Vitalité/santé/énergie/bien-être 29 mars 2026

Dormir moins pour dormir mieux !

Pour dormir mieux, il y a plusieurs solutions intelligentes. Les neurosciences nous enseignent deux choses simples à comprendre et à mettre en oeuvre pour dormir mieux. Vous allez voir, c’est très simple et cela va vous aider à retrouver une bonne énergie, tout en gagnant du temps, dépensé sinon en sommeil de mauvaise qualité.

A Retenir

  • Les cycles de sommeil durent environ 90 minutes et comprennent plusieurs phases distinctes.
  • Respecter les rythmes circadiens améliore la qualité du sommeil et de l’éveil.
  • La mélatonine joue un rôle clé dans la régulation du cycle veille-sommeil.
  • Routines matinales comme la méditation et la gym douce améliorent l’énergie quotidienne.
  • Un sommeil réparateur nécessite le respect des phases de sommeil profond.
  • Des conditions optimales de sommeil incluent une chambre sombre et silencieuse.

Pour dormir mieux, il n’y a pas besoin de dormir plus !

Les cycles de sommeil durent 90 minutes environ.

  • Si vous cherchez à vous endormir pendant la phase d’éveil de votre cerveau, vous n’y arrivez pas aussi facilement que lors de la phase naturelle d’endormissement.
  • Si vous cherchez à vous éveiller pendant une phase naturelle d’endormissement du métabolisme, vous peinez à garder les yeux ouverts et vous consommez énormément ‘énergie pour un résultat très médiocre.

Le rythme circadien contrôle un ensemble de paramètres tels que la température corporelle, la sécrétion de cortisol, le comportement alimentaire mais surtout la sécrétion de mélatonine.

Cette hormone est produite par la glande pinéale et régulée par le cycle jour/nuit. Elle est sécrétée pendant la nuit avec généralement un pic vers 3 heures trente du matin. Elle gouverne aux rythmes circadiens, à ceux de la température et aussi à ceux de l’alternance veille-sommeil. Elle va renseigner l’organisme sur la temporalité du jour et de la nuit afin de mettre en phase celui-ci avec son environnement.

C’est pourquoi il est important de ne pas s’exposer à des lumières trop fortes le soir et de ne pas rester dans la pénombre le matin : afin de ne pas induire en erreur votre horloge interne. Pour bénéficier d’un sommeil de qualité, il est très aidant de respecter les rythmes biologiques du corps, qui a peut-être ses raisons même si la raison les ignore à tort.

Sachant cela, il vous faut donc repérer vos cycles, et guetter à la fois les portes du sommeil et les fenêtres d’éveil :

  • Allez vous coucher dès que vous observez une légère baisse de l’attention
  • Et le matin, restez au lit (en vous réveillant plus tôt) jusqu’à ce que vous sentiez que l’impulsion mentale redémarre. Alors seulement à ce -moment-là : levez-vous et faites un peu d’exercice d’étirement, tout en douceur. Respirez profondément devant votre fenêtre ouverte, regardez dehors, et puis progressivement bougez un peu plus. Faire 10 minutes de Gym avant d’aller prendre une douche est une excellente façon de démarrer la journée.
  • Personnellement, il m’arrive de préférer aller directement méditer, parce que pas assez en forme pour bouger. Mais c’est peut-être justement parce que je me suis réveillé dans la mauvaise phase mentale… C’est pas grave, je médite un peu, je reste assis à écrire, et puis quand vient l’envie de bouger, je m’y mets.

Routines matinales

Pour moi l’important est d’écouter son corps, et de pratiquer le matin au moins ces deux phases de remise en forme :

  • méditation
  • et gym douce.

La Gym réveille les énergies vitales, tandis que la méditation recentre l’attention, remet d’aplomb les émotions, et prépare l’esprit à l’expérience de la journée. Les routines matinales, sont une clé formidable pour bien commencer la journée. Ne vous en privez pas, elles vous aideront à amplifier votre réceptivité à l’énergie ambiante.

Grâce à elles vous envoyez chaque matin à votre corps un signal fort de joie de vivre, qui vous renverra à son tour beaucoup d’impulsion nerveuse et vitale pour expérimenter la joie au travail.  En fait si on démarre bien sa journée, on a toutes chances de la vivre en état d’alignement, en équilibre émotionnel, et donc de bien la terminer (harmonieusement)… et donc de bien dormir après une si bonne journée.

Comment repérer ses cycles de sommeil ?

Chez un adulte qui ne présenterait aucune pathologie ni trouble particulier du sommeil, le cycle de sommeil se déroulerait théoriquement en 4 à 6 cycles de sommeil d’environ 1 heure trente (à deux heures). Chaque cycle comportant habituellement les 5 phases suivantes :

  1. phase d’endormissement : c’est la phase d’endormissement, la transition entre l’éveil et le sommeil. Le sommeil est léger, l’activité musculaire ralentit, quelques rares contractions musculaires subsistent. Cette phase représente 5 % du cycle de sommeil total, et dure environ 4 à 5 minutes.
  2. phase de sommeil confirmé : La respiration et le rythme cardiaque ralentissent, on constate une légère diminution de la température corporelle. Cette phase représente 50 % du cycle de sommeil total, et dure environ 45 minutes.
  3. début de sommeil profond : Le cerveau ralentit et commence à générer des ondes longues et lentes à l’électroencéphalogramme. Cette phase représente 5 % du cycle de sommeil total, et dure environ 4 à 5 minutes.
  4. phase de sommeil très profond : La respiration est rythmée, régulière et profonde, l’activité musculaire et quasi-nulle, le cerveau produit des ondes lentes. Il est difficile, voire impossible, de réveiller le dormeur durant cette phase qui représente 15 % du cycle de sommeil total, et dure environ 10 à 15 minutes.
  5. phase de sommeil paradoxal : Le mouvement oculaire est rapide, les ondes du cerveau s’accélèrent, et les rêves apparaissent. Nos muscles sont relâchés, comme paralysés. Seuls les muscles vitaux (cœur, poumons, diaphragme) fonctionnent normalement. La respiration est rapide et superficielle. Cette phase représente 25 % du cycle de sommeil total, et dure environ 20 à 25 minutes. Au cours du sommeil paradoxal (appelé aussi sommeil à mouvements oculaires rapides, « Rapid eye movements » ou REM), l’activité cérébrale est plus intense et s’accompagne de mouvements oculaires. Paradoxalement (d’où son nom), le corps est complètement inerte, avec une paralysie des muscles qui contraste avec l’intensité de l’activité du cerveau.  Ce mécanisme « protecteur » nous empêchent de nous lever pendant notre sommeil puisque c’est au cours de cette phase que nous rêvons (sauf chez les somnambules, chez qui ce système protecteur ne fonctionne pas bien).

Lorsque ces phases se déroulent correctement et que les cycles sont complets, on a un véritable sommeil réparateur, surtout si la phase de sommeil profond et de qualité. Malheureusement, il n’est pas rare que des troubles du sommeil interviennent à cause de facteurs multiples (souvent conjugués et chroniques) :

  • stress,
  • fatigue excessive,
  • dépression,
  • alcool, tabac, et autres substances toxiques, de même que malheureusement de nombreux médicaments chimiques aux effets de bord indésirables,
  • maladies diverses (comme la toux qui vous réveille ou le nez bouché qui vous empêche de respirer pour ne citer que deux exemples bénins), phobies et terreurs nocturnes, cauchemars, ronflements, etc.

Dans ces conditions perturbées, les cycles sont irréguliers, ou tronqués. Certaines phases disparaissent carrément, et le sommeil n’est alors plus du tout récupérateur. Il existe néanmoins des solutions adaptées à chaque type de trouble du sommeil, afin de retrouver des cycles les plus réguliers possibles et une capacité de récupération optimale.

Pour les repérer avec précision, si vous souffre de sérieux troubles du sommeil, le mieux est sans doute de consulter un spécialiste du sommeil (votre médecin traitant vous en indiquera un).

Pour un sommeil réparateur, il y a un « secret ».

Le sommeil lent profond est le stade du sommeil qui est considéré comme le plus récupérateur. Il dure plus longtemps dans les 4 premiers cycles d’1h30. C’est durant cette phase que le cerveau recharge l’énergie pour le lendemain et stocke les souvenirs, participant ainsi à la consolidation de la mémoire. Les 4 premiers cycles d’1h30 de sommeil sont donc essentiellement réparateurs :

  • le premier cycle de sommeil est presque exclusivement consacré à la réparation des fatigues, à la regénérescence des cellules.
  • Les 3 suivants aussi, quoi que progressivement de moins en moins,
  • A partir du quatrième cycle, soit au bout de 6 heures, le corps ne se récupère plus, et la proportion est plus grande dédiée au sommeil paradoxal et à l’activité onirique.

Sauf pendant l’adolescence, dormir très longtemps est peut-être nécessaire une fois de temps en temps, mais la plupart du temps, c’est au contraire un facteur aggravant de la fatigue. Retenons qu’une durée moyenne comprise entre 6 h et 7h30 pour la plupart es gens est la bonne mesure pour un sommeil réparateur.   Cette vidéo intéressante vous expliquera oralement ce que je viens de vous proposer par écrit :

Conseils pour dormir bien

Dîner léger et tôt

Une digestion difficile contrarie le sommeil, alors évitez les dîners lourds si vous voulez dormir bien. Préférez à la viande rouge des crudités, des pâtes, du poisson et des légumes ! Dînez deux heures avant d’aller vous coucher, pour que la digestion soit bien commencée quand vous vous endormez.

Un bain chaud dans la soirée pour vous détendre

Mais surtout pas avant d’aller au lit. Quand il se programme pour dormir, l’organisme diminue sa température interne. Il vous faut donc aller en ce sens, et vous offrir ce bain un peu plus tôt dans la soirée, par exemple en rentrant du travail. Cela fera une bonne transition avec la soirée. Vous en sortir propre et disponible.

Eviter les écrans trop longtemps

Évitez ainsi la télévision, les jeux vidéo, le smartphone trop longtemps, et surtout pas dans le noir ! Ces appareils émettent une lumière bleue proche de la lumière du jour qui va déclencher les mécanismes de l’éveil. Par ailleurs cette lumière artificielle détruit les cellules des yeux. Mieux vaut donc les arrêter au moins 1h avant d’aller se coucher.

Evitez les disputes

  • Les disputes sont des facteurs d’hémorragie émotionnelle, qui mettent tout votre corps en effervescence. Pas moyen de dormir si vous êtes en colère, si vous avez peur, ou si vous êtes triste.
  • En revanche, les câlins et les relations sexuelles augmentent le niveau d’ocytocine. Cette hormone de l’amour participe à la réduction du stress en abaissant le niveau de cortisol, hormone du stress. 

Maintenez votre chambre à 19°

Mais dormez avec les pieds au chaud ! Des scientifiques viennent en effet de démontrer que réchauffer ses extrémités favorise la vasodilatation de petits vaisseaux et donc, la circulation sanguine. Cela contribue à l’endormissement. Malgré leur caractère peu sexy, n’hésitez pas pour dormir mieux et plus confortablement, à recourir aux chaussettes 🙂

Du noir et du silence pour dormir mieux

  • Pour dormir mieux, il est intéressant de favoriser l’obscurité complète dans votre chambre à coucher : fermez les volets, investissez dans des rideaux occultants (ou mettez un masque de sommeil).
  • Le silence est également de mise pour garantir un sommeil réparateur. Si vos voisins sont bruyants ou si votre conjoint/e ronfle, pensez aux bouchons d’oreille (ou déménagez, ou encore faîtes chambre à part après un petit câlin de bon aloi :-).

Un bon matelas est évidemment fondamental pour bien dormir

Difficile de vivre des nuits de rêve quand on dort sur un matelas déformé ou que le moindre mouvement de votre partenaire de lit vous fait sursauter. Un matelas se change tous les 10 ans, disent les fabricants matelas (qui ont intérêt à ce que vous les renouveliez tout de même assez souvent 🙂 …En fait tout dépend de la qualité du matelas, de votre poids et du nombre de nuits que vous y passez.

Si vous voulez dormir mieux : pas de café ni de thé le soir !

Il paraît qu’il vaudrait mieux prendre son dernier expresso après le repas de midi. Mais personnellement, j’en bois souvent un vers 17 heures, et je m’en porte très bien ! De même, concernant le thé et les boissons toniques, il serait préférable de les arrêter après 16h.

Même si l’effet dépend des individus, il est prouvé que la caféine rallonge le temps d’endormissement et raccourcit le temps de sommeil.  Alors, à la place, buvez une tisane de plantes apaisantes (tilleul, verveine, camomille ou fleur d’oranger, mais aussi passiflore, valériane, aubépine et houblon), ou un verre de lait tiède qui exerce un effet sédatif (si vous le digérez).

FAQ : Dormir Mieux sans Dormir Plus

Le Principe Clé

Q: Quel est le message principal concernant le sommeil ? R: Il n’y a pas besoin de dormir plus, mais de dormir mieux en respectant les cycles de sommeil et les rythmes biologiques de votre corps.

Q: Combien de temps dure un cycle de sommeil ? R: Un cycle de sommeil dure environ 90 minutes (de 1 heure trente à deux heures chez l’adulte). Il est recommandé de viser un nombre complet de cycles, soit environ 6 h à 7 h 30 de sommeil pour la plupart des gens.

Rythme Circadien et Mélatonine

Q: Qu’est-ce que le rythme circadien ? R: C’est l’horloge interne qui contrôle plusieurs paramètres, notamment la température corporelle, la sécrétion de cortisol et, surtout, la sécrétion de mélatonine.

Q: Quel est le rôle de la mélatonine ? R: La mélatonine est l’hormone du sommeil, produite par la glande pinéale et régulée par le cycle jour/nuit. Elle renseigne l’organisme sur la temporalité pour mettre le corps en phase avec son environnement.

Q: Comment la lumière affecte-t-elle le rythme circadien ? R:

  • Le soir : Éviter les lumières trop fortes (surtout la lumière bleue des écrans) pour ne pas inhiber la sécrétion de mélatonine et retarder l’endormissement.

  • Le matin : Ne pas rester dans la pénombre pour signaler à l’horloge interne que le jour se lève.

Les Cycles de Sommeil

Q: Quelles sont les cinq phases d’un cycle de sommeil ? R: Chaque cycle d’environ 90 minutes comprend :

  1. Phase d’endormissement (5% du cycle).

  2. Phase de sommeil confirmé (50% du cycle).

  3. Début de sommeil profond (5% du cycle).

  4. Phase de sommeil très profond (15% du cycle) – le plus récupérateur.

  5. Phase de sommeil paradoxal (25% du cycle) – activité cérébrale intense, rêves, paralysie musculaire (mécanisme protecteur).

Q: Quel est le stade du sommeil le plus réparateur ? R: Le sommeil lent profond (phases 3 et 4). C’est durant cette phase que le cerveau recharge l’énergie pour le lendemain et consolide la mémoire.

Q: À quel moment le sommeil est-il le plus réparateur ? R: Les 4 premiers cycles (soit environ 6 heures) sont essentiellement réparateurs et consacrés à la réparation des fatigues et à la régénérescence des cellules. Après, la proportion de sommeil paradoxal augmente.

Repérer les Bonnes Phases

Q: Comment repérer le bon moment pour s’endormir ? R: Allez vous coucher dès que vous observez une légère baisse de l’attention (la « porte du sommeil »).

Q: Comment se réveiller efficacement ? R: Réveillez-vous plus tôt et restez au lit jusqu’à ce que vous sentiez que l’impulsion mentale redémarre (la « fenêtre d’éveil »). Levez-vous seulement à ce moment-là pour démarrer la journée en douceur avec de l’exercice et de la respiration.

Q: Que faire si l’on suspecte un trouble du sommeil ? R: Consultez un spécialiste du sommeil pour un repérage précis des cycles et des solutions adaptées.

Conseils pour Mieux Dormir

Domaine Conseil Objectif
Alimentation Dîner léger (poisson, légumes, pâtes, crudités) et tôt (2h avant le coucher). Éviter une digestion difficile qui contrarie le sommeil.
Boissons Pas de café ni de thé après 16h/17h. Préférer une tisane apaisante ou un verre de lait tiède. La caféine rallonge le temps d’endormissement et raccourcit le temps de sommeil.
Température Maintenir la chambre à 19°C. Dormir avec les pieds au chaud (chaussettes). Favoriser l’abaissement de la température interne du corps (signal de sommeil) tout en facilitant la circulation sanguine aux extrémités.
Lumière/Bruit Obscurité complète et silence total (utiliser rideaux occultants, masque, bouchons d’oreille si besoin). Le noir et le silence sont essentiels pour un sommeil réparateur.
Détente Prendre un bain chaud plus tôt dans la soirée, mais pas juste avant de se coucher. Créer une transition et amorcer la baisse de la température corporelle.
Écrans Éteindre la télévision, les jeux vidéo, et le smartphone au moins 1h avant le coucher. La lumière bleue proche de la lumière du jour déclenche l’éveil et détruit les cellules des yeux.
Émotions Éviter les disputes. Privilégier les câlins et relations sexuelles. Les disputes créent de l’effervescence ; les câlins augmentent l’ocytocine, qui réduit le cortisol (hormone du stress).
Matelas S’assurer d’avoir un bon matelas adapté. Il se change en moyenne tous les 10 ans. Un bon matelas est fondamental pour des nuits de rêve et éviter d’être réveillé par les mouvements du partenaire.

Q: Quelles routines matinales sont recommandées ? R: Écouter son corps et pratiquer au moins deux phases de remise en forme :

  1. Méditation : Recentrer l’attention, remettre d’aplomb les émotions, préparer l’esprit à la journée.

  2. Gym douce/Étirement : Réveiller les énergies vitales, démarrer la journée avec un signal fort de joie de vivre.

Yoga du soir pour favoriser l’endormissement

Après une journée chargée de décisions et de sollicitations, le corps porte encore toute l’agitation du monde. Les épaules restent remontées, le mental continue de tourner. C’est précisément dans cet espace entre la fin du jour et le début de la nuit que le yoga du soir déploie tout son pouvoir.

Contrairement à une pratique dynamique du matin, le yoga vespéral n’est pas une performance. C’est une invitation à revenir à soi, à relâcher ce qui a été accumulé, à préparer le système nerveux au repos profond qu’il mérite.

Pour comprendre pourquoi cette pratique favorise le sommeil, il faut d’abord comprendre ce qui nous en éloigne. En journée, notre système nerveux autonome fonctionne principalement en mode sympathique — le mode de l’action, de la vigilance, de la réponse au stress.

Ce mode est précieux le jour, mais si rien ne signale à l’organisme que le danger est passé, il continue sur sa lancée en soirée : cortisol élevé, fréquence cardiaque maintenue, esprit en alerte. Les postures douces, maintenues dans l’immobilité et accompagnées d’une respiration lente, activent le système nerveux parasympathique — celui du repos, de la digestion, de la récupération. Le corps reçoit un signal biologique clair : c’est fini, tu peux te poser.

Yoga du soir : préparer le corps et l’esprit au repos

La respiration occupe une place centrale dans cette transition. En allongeant l’expiration — idéalement deux fois plus longue que l’inspiration — on stimule directement le nerf vague, grand régulateur du calme intérieur. Une respiration en 4 temps d’inspiration pour 6 à 8 temps d’expiration, pratiquée pendant dix minutes dans une posture allongée ou assise, suffit à faire chuter la fréquence cardiaque de façon mesurable. Ce n’est pas de la spiritualité abstraite : c’est de la physiologie.

Postures de yoga favorisant le sommeil

Quelques postures se révèlent particulièrement efficaces le soir.

  • La posture de l’enfant (Balasana) libère les tensions du bas du dos et du bassin, zones où le stress diurne se cristallise souvent en silence.
  • Les jambes au mur (Viparita Karani) favorisent le retour veineux et induisent un état de légèreté remarquable dans les membres inférieurs.
  • La torsion douce allongée relâche la chaîne musculaire para-vertébrale et libère les tensions digestives.
  • Enfin, la posture du cadavre (Shavasana), souvent bâclée en cours collectif, mérite ici d’être pleinement habitée : cinq à dix minutes d’immobilité consciente, les paumes ouvertes vers le ciel, suffisent à basculer dans un état de pré-sommeil naturel.

Pratiquer avec régularité

La régularité compte plus que la durée. Vingt minutes de yoga doux pratiquées chaque soir à la même heure conditionnent progressivement l’organisme : le corps apprend à associer ce rituel à l’imminence du sommeil, à la manière d’un signal de Pavlov bienveillant. Les études sur l’hygiène du sommeil montrent d’ailleurs que les rituels de transition — quelle que soit leur forme — réduisent significativement le temps d’endormissement et améliorent la qualité des phases de sommeil profond.

Un dernier conseil pour ceux qui, comme beaucoup de dirigeants, ont du mal à « débrancher » mentalement : intégrez au début de votre pratique du soir deux à trois minutes de notation mentale. Avant de dérouler le tapis, posez sur papier les pensées résiduelles qui tournent encore — les tâches de demain, les questions sans réponse. Ce simple geste vide le cache et permet au yoga de faire son œuvre sans que le mental n’interfère. Le corps peut alors descendre vraiment, et la nuit commencer avant même d’éteindre la lumière.