expérience, nous cesserons de nous raconter des histoires fausses à propos de nous-même. Nous cesserons progressivement de souffrir pour rien, simplement à cause des douleurs.

Expérimenter sans négocier

Nous nous contenterons de les expérimenter, sans les commenter, sans les affecter. Cela atténuera la souffrance psychologique et détendra même un peu la douleur. Et après tout, quand on a très mal, le moindre soulagement est le bienvenu : diminuer la souffrance est indispensable, pour retrouver un peu de sérénité et faire face à la douleur, en s’exonérant du processus psychologique morbide qui crée le problème dont on voudrait tant sortir.

Réaliser cela clairement ne suffira pas à vous libérer instantanément du poids des habitudes et de vos conditionnements. Mais cela vous ouvrira à une autre dimension de l’expérience. 

Et, forcément, peu à peu, cela vous allègera, vous mettra sur le chemin pour vous individualiser. Ainsi, peu à peu, à la suite du coaching et en dehors du coaching, la prise de conscience infusera, inexorablement et fera son chemin pour vous soulager durablement.

L’éveil est à la fois instantané et progressif

La prise de conscience peut être immédiate et foudroyante, quand soudain vous réalisez l’erreur fondamentale, la méprise qui s’entretenait en vous, alors que vous étiez totalement fasciné par le film, et insuffisamment attentif à la vastitude de la situation, beaucoup plus large que le petit écran où se projettent des images.

C’est comme une corde par terre que vous prendriez pour un serpent. Dès lors que vous voyez clairement qu’il ne s’agit que d’une corde, la peur disparaît, instantanément, et sans effort. Toutefois, si vous oubliez ce que vous venez de comprendre, alors une prochaine fois, passant à proximité de la corde, vous aurez de nouveau peur du serpent fictif.

Et ceci se reproduira dans tous les domaines de votre vie, du moins jusqu’à ce que l’illusion soit pleinement démasquée. Il y a donc un processus progressif d’intégration de la prise de conscience instantanée. C’est comme une rééducation, cela prend un peu de temps, le temps de réapprendre au corps et au mental de nouvelles habitudes.

C’est pour cela que souvent le coaching déclenche une prise de conscience forte tout au début, et prend un peu plus de temps ensuite pour laisser infuser et intégrer. Cela permet de disposer de toutes les autres séances pour conforter la prise de conscience et la déployer, l’étendre à d’autres situations, l’approfondir…

Dépasser la souffrance ? Un chemin d’éveil

Dépasser la souffrance, vaincre la souffrance, ou bien plutôt : accepter la souffrance, assumer la souffrance comme faisant partir de notre expérience présente.

Et du coup ne pas se créer une souffrance supplémentaire en se révoltant contre elle (pourquoi moi, pourquoi tant de souffrance, pourquoi souffrir, quel sens revêt cette souffrance, quel est le sens de la vie avec une telle souffrance partout dans le monde, etc…).

Vous l’aurez bien compris, le coaching ne peut pas plus faire le travail à votre place qu’il ne pourra vous éviter la douleur (et ce n’est peut-être même pas souhaitable, parce qu’elle représente une opportunité de prendre conscience de votre vraie nature).

Mais cet accompagnement peut vous soulager de la souffrance psychologique, celle que vous vous rajoutez vous-même sans vous en rendre compte, par automatismes et conditionnement mental. Le coaching est en soi un processus stimulant et vivifiant, une forme d’éveil spirituel, qui ne s’embarrasse pas d’étiquettes sophistiquées, mais qui fait quand même le job, comme on dit, sans arrogance ni prétention.

Travail spirituel

Et ce travail est un travail de l’esprit qui se dégage de l’emprise des confusions, qui s’éveille à la réalité au lieu de s’endormir avec des histoires issues du système de pensée. Ceci est un cheminement, un travail qui s’élabore à l’intérieur de vous, tandis que vous le souhaitez de plus en plus ardemment.

Il s’agit de réaliser que les problèmes viennent des étiquettes qu’on colle mentalement sur les situations. Dès lors qu’on en a étiquetée une avec le mot  “problème”, alors elle devient un problème pour nous, et nous essayons de la résoudre, même s’il n’y a rien à résoudre.

C’est tout cela qui fait souffrir. Faire face à la souffrance, commence donc par changer de point de vue : après un examen honnête, que chacun peut faire pour son compte, il apparaît clairement que les problèmes ne viennent jamais des conditions extérieures et toujours de “nous-même dans les situations !”

La seule chose raisonnable à faire est donc simplement de le reconnaître, pour vivre sa vie en responsable et dès lors ne pas se disperser à “essayer” d’améliorer les choses à l’extérieur, par des agitations diverses, qui participent du problème qu’on cherche vainement à résoudre !

Travailler d’abord sur soi-même

Au contraire, s’il y a quelque chose à changer, c’est en soi-même, depuis une écoute profonde. C’est cette invitation à l’écoute de vous-même que vous offre le coaching. Pour qu’il y ait relation harmonieuse entre vous et les autres, il faut qu’il y ait « deux » (et même trois… Si on compte la relation comme le troisième élément) !

Autrement dit, pour que vous soyez en relation avec les autres, il faut que vous soyez là, vous-même, en quelque sorte : en “ état de présence “. Comment voulez-vous être en relation, être dans la relation, si vous n’êtes nulle part ? Seule votre Présence, plénière, authentique, peut permettre une relation pleine et authentique.

C’est à cela que peut vous entraîner le coaching. Vous accompagner dans vos premiers pas sur un chemin plus juste, plus vrai, où vous serez plus authentiquement vous-même, et en relation plus vraie avec les autres… Quelques articles complémentaires :

Une métaphore pour faire face à la souffrance

Pour prendre un peu de hauteur, voici pour ceux qui parlent anglais une vidéo très inspirante sur notre véritable nature.

Le conférencier, Rupert Spira, propose une métaphore qui aide à comprendre, ce que nous venons d’évoquer à propos des manières de faire face à la souffrance. Imaginons John Smith, un acteur qui jouerait le rôle du roi Lear de Shakespeare. On voit bien dans cette situation que le rôle du roi Lear est en quelque sorte superposé à la personne de John Smith (un peu comme un costume), et que même si l’acteur incarne le personnage de la pièce, il n’est pas ce personnage ! Évidemment : John Smith n’est pas le roi Lear.

Et imaginons maintenant que cet acteur, tellement fasciné par les pensées et les émotions de son personnage dans la pièce, finisse par se prendre pour le roi Lear, pendant quelques jours après la représentation. On le verrait ainsi, misérable, portant les souffrances du personnage. Le pauvre John Smith, accablé de souffrances imaginaires, rencontre alors un ami à qui il se confie de ses problèmes de roi Lear. L’ami lui révèle alors qu’il ne souffre pas réellement de ces problèmes, mais que ce dont il souffre plutôt c’est d’avoir oublié qui il est vraiment : John Smith, qui n’a rien à voir avec les souffrances du personnage de la pièce !

Je trouve cette image excellente, qui montre bien l’écart qu’il y a entre l’être que nous sommes et la personnalité que nous croyons être. Nous nous croyons accablé d’un poids de souffrances, qui ne concernent que le personnage social et le corps, pour lesquels nous nous prenons à tort. C’est tout simple. Et je voulais partager avec vous la clarté de cette métaphore.